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La décision fatidique
Editorial, , the Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5770
Article mis en ligne le 22 décembre 2009

Une décision capitale sur l’échange de Gilad Shalit – qui est détenu en captivité par le Hamas depuis 1275 jours insoutenables – contre un millier de terroristes arabes emprisonnés, est maintenant en cours de finalisation. L’angoisse àvif des parents de Gilad, Noam et Aviva, a été imprimée dans la conscience israélienne depuis que leur fils est tombé entre les mains de l’ennemi le 25 juin 2006.

Notre coeur nous dit de payer le prix du Hamas.

Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou et ses principaux ministres, cependant, ont la terrifiante responsabilité d’agir aussi bien avec leur cœur qu’avec leur esprit. Leurs délibérations se situent àl’essence même de ce que signifie ‘être Israélien’.

Les Israéliens ne veulent pas d’une deuxième affaire Ron Arad ; Gilad est maintenant si proche de la liberté, on peut virtuellement le toucher. Pour lui, repartir en arrière serait dévastateur.

Payer le prix du Hamas, cependant, constituerait un second “Accord Jibril†. Cet échange de prisonniers en 1983 avec le Front Populaire de Libération de la Palestine vit 1150 Arabes échangés contre trois soldats israéliens. L’un de ces Arabes était Ahmed Yassin ; d’autres deviendront son lieutenant. Ils créèrent ensemble le Hamas.

Il y a sans aucun doute des hommes du « calibre  » de Yassin parmi les 1000 demandés par le Hamas. Après sa libération, Yassin fut de nouveau arrêté, pour n’être relâché qu’en 1997 par Benyamin Netanyahou – pendant son premier mandat de Premier Ministre – dans un autre échange de prisonniers.

Au-delàde la faillite morale de la récompense d’un passé malfaisant, avec l’histoire pour nous servir de guide – et avec le coeur lourd – nous affirmons que des Israéliens mourront si le gouvernement obtient la liberté de Gilad en agissant seulement avec le coeur.

Les choses n’étaient pas supposées aller si loin. Quelques jours après l’enlèvement de Gilad, le Hamas exigea les 1.000 prisonniers. Ehud Olmert répondit : « Nous ne laisserons personne croire que l’enlèvement d’une personne est un outil pour mettre Israë l àgenoux  ». En privé cependant, le Premier Ministre d’alors donna àl’Egypte le feu vert pour commencer le marchandage. Ces pourparlers culminent aujourd’hui avec Netanyahou.

Israë l a essayé dans le même temps de mettre la pression sur le Hamas. Tsahal s’empara rapidement de 64 « parlementaires  » sur la Rive Occidentale ; Il lança l’opération ‘Pluies d’été’ en envoyant des tanks et des commandos àGaza àla recherche de Gilad. (Quand cette affaire sera terminée, les Israéliens mériteront de connaître pourquoi un soldat àune distance de trajet en voiture depuis le Ministère de la Défense n’a pas pu être secouru).

Au début juillet 2006, des dizaines de bandits palestiniens avaient été tués, d’autres faits prisonniers, pour exiger le prix de la captivité continue de Shalit. Israë l reprit temporairement des parties de Gaza – pour la première fois depuis le désengagement de 2005. Le Hamas encaissa ces coups et répondit par des bombardements plus intenses sur Sderot et Ashkelon.

Les attaques àla roquette incessantes du Hamas conduisirent finalement àl’opération “Plomb Durci†en décembre 2008. Au bilan, depuis l’enlèvement de Shalit, l’imprudence du Hamas a coà»té la vie àbien plus d’un millier de Palestiniens et laissé un sillage de dévastation àGaza. Pourtant, le Hamas est resté résolu dans ses exigences, certain qu’Israë l capitulerait en définitive. En fait, dans les jours suivant la capture de Shalit, le ministre de la sécurité intérieure d’alors, Avi Dichter, déclara publiquement ce que le Hamas voulait entendre : « que des prisonniers palestiniens devraient être relâchés pour la libération de Shalit.

Aujourd’hui, les Israéliens seront assurés que les plus meurtriers des prisonniers libérés seront confinés àGaza ou exilés àl’étranger ; comme s’il n’y avait pas de trafic dans les deux sens par les tunnels de Gaza.

Et avec la sincérité absolue d’un alcoolique prenant son dernier verre avant la cure de désintoxication, le gouvernement affirmera que l’accord sur Shalit sera le dernier échange disproportionné de prisonnier pour Israë l.

Un accord confortera ce que les Palestiniens croient déjà, que les Israéliens ne comprennent que la force. Les dirigeants palestiniens de demain, ainsi, en seront d’autant plus endurcis. Il deviendra encore plus difficile pour un dirigeant palestinien crédible – peu importe sa modération de façade – d’abjurer la violence.

S’arrêter pile signifiera que les ‘experts’ et les politiciens qui ont orchestré la campagne qui a mené les choses aussi loin auront quelques explications àfournir. Si Netanyahou revient en arrière, ce sera parce des Israéliens nous bluffaient autant que nous bluffions le Hamas.

Un “non†maintenant remettra le Hamas en place. Netanyahou pourrait s’adresser directement aux électeurs déçus des islamistes, en soulignant que répondre aux demandes rapaces du Hamas l’aurait déshonoré et conduit Israë l àperdre la face. Les Palestiniens comprendront cela. Ainsi que les Israéliens.

Il devrait franchement reconnaître qu’il était prêt àun échange honorable. En fait, il doit souligner qu’il reste prêt àun échange honorable.

L’épreuve atroce des parents dévoués de Gilad nous touche tous. Leur fils est devenu notre fils.

Néanmoins, Netanyahou doit inverser la manÅ“uvre. Les tueurs doivent rester incarcérés ; s’ils ne le sont pas, d’autres Israéliens mourront àcoup sà»r.


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