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Un vol pour nulle part / Shimon Schiffer – Yediot Aharonot
Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israë l
Article mis en ligne le 21 septembre 2009

Dimanche àl’aube a pris fin le voyage pour nulle part entrepris par George Mitchell, l’émissaire du président Obama, dans le but de relancer les pourparlers israélo-palestiniens. Samedi soir àminuit, Me Yitzhak Molho, qui représente le Premier ministre Netanyahu dans le cadre des pourparlers avec le gouvernement américain, a informé le Premier ministre que la Maison Blanche compte l’inviter publiquement àrencontrer Abou Mazen, demain àNew York.

Cette rencontre aura finalement lieu même si les entretiens laborieux et frustrants qu’a eus George Mitchell dans la région n’ont permis aucune avancée. En effet, Binyamin Netanyahu n’a pas cédé aux pressions des Américains, qui lui demandaient de geler la construction dans les colonies pendant un an, tandis qu’Abou Mazen et les dirigeants des pays arabes n’ont pas donné aux Américains la contrepartie de ce gel et n’ont pas fait part de leur intention de normaliser leurs relations avec Israë l ou de faire d’autres gestes qui auraient permis àNetanyahu de faire passer le gel et l’accord avec les Américains auprès de ses partenaires de la c ! oalition gouvernementale.

Du côté israélien on avait hier du mal àcacher un certain dédain, et parfois de la moquerie, vis-à-vis du gouvernement Obama. « Que s’imaginaient-ils, qu’ils demanderaient àNetanyahu de geler toute construction dans les territoires et qu’il se mettrait au garde-à-vous ?  », a déclaré hier un responsable israélien.

Et c’est ainsi que demain, le Premier ministre Netanyahu et Abou Mazen se retrouveront pour ce qu’on appelle une « photo-op  », une courte cérémonie dont l’élément principal sera une photographie en compagnie du président Obama, sans avoir eu àpayer leur billet d’entrée. « C’est uniquement parce que les Américains pensaient qu’ils pourraient forcer la main aux Israéliens et obtenir d’eux la promesse d’un gel total de la construction dans les colonies sans rien réclamer des Palestiniens et des Arabes  », affirmait hier un proche du Premier ministre Netanyahu.

Plus les Palestiniens avaient l’impression que George Mitchell accentuait sa pression sur Netanyahu concernant le gel de la construction en Cisjordanie et àJérusalem, plus ils ont campé sur leurs positions, refusant de rencontrer le Premier ministre israélien. Pour un observateur externe cela semble risible, d’autant plus qu’àl’époque du président George Bush, qui était haï dans le monde arabe, des Premiers ministres israéliens ont rencontré Abou Mazen, et ce àl’heure où la construction dans les colonies était florissante. Ce qui n’a pas été le cas durant les premiers mois au pouvoir de Barack Obama, lui qui a fait tant d’efforts pour prouver au monde arabe qu’ils aurait une politique « Ã©quilibrée  » vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, en d’autres termes, qu’il ferait pression sur Israë l pour qu’il se retire de Cisjordanie. Ces gestes n’ont pas impressionnés les Arabes q ! ui sont restés confortablement assis dans leur fauteuils de spectateurs autour du ring où se battaient Netanyahu et Abou Mazen.

La faute la plus grave des Américains c’est d’avoir accepté de négocier dans les détails avec Israë l et les Arabes sans leur adresser des demandes concrètes et précises non négociables. Mitchell a perdu des mois en marchandages inutiles avec Netanyahu et les négociations se sont déroulées comme dans un bazar oriental. Pour l’heure, la mission de l’émissaire américain est un échec.

L’autre erreur des Américains c’est d’avoir annoncé que le président Obama souhaitait relancer les pourparlers entre Israë l et les Palestiniens en marge de l’assemblée générale de l’ONU, fin septembre.

C’est làla raison de la convocation de Netanyahu et Abou Mazen, demain àNew York. Mais pour cela, les Américains ont dà» faire appel au roi Abdallah de Jordanie et au président égyptien, Hosni Moubarak, qui ont pressé Abou Mazen de renoncer aux conditions qu’il avait posées avant une rencontre avec Netanyahu : la promesse d’un gel total de la construction et l’acceptation de débattre des questions fondamentales du conflit, Jérusalem et les réfugiés.

De ce fiasco, les Américains peuvent tirer deux leçons. La première, c’est qu’il faut renoncer aux calendriers. Un accord permanent avec les Palestiniens ne sera pas conclu d’ici deux ans. La seconde, c’est que le charme personnel irrésistible du président Obama, n’agit pas, du moins pas pour l’instant, sur le gouvernement Netanyahu.