La Télévision d’Israë l a diffusé un documentaire sur la saga de Gilad Shalit intitulée ‘une famille tenue en otage’. Pourtant une suite de cette situation perdante, tendue et tortueuse, dans laquelle nous nous trouvons tous pourrait bien être appelée ‘une nation tenue en otage’. Car si notre soldat est libéré au prix de la libération de terroristes assoiffés du sang d’une population civile et non repentants, c’est le pays tout entier qui deviendra la victime, ayant capitulé à un mode d’extorsion sans précédent dans l’histoire des nations démocratiques.
Libérer les pires des terroristes – en particulier le meurtrier de masse Marwan Barghouti – n’aura pas seulement pour conséquence le meurtre inéluctable d’un grand nombre d’autres innocents et d’encourager une nouvelle vague de kidnappings ; cela sapera les fondations mêmes de notre société. Comment pouvons-nous maintenir la confiance dans un système judiciaire qui pardonne les pires des crimes imaginables liés au chantage de vandales, aidés par la pression intense des media ? Quel message adressons-nous à nos enfants quand nous prenons nos idéaux les plus respectés – le bien et le mal, la sainteté de la vie, la récompense et la punition – et les mettons sens dessus-dessous, les anéantissant par opportunisme ?
Existe-t-il une autre nation civilisée dans ce monde qui libèrerait ses pires criminels pour payer une rançon ? L’Amérique libèrerait-elle Charles Manson de prison en réponse à l’un de ses partisans cinglés kidnappant quelqu’un d’autre ? L’assassin de Martin Luther King junior serait-il libéré ? Et quid du chacal Carlos, ou d’Ygal Amir, dans cette affaire ? Je suis simplement soulagé que ce gouvernement n’ait pas été pas en charge quand Adolf Eichmann a été jugé ; ils auraient pu le libérer aussi, si quelques néo-nazis avaient réussi à enlever un soldat. Pervertir le cours de la justice nous ramène à la loi de la jungle, où les parents proches d’une victime devront exiger la punition que la société aurait dà » accomplir.
Et puisque nous abordons le sujet des nazis – qui, comme le Hamas, s’étaient jurés l’extermination des Juifs – ne vous semble-t-il pas étrange que nous soyons tous occupés au procès d’un ancien garde SS sénile de 90 ans, qui peut ou non avoir tué personnellement un Juif – et accepter comme un fait accompli la libération de ceux qui ont revendiqué avec jubilation un grand nombre de meurtres de Juifs ?
Et puisque nous discutons de l’Allemagne, laissez-moi être le premier à présenter mes excuses, au nom du Peuple israélien, pour les critiques véhémentes que nous avions injustement élevées contre l’Allemagne quand elle libéra les trois terroristes capturés à la suite du massacre des Jeux Olympiques de Munich. L’Allemagne laissa sortir de prison ces terroristes et ils reçurent un accueil de héros en Libye – scène probablement répétée – en réponse au détournement d’un vol de la Lufthansa par des Palestiniens.
Israë l cria au meurtre sanglant, et lança une campagne à travers le monde pour retrouver et éliminer les assassins. Mais quelle hypocrisie ! L’Allemagne libéra seulement trois terroristes – en échange d’une série d’otages ; nous envisageons, ce qu’à D. ne plaise, de libérer un grand multiple de ce nombre, pour une seule personne.
Et qu’en est-il de notre gouvernement et de notre Premier Ministre – qui revient maintenant sur une promesse faite à de nombreuses reprises, dans des écrits et des discours pré électoraux – de ne pas négocier avec des terroristes, et de conserver une ligne dure contre le terrorisme, pour éradiquer ce qu’il appelle « le fléau du siècle  » ?
Ce gouvernement est-il doté de principes, de quelconques lignes rouges ? Céder au terrorisme, diaboliser les pionniers, laisser Obama dicter à la nation notre politique intérieure ? Quoi d’autre encore – aider l’Iran à achever sa bombe ?
Enfin, il y a un effet effrayant qui affectera l’armée, si l’accord évoqué vient à se concrétiser. Alors que nous enverrions le message vital qu’un soldat sur le terrain ne sera jamais abandonné, nous minerons aussi le moral des unités combattantes sur la ligne de front en guerre contre le terrorisme. Pourquoi enverrais-je mon fils dans une situation menaçant sa vie pour capturer un terroriste, si le même meurtrier est bientôt libéré de toute façon, en réponse à un autre enlèvement ?
Et qu’en sera-t-il de ces braves soldats – comme mon propre fils – tombés au combat contre le Hamas ? Pour quelle valeur a-t-il été tué ? Et pour quel objectif noble son meurtrier sera-t-il maintenant libéré, pour être fêté comme un héros glorieux qui a combattu les Juifs – et vaincu ? Cet accord se moque de son courage, et de son sacrifice.
En réponse à un autre article que j’ai écrit à ce sujet, j’ai reçu un appel d’une femme dont les deux fils servent actuellement dans Tsahal. « Je pense que nous devons payer n’importe quel prix pour libérer un soldat, n’importe quel prix  » me dit-elle avec défi.
« Non, vous ne devez pas, répondis-je, il y a un prix que vous aussi, seriez d’accord de ne pas payer  ».
« Et quel est-il ? » demanda-t-elle
« Si le prix pour libérer Gilad Shalit était que vos deux fils soient donnés au Hamas, le payeriez-vous ?  » Elle garda le silence, mais je pus sentir qu’elle répondait non de la tête par téléphone.
Nous prions tous chaque jour pour la libération de Gilad Shalit, car tout être humain constitue un monde par lui-même. Sauver une vie c’est sauver le monde – mais pas au prix de la destruction d’autres mondes. Nous ne pouvons pas sauver un fils d’Israë l, aussi précieux soit-il, au prix de la perte de beaucoup d’autres fils.
L’auteur est le directeur de Centre d’Assistance Juive de Ra’anana et le père du sergent Ari Weiss, tué en 2002 dans une attaque contre le quartier général du Hamas à Naplouse.
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