A nouveau, la cour suprême prend position contre les services de sécurité et leur imposent de modifier leurs décisions car elles sont en contradiction avec les droits légaux des Palestiniens. La cour suprême qui, par le passé, avait déjà obligé les services de sécurité de modifier le tracé de la clôture de séparation, a ordonné hier l’ouverture de la route 443, reliant le région du centre à Jérusalem et dont la tracé passe à côté d’un grand nombre de villages palestiniens.
La décision de fermer la 443 est injuste, ont affirmé les juges, avant d’accorder à Tsahal cinq mois pour mettre en place des dispositifs de sécurité le long de cette route, qui avait fait de nombreuses victimes d’attentat à l’époque où elle était ouverte à la circulation palestinienne.
A Tsahal, on craint le pire. Un responsable de la Défense a mis en garde hier que « l’ouverture de cet axe aux Palestiniens mettra en péril la vie des Israéliens qui y circulent ; il y aura sans doutes de nouveaux attentats  ».
Dans la décision de la cour suprême, le juge Uzi Fogelman écrit que « l’arrangement existant qui interdit catégoriquement la circulation palestinienne sur cette route est en désaccord avec le droit international  ».
Selon lui, bien que les Palestiniens disposent d’une route alternative, « l’exclusion totale des habitants de la région d’une route destinée à les servir ne crée pas l’équilibre nécessaire entre les droits des Palestiniens en tant que « résidents protégés , et les besoins en matière de sécurité tenant compte de l’existence de dispositifs de sécurité alternatifs et, par conséquent, n’est pas proportionnée  ».
La décision de la cour suprême a essuyé de vives critiques, notamment de la droite. Le député Yariv Lévine (Likoud) a déclaré : « ce jugement revient à fournir des armes à feu aux assassins qui, par le passé, avaient pris la vie de passagers innocents sur cette route, et il expose consciemment à un danger de mort des milliers de passagers qui y circulent tous les jours  ».