Au terme d’une série intensive de réunions du « Forum des sept  », la réponse d’Israë l à ce stade est, comme on s’y attendait : « oui, mais  ». Israë l a approuvé cette nuit le cadre général qu’a proposé le médiateur allemand en fin de semaine dernière. Cette réponse est cependant accompagnée de plusieurs réserves et notamment d’une liste des prisonniers « lourds  » dont Israë l réclame l’expulsion vers la bande de Gaza ou l’étranger et refuse le retour en Cisjordanie.
Cette position, qui est soutenue par plusieurs ministres et par le directeur du Shabak, se base sur une crainte véritable, celle que ces prisonniers de premier plan ne remettent en état les infrastructures terroristes du Hamas et son dispositif politique en Cisjordanie puis reprennent la lutte armée et les attentats contre Israë l et l’Autorité palestinienne.
Parmi les prisonniers suscitant des désaccords, on trouve Marwan Barghuti, ancien chef du Tanzim en Cisjordanie ; Abdallah Barghuti, considéré comme « l’ingénieur  » du Hamas et responsable de nombreux attentats ; Ahmed Saadat, ancien commandant en Cisjordanie du FPLP, l’organisation qui a assassiné le ministre du Tourisme, Rehavam Zeevi ; et Abbas Sayed, responsable de l’attentat de l’hôtel Park qui avait fait trente victimes.
On peut estimer que cette réponse, qui a été transmise au médiateur allemand, lui laisse suffisamment de marge de manœuvre pour continuer à rapprocher les positions entre le Hamas et Israë l concernant l’expulsion de certains prisonniers à Gaza ou leur exil à l’étranger.
On peut aussi supposer que le Hamas ne provoquera pas de rupture et poursuivra les négociations, car lui aussi a intérêt à ce que l’échange ait lieu. La balle est donc maintenant dans le camp du Hamas et si l’heure de la décision n’est pas encore arrivée, elle ne tardera pas.
Les décisions difficiles, comme celle concernant la libération d’un grand nombre de prisonniers ayant « du sang sur les mains  », devront être prises lorsque le Premier ministre Netanyahu convoquera le cabinet restreint de sécurité qui est légalement habilité à prendre des décisions en matière de sécurité. La question pourrait aussi être examinée en conseil des ministres. Quoi qu’il en soit, tant que le cabinet restreint ou le conseil des ministres n’ont pas été convoqués pour débattre du dossier Shalit, cela signifie que les négociations se poursuivent.
Un responsable impliqué dans les négociations a déclaré cette nuit à l’agence de presse Reuters que la réponse israélienne a été transmise au médiateur allemand qui en fera part au Hamas dans la journée. Selon ce responsable, le Hamas ne devrait pas assouplir sa position et c’est la direction de l’organisation à Damas qui décidera en dernier recours.
A Jérusalem, la décision du « Forum des sept  » reste entourée de beaucoup de discrétion. Le bureau du Premier ministre s’est contenté de dire que les ministres ont « donné à l’équipe de négociation des instructions concernant la poursuite de l’effort pour ramener Guilad Shalit sain et sauf  ».
Après avoir entendu un état des lieux des responsables des services de sécurité, les ministres ont fait part de leurs positions et de leurs réserves vis-à -vis de l’accord, et ont demandé la poursuite des négociations.