L’affrontement entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et la présidente de l’opposition Tzipi Livni est monté hier d’un cran. Après le rejet par le groupe parlementaire de Kadima de la proposition de Netanyahu de rejoindre le gouvernement, Livni a accusé le Premier ministre, lors d’une rencontre avec des journalistes, d’avoir « mobilisé  » la menace iranienne au bénéfice de ses manÅ“uvres politiques.
« Dieu merci, nous ne sommes pas en état de guerre comme le prétend le Premier ministre ; l’usage cynique des menaces qui reposent sur Israë l afin d’appeler à la formation d’un gouvernement d’union était destiné à intégrer dans le gouvernement une partie de Kadima ; l’intention d’origine de Netanyahu n’était sà »rement pas d’inviter l’ensemble de Kadima à rejoindre le gouvernement  », a déclaré Tzipi Livni.
Suite à la décision de Kaidma de ne pas entrer au gouvernement, Netanyahu s’en est pris vivement à Tzipi Livni, l’accusant de favoriser ses intérêts personnels aux dépens de ceux de l’Etat. Ses proches ont déclaré : « Livni est la dernière à pouvoir faire la morale aux autres car elle-même avait organisé des meetings politiques en temps de guerre, alors que des missiles étaient tirés sur les citoyens d’Israë l. De plus, ce n’est autre que Tzipi Livni qui oeuvre ces derniers mois afin de provoquer une scission au sein du parti travailliste  ».
Le groupe parlementaire de Kadima s’est aligné hier aux côtés de Tzipi Livni en s’opposant presque à l’unanimité à l’adhésion du parti au gouvernement selon le format proposé par Netanyahu. Toutefois, le risque de scission de Kadima n’a pas encore été écarté. Le numéro 2 du parti, le député Shaoul Mofaz, s’est opposé hier à l’adhésion au gouvernement dans les conditions proposées par Netanyhau mais a appelé Livni à convoquer des élections primaires à la tête du parti dans les plus brefs délais.
En privé Netanyahu a déclaré hier qu’il poursuivrait sa démarche de démantèlement de Kadima. Un haut responsable de son cabinet a indiqué que non moins de 17 députés Kadima ont négocié dernièrement avec le Likoud.
Par ailleurs, Netanyahu a essuyé hier de vives critiques de la part de plusieurs responsables du Likoud, notamment du président de la Knesset, Reuven Rivlin, suite à sa tentative de démanteler Kadima. « Cette initiative déstabilise notre système politique et c’est une dégradation supplémentaire pour le statut de la Knesset  », a déclaré Rivlin.