La visite du pape en Israël suscite une vaste polémique et des députés, de droite comme de gauche, ont décidé de ne pas être présents lors de la cérémonie de bienvenue organisée à l’aéroport Ben Gourion par le président de l’Etat Shimon Pérès en l’honneur de son hôte.
L’un d’entre eux n’est autre que le président de la Knesset Ruby Rivline, du Likoud, qui sera remplacé par son adjointe, la députée Rouhama Avraham. Lors de cette réception, on prévoit de nombreux ministres, députés, juges et autres personnalités.
Rivline sera par contre présent à Yad Vashem où Benoît XVI compte se rendre quelques heures après son arrivée et assister à la commémoration qui aura lieu dans la Tente du Souvenir (Yizkor) du mémorial de la Shoah. Pour expliquer les positions de Rivline, on précise dans son entourage que “le pape n’effectue pas une visite dans l’Etat d’Israë l mais en Terre Sainte†et qu’il réagit ainsi “en tant qu’Israélien et en tant que Juif†. S’il a accepté d’aller à Yad Vashem, c’est parce que là bas, “le pape se tiendra face au souvenir des six millions (de Juifs massacrés)†.
La visite du pape coïncide avec la fête de Lag Baomer et pour le leader du parti orthodoxe Yaadout Hatora, le député Eliézer Moses, il est bien plus important de se rendre à Méron sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yohaï. “Le peuple d’Israë l ne peut pas effacer tous les souvenirs du passé, en particulier s’il n’a pas entendu un mot de regret ou d’excuse†, a-t-il souligné.
Le député du Ihoud Leoumi, Michael Ben Ari, a décidé lui aussi de boycotter la visite du pape “parce que ce dernier a été, adolescent, dans les jeunesses hitlériennes et parce qu’il a œuvré pour réintégrer dans le giron de l’Eglise des prêtres négationnistes†.
Mais il y a également un député d’extrême gauche qui refuse d’aller accueillir le pape. Il s’agit de l’ancien journaliste Nitsan Horowitz, qui a rejoint le parti Meretz depuis les dernières élections. S’il boude la visite du pape, c’est parce qu’il considère que Benoît XVI est “responsable de la souffrance d’une multitude d’êtres humains†et que ses positions intransigeantes “ne peuvent véhiculer aucun message de compassion, de compréhension ou de tolérance†.