L’opposition a effectué hier une manœuvre parlementaire, obligeant la Knesset à voter une motion de censure alors que le Premier ministre et cinq de ses ministres étaient hier en Allemagne. Trente-quatre députés ont voté hier contre le gouvernement qui n’a bénéficié d’aucun soutien, la coalition ayant décidé de boycotter le vote en signe de protestation.
Dans les faits ce vote n’a aucune répercussion pratique, car l’opposition n’est pas parvenue à mobiliser les soixante et un députés nécessaires pour faire tomber le gouvernement.
Le président de la Knesset, Reuven Rivlin, a essayé hier d’empêcher le vote de cette motion de censure. « Le gouvernement est aujourd’hui en déplacement officiel et il existe à la Knesset un usage ancien qui veut qu’on ne dépose pas de motion de censure que le Premier ministre se trouve à l’étranger  », a-t-il déclaré.
Ces propos du président n’ont cependant pas fait changer d’avis l’opposition. Les partis Kadima et Méretz, qui ont déposé des motions de censure suite à l’incident diplomatique avec la Turquie, ont fait savoir qu’en plaçant le gouvernement face à une motion de censure en l’absence du Premier ministre, ils souhaitent adresser un message clair à ce dernier. « Kadima ne laissera pas Binyamin Netanyahu s’en prendre à la Knesset et piétiner la principale institution chargée de contrôler le gouvernement. Il s’agit là d’une lutte pour perpétuer un travail parlementaire qui a pour but de préserver la démocratie israélienne et sa vitalité  », ont déclaré des membres du groupe parlementaire Kadima.