/ Roni Shaked, Eldad Beck & Orly Azoulay – Yediot Aharonot
Le Premier ministre Netanyahu s’est félicité hier des propos du président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen, qui a appelé à la reprise des pourparlers avec Israë l. « Si c’est une véritable proposition de la part d’Abou Mazen, il s’agit d’un pas positif et d’une avancée  », a déclaré M. Netanyahu à des journalistes israéliens au sortir de sa rencontre avec le président allemand, Horst Köhler, hier à Berlin.
« Cela fait longtemps que nous estimons qu’il y a lieu de se rencontrer sans conditions préalables et d’engager les démarches qui permettront au processus diplomatique d’avancer  », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a cependant souligné que sans la reconnaissance par les Palestiniens du caractère juif de l’Etat d’Israë l, on ne parviendra pas à résoudre le conflit. « Les racines du conflit ce ne sont pas les colonies, les frontières ou tel et tel territoire. Le problème c’est le refus de reconnaître qu’Israë l est l’Etat des Juifs  ».
Les propos d’Abou Mazen hier, devant le parlement palestinien, indiquent toutefois que les divergences entre les deux camps ne se limitent pas à la question de la reconnaissance d’Israë l comme Etat juif. Abou Mazen s’est dit prêt à reprendre les négociations, mais a souligné que cela se fera à condition que cesse toute condition dans les colonies et que les pourparlers doivent reprendre là où ils ont été interrompus sous le gouvernement Olmert.
« Lors des pourparlers avec le gouvernement Olmert, il a été convenu que les frontières de l’Etat palestinien incluraient l’ensemble de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem, la mer Morte et le Jourdain. Quand nous reprendrons les négociations, nous les reprendrons à partir de ce point et non du début  », a affirmé le président de l’Autorité palestinienne dans son discours. « Nous souhaitons des négociations pour parvenir à une solution de deux Etats, mais nous voulons débattre de l’accord permanent et ne pas perdre de temps comme par le passé  », a ajouté un proche d’Abou Mazen.
De hauts responsables à Ramallah affirment qu’il existe un accord de principe sur la tenue d’une rencontre entre Abou Mazen et Netanyahu à New York. « Abou Mazen rencontrera Netanyahu, pas pour négocier mais pour fixer les règles des négociations  », a indiqué un responsable palestinien. Dans l’entourage du Premier ministre on affirme que rien n’a été convenu à ce sujet.
Hier, avant son départ pour l’Allemagne, Binyamin Netanyahu a rencontré à Londres l’émissaire du président Obama pour le Proche-Orient, George Mitchell. Des responsables américains ont déclaré au terme de cette rencontre qu’Israë l a accepté en principe de geler temporairement la construction dans les colonies mais qu’il reste encore à convenir de la durée de ce gel. Selon eux, les Etats-Unis réclament que le gel dure un an, tandis qu’Israë l n’accepte qu’un gel de quelques mois. L’autre désaccord concerne Jérusalem : Les Américains réclament qu’Israë l s’abstienne de construire dans les quartiers palestiniens, ce à quoi Israë l refuse de s’engager.
Après la rencontre, Netanyahu a déclaré qu’une certaine avancée avait eu lieu vers une reprise des pourparlers entre Israë l et les Palestiniens : « Ces discussions ont fait avancer le processus même s’il reste des désaccords sur certains sujets. Notre objectif est de progresser en trouvant l’équilibre entre les besoins de base nécessaires à assurer la vie des habitants des colonies et les conditions de base permettant l’ouverture d’un processus diplomatique  ». M. Netanyahu a formellement démenti les informations publiées hier par les médias arabes et britanniques selon lesquelles Israë l aurait accepté de geler la construction dans les colonies pour six mois en échange de la promesse américaine de durcir les sanctions contre l’Iran.
Le Premier ministre Netanyahu rencontrera aujourd’hui à Berlin la chancelière allemande, Angela Merkel. Le programme nucléaire iranien et les efforts de médiation allemands dans le dossier Shalit seront au cÅ“ur de la rencontre. Auparavant, Mme Merkel s’est déclaré favorable au durcissement des sanctions économiques contre l’Iran, notamment dans le domaine énergétique, si Téhéran refuse de se conformer aux demandes de la communauté internationale et de cesser l’enrichissement d’uranium. « La position allemande vis-à -vis de l’Iran est ferme et constante. Les échanges commerciaux entre l’Allemagne et l’Iran ont diminué d’un quart et nous serions heureux de voir une baisse significative supplémentaire  », a déclaré M. Netanyahu à la veille de sa rencontre avec Angela Merkel.