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La corruption et la censure restent l’obstacle majeur devant l’accession de Farouk Hosni àla présidence de l’UNESCO
Candidat àla présidence de l’UNESCO, Farouk Hosni poursuit la censure en Egypte
Traduction et synthèse de Randa Al-Fayçal « MediArabe.info  »
Article mis en ligne le 20 septembre 2009

Bien qu’il soit àParis pour défendre sa candidature àla présidence de l’UNESCO, le système de censure instauré par Farouk Hosni en Egypte continue de sévir. La dernière victime est le poète libanais Ounsi Al-Hage, dont la collection - publiée pourtant par le ministère de la Culture dirigée par Hosni depuis 1987 - vient d’être interdite au Pays de Pharaon.

Le quotidien libanais « Al-Akhbar  » s’insurge, dans son édition du 17 septembre, contre « les pratiques égyptiennes et contre la censure qui s’opère en toute discrétion, grâce àdes ordres donnés oralement  » (pour ne pas laisser de traces). Le quotidien affirme que la Maison d’édition des « Palais de la Culture  » (« Ù‡ÙŠØ¦Ø© قصور الث Ù‚ا٠ة  ») qui dépend du ministère de la Culture, a ordonné le maintien de trois volumes regroupant les Å“uvres de Ounsi Al-Hage dans les entrepôts du ministère, et de ne pas les mettre àla disposition du public. Il leur est reproché de porter atteinte aux « valeurs divines  ».

Ce retrait du marché, deux années après l’impression des ouvrages (5.000 exemplaires), a été découvert fortuitement par le poète égyptien Abdel-Moneim Ramadane, alors qu’il cherchait àacquérir la collection. Le quotidien « Al-Akhbar  » affirme que cette censure avait été prise par l’ancien directeur de la Maison d’édition, Ahmed Nour, après les protestations du poète égyptien Mahmoud Al-Azhari, qui reprochait àOunsi Al-Hage de manquer de respect aux valeurs religieuses. Interrogé àce sujet, Al-Azhari dément avoir protesté. Bien au contraire, il rappelle avoir publié une tribune dans la presse pour dénoncer la censure, étant lui-même victime de cette pratique.

Ces révélations tombent au pire moment pour Farouk Hosni, et risquent de peser lourd sur sa candidature àl’UNESCO. Déjàéclaboussé, indirectement, par la corruption de ses proches (comme notamment son ancien bras droit Ayman Abdel-Moneim), et accusé d’antisémitisme (pour avoir voulu brà»ler les livres israéliens qui se retrouveraient dans les bibliothèques égyptiennes - il s’en est excusé par la suite), la censure institutionnalisée sous son règne en Egypte serait l’obstacle majeur devant son élection àla tête de l’Organisation des Nations Unis pour l’Education, la Science et la Culture, l’UNESCO. En effet, si l’antisémitisme attribué àHosni peut s’expliquer par son engagement politique national (l’Egypte retarde la normalisation complète avec Israë l, y compris culturelle, 30 ans après la signature des accords de paix de Camp David, au nom de la cause palestinienne), la corruption et la censure sont difficiles àdigérer par les électeurs qui doivent choisir, ce 17 septembre, entre Farouk Hosni et Benita Ferrero-Waldner, sa principale concurrente. De ce fait, de plus en plus de pays revoient leur soutien àla candidature de Hosni, et son élection, donnée pour acquise il y a encore quelques mois, semble désormais relever du miracle.

Reste àsignaler que le quotidien « Al-Akhbar  », organe du Hezbollah, multiplie depuis plusieurs mois les révélations concernant les dossiers compromettants pour Hosni. Le journal chercherait ainsi àmettre en échec la candidature du ministre égyptien àl’UNESCO. Il s’agit làd’un nouveau terrain de confrontation entre l’Iran et l’Egypte par Hezbollah interposé, et d’un moyen d’accentuer les pressions sur le Caire, àl’approche du procès des cellules du Hezbollah démantelées dans le pays.