A la veille du sommet tripartite qui réunira les dirigeants d’Israë l, des Etats-Unis et de l’Autorité palestinienne, tous les protagonistes essayaient hier de minimiser les attentes. Malgré cela, le gouvernement américain s’est lancé hier dans une campagne diplomatique de dernière minute face à Israë l et à l’Autorité palestinienne afin qu’au terme de la rencontre tripartite d’aujourd’hui, on puisse publier une déclaration évoquant la reprise des pourparlers entre les parties.
Lors d’entretiens privés qu’il a tenus ces derniers jours, le Premier ministre Netanyahu, qui est arrivé hier soir à New York, a estimé que même si les pourparlers ne reprennent pas après le sommet, ils reprendront au plus tard à la mi-octobre, après les fêtes juives.
Le sommet débutera aujourd’hui à 11 heures, heure de New York, à l’hôtel Waldorf-Astoria. Auparavant, le président américain, Barack Obama, rencontrera séparément le Premier ministre Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, participera elle aussi à la rencontre. Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a déclaré hier lors d’un point de presse : « Nous n’attendons pas beaucoup de cette seule rencontre  ». La Maison Blanche, a-t-il expliqué, s’était fixé pour objectif la reprise des pourparlers entre Israë l et les Palestiniens mais, vu les déclarations faites par les parties cette semaine, elle se contentera d’une mission plus modeste : éviter que l’on en arrive à des accusations réciproques et « contribuer à créer une ambiance constructive en vue d’un retour à la table des négociations ! ; ».
Dans le cadre des efforts pour parvenir à une avancée supplémentaire d’ici la rencontre tripartite, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a rencontré hier à Washington le conseiller pour la sécurité nationale, James Jones, et le conseiller du président, Dennis Ross. Au cours de cet entretien ont été évoquées différentes formules susceptibles de transformer la rencontre en quelque chose de plus qu’une simple séance photo. M. Barak, qui a rencontré ce matin le Premier ministre Netanyahu à New York, a réaffirmé à ses interlocuteurs américains qu’Israë l « souhaite la mise en place du processus mené par le président Obama et dont le principal objectif est un accord avec les Palestiniens  ». Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, rejoindra lui aussi MM. Barak et Netanyahu à l’assemblée générale des Nations-Unies.
Selon des responsables politiques israéliens, au cours des dernières vingt-quatre heures ont été évoquées plusieurs idées pour aller au-delà des faibles attentes, rehausser le contenu politique de la rencontre tripartite et, au terme de celle-ci, publier un communiqué substantiel : Dans la courte déclaration qu’il fera à la fin de la rencontre, le président Obama pourrait annoncer qu’Israë l a accepté de geler temporairement la construction dans les colonies, ce qui constituerait un succès pour les Palestiniens et permettrait la reprise des pourparlers. Le président Obama pourrait annoncer que les Etats-Unis souhaitent une reprise des pourparlers à la mi-octobre, après d’autres rencontres avec les parties. Le président Obama pourrait annoncer que les parties sont sur le point de reprendre le processus de paix et proposer la tenue d’ici deux mois d’une conférence internationale au cours de laquelle les négociations seront lancées.
Au terme de la rencontre tripartite, le Premier ministre Netanyahu devrait s’entretenir avec le président français, Nicolas Sarkozy. Celui-ci devrait inviter M. Netanyahu à participer à la conférence de l’Union pour la Méditerranée qui se tiendra à Paris, semble-t-il au mois de novembre. Les deux hommes devraient également s’entretenir de la manière dont la communauté internationale doit faire face au programme nucléaire iranien.
Jeudi à 13 heures, heure de New York, le Premier ministre Netanyahu prononcera son discours devant l’assemblée générale des Nations-Unies, un discours qui sera principalement consacré à la menace iranienne. M. Netanyahu appellera la communauté internationale à agir avec détermination pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.