L’ancien Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a comparu mercredi devant la commission d’enquête étatique chargée de faire le clair sur le traitement de la population juive expulsée du Goush Katif, lors du retrait israélien de la bande de Gaza en 2005, dirigée par le juge Eliahou Matsa.
"J’ai pensé alors, et continue de penser aujourd’hui, qu’il n’y avait pas d’alternative à cette évacuation" a déclaré Olmert, qui a aussi estimé que "les décisions difficiles à prendre, qui sont l’objet de désaccords fondamentaux, ne sont jamais opportunes, et selon ce que je peux en juger, en toute conscience, un autre moment pour l’application de cette mesure n’aurait pas eu de conséquences différentes".
"Ne vous étiez-vous pas engagé, au début du processus, à placer le traitement des expulsés en tête des priorités nationales, alors qu’il semble que cette intention n’a pas été suivie aux échelons opérationnels ?" a demandé le juge à l’ex-Premier ministre qui lui a répondu que cette estimation était "unilatérale", et que "les évacués, dans leur écrasante majorité, ont refusé le dialogue".
"Pensez-vous réellement" a interrogé à son tour Olmert - rappelant notamment le terrible attentat palestinien contre la famille Hatouel qui avait coà »té la vie à une Israélienne et ses quatre filles, sauvagement assassinées par un terroriste - "qu’il était possible de discuter avec les colons ? Je ne parle même pas de ce qu’affirmaient les rabbins sur cette expulsion qui n’aurait pas lieu. Le jour même de l’évacuation, ils l’assuraient encore. Dans ce contexte le dialogue était impossible".
"Ariel Sharon a obtenu l’un des plus importants résultats pour l’avenir de l’Etat d’Israë l, et je suis fier d’avoir agi dans ce sens à ses côtés" a ajouté l’ancien chef du gouvernement qui a reconnu néanmoins "être, dans une détresse morale qui ne me quitte pas depuis plusieurs années (…) concernant cette population, la plus extraordinaire au monde (…), ces gens dont je fus très proche, et dont nous avons détruit l’Å“uvre de leur vie".
Refusant également d’accepter les critiques selon lesquelles cette évacuation n’avait, en rien, contribué à l’amélioration de la sécurité d’Israë l, Ehud Olmert a déclaré qu’Israë l "n’a aucun intérêt à se trouver à un endroit où les conflits sont quotidiens avec une population ennemie qui s’oppose à sa présence".
Il a finalement estimé qu’Israë l allait devoir, une nouvelle fois, se mesurer à une évacuation - suite à un accord de paix ou à une initiative unilatérale - "beaucoup plus tôt que ce qu’une grande partie des Israéliens peuvent penser".