Le député travailliste Ofir Pinès a choisi avec soin le moment où il annoncerait son retrait de la vie politique : un jeudi après-midi, alors que la Knesset n’est pas en session. Aucun député, à l’exception du président de la Knesset, Reuven Rivlin, n’était présent dans la salle alors que Pinès faisait le bilan de sa carrière politique.
« Je quitte aujourd’hui mes fonctions à la Knesset car il n’y a pas de parti que je pourrais représenter et à qui je pourrais servir de porte-parole. Il n’y a pas de groupe parlementaire auquel je pourrais appartenir et il n’y a pas de leader  », a-t-il déclaré.
Ofir Pinès a critiqué l’entrée d’Ehud Barak et du parti travailliste au gouvernement : « Le gouvernement actuel et la coalition large et agressive qui l’a constitué, dont je fais partie contre mon gré, ne sont préoccupés que par une seule chose sur laquelle ils refusent tout compromis : la stabilité. Tout le reste est à vendre au plus offrant  ».
Le Haaretz a appris que la démission d’Ofir Pinès a déjoué le plan des députés « rebelles  » du parti travailliste qui prévoyaient dans deux semaines de quitter le parti et de former un nouveau parti, le député Daniel Bensimon ayant accepté de rejoindre les rebelles pour créer ce nouveau parti censé remplacer le parti travailliste. En effet, Daniel Bensimon aurait été le cinquième député dont les rebelles avaient besoin pour pouvoir faire scission. Au sein du groupe des rebelles on affirmait hier : « Une occasion historique a été manquée, la création d’une alternative au parti travailliste était à portée de main  ».