La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé jeudi soir devant les membres du Congrès, qu’Israël risque de perdre le soutien de plusieurs pays arabes concernant son action contre l’Iran, si l’Etat hébreu ne reprend pas rapidement ses discussions avec l’Autorité palestinienne.
Estimant que la crainte commune des pays arabes et d’Israë l, de la menace nucléaire iranienne, constituait pour les parties l’opportunité de créer un front commun contre Téhéran - appréciation qu’elle a dit confirmée par des discussions directes entre elle-même et plusieurs dirigeants de pays arabes en faveur d’une intervention "la plus forte" contre l’Iran - la secrétaire d’Etat a assuré que ces pays ne pouvaient rester indifférents au blocage du processus de paix avec les Palestiniens.
Réagissant par ailleurs aux informations publiées dans la presse sur une "tension" entre l’administration Obama et le nouveau gouvernement israélien concernant la question palestinienne, et le refus d’Israë l de s’engager sur la solution des 2 Etats, Hillary Clinton a déclaré : Nous n’avons aucunement l’intention de juger à l’avance la position israélienne, avant qu’elle ne nous soit exposée en tête à tête, et le chef du gouvernement doit se rendre à Washington au mois de mai. Nous n’avons pas encore eu de discussions en profondeur avec l’administration israélienne, et nous les attendons".
Guilad Shalit
Le responsable du "dossier
Shalit" Ã Damas
Le quotidien arabe El Hayat qui paraît à Londres, rapporte dans son édition de jeudi matin qu'Oussama El-Mazini, le responsable du Hamas pour les négociations portant sur l'échange de prisonniers, a quitté Gaza pour Damas où il rencontrera la direction politique de l'organisation terroriste, déplacement interprété comme un signe probable de la reprise des pourparlers avec Israël.
Rappelons
que les islamistes maintiennent leur exigence que soient libérés tous
les 450 prisonniers de la liste transmise à Israël, qui a pour sa part
accepté d'en relâcher 325, ainsi que 125 autres qui n'y figurent pas,
et 1.000 détenus supplémentaires en signe de bonne volonté à l'égard
des présidents égyptien et palestinien.
Alors que le précédent gouvernement israélien avait lié l'accord de
cessez-le-feu avec le Hamas - comprenant notamment la levée
du blocage contre Gaza et l'ouverture des points de passage
- à l'échange des prisonniers, le ministre des Renseignements
égyptiens, Omar Souleimane, qui était en Israël ce mercredi, a estimé
pour sa part qu'il fallait séparer ces deux négociations.
Shoah
"Auschwitz n'a pas guéri le monde de l'antisémitisme"
Au cours de la cérémonie officielle en souvenir de la Shoah, qui s'est tenue jeudi au Capitole à Washington, pour la trentième année consécutive, Barack Obama a affirmé son engagement "en tant que président" à lutter contre les négationnistes, qui prétendent encore que le génocide n'a jamais existé.
"Il
est de notre devoir d'intervenir à tout endroit pour empêcher les
atrocités comme au Rwanda et au Darfour" a ajouté Obama qui a également
estimé que les leçons de l'Histoire permettaient l'espoir, comme "celui
du peuple élu qui s'est relevé de l'oppression depuis la sortie
d'Egypte (...) du peuple d'Israël qui s'est relevé de la destruction de
la Shoah (…) L'espoir de ceux qui n'ont pas fait que survivre mais ont
choisi la vie, et qui nous apprennent la signification du courage et de
l'honneur".
L'ambassadeur d'Israël aux USA, Sally Meridor, qui a rappelé la grave
menace et le défi posés par l'Iran, a tenu à exprimer "au nom de l'Etat
d'Israël, sa reconnaissance la plus profonde aux Etats-Unis pour son
amitié inaltérable, et sa défense de l'honneur, la liberté, la sécurité
et la paix de toute l'Humanité".
Le prix Nobel de la Paix, et fondateur du Musée de la Shoah Ã
Washington, Elie Wiesel, a également exprimé son inquiétude face aux
efforts d'Ahmadinejad en vue d'obtenir l'arme nucléaire. "Je reviens de
Genève, où le dirigeant d'une nation antique, qui est devenu le
négationniste numéro 1 au monde, a exploité un rassemblement de l'ONU
pour porter atteinte à Israël. Comment est-il possible que cela ait pu
se passer ? Pourquoi a-t-il été invité ?" a-t-il demandé avant de
conclure sur cette autre question : "Le monde a-t-il appris ? - Je ne
le pense pas. Si Auschwitz n'a pas guéri le monde de l'antisémitisme,
qu'est-ce qui le fera ?".
EGYPTE
Mise en garde à l'Iran et au Hezbollah
Pour la première fois depuis l'arrestation d'un groupe d'une cinquantaine de terroristes du Hezbollah - infiltrés en Egypte pour y perpétrer des attentats, et convoyer des armes au Hamas à Gaza - Hosni Moubarak s'est exprimé directement à ce sujet et formellement mis en garde toute "force régionale" de ne pas "provoquer le courroux égyptien".
Lors
d'un discours prononcé devant des officiers supérieurs de l'armée, Ã
Ismaïlia, le président égyptien a notamment affirmé : "Nous ne
permettrons à aucun ennemi de la paix d'intervenir et de pousser la
région au bord du gouffre", d'exploiter la question palestinienne, et
d'envoyer des agents "pour menacer la sécurité nationale de l'Egypte,
pénétrer ses frontières, et ébranler sa stabilité".
Hosni Moubarak a confirmé par ailleurs avoir invité le Premier ministre
israélien, Benjamin Netanyahou, pour le jour anniversaire de la
libération du Sinaï, qui comme ses prédécesseurs "viendra seul, sans
aucun autre ministre", mettant ainsi fin aux rumeurs selon lesquels
Avigdor Lieberman se joindrait à lui.
Economie
25,6 milliards pour "Blocage et impulsion"
Tel est le nom du programme économique d'urgence (dénomination d'ailleurs suggérée par Shimon Pérès au Premier ministre) dont les grandes lignes ont été présentées ce jeudi par le ministre des Finances, Youval Steinitz, et le chef du gouvernement Benjamin Netanyahou, lors d'une conférence de presse.
Les deux phases
"Blocage" - pour stopper la chute économique et conserver les emplois -
et "Impulsion" - pour faire redémarrer l'économie - sont les deux axes
qui seront mis en œuvre simultanément par le gouvernement à l'aide
d'une série de mesures.
Les principales qui ont été annoncées, pour un montant total de 25,6
milliards de shekels, concernent le déblocage du goulot d'étranglement
du crédit par l'augmentation des garanties d'Etat fournies aux banques,
la réduction progressive des impôts sur le revenu et sur les sociétés,
jusqu'en 2016, la création de fonds d'aide aux petites et moyennes
entreprises ainsi qu'aux compagnies de High Tech et celles qui
exportent, et le démarrage de grands projets d'infrastructure.
HAMAS
"La résistance n'est qu'un moyen"
Khaled Meshaal est apparu sur les écrans du parlement britannique, pour une intervention filmée de Damas - et difficilement retransmise à Londres, pour cause de problèmes techniques - au cours de laquelle il a notamment affirmé que la solution définitive au conflit avec Israël passait, au minimum, par un retrait de l'Etat hébreu aux frontières de 67, et le droit de retour pour les réfugiés palestiniens.
Le
chef du bureau politique du Hamas a également déclaré : "La résistance
n'est qu'un moyen et non une fin en soi, et si nous en trouvons un
autre, pour faire cesser l'occupation, nous l'utiliserons". Meshaal -
qui a qualifié son organisation de "Mouvement d'opposition nationale
qui aspire à se défaire de l'occupation pour permettre au peuple
palestinien d'exercer ses droits légitimes" - a estimé par ailleurs que
le rôle de l'Europe pour régler ce conflit était très important,
puisque "la politique extérieure américaine ne changera pas".
Meshaal a également assuré que "bien qu'Israël soit plus fort que nous,
la force seule n'a pas pouvoir de faire gagner la guerre".
Autorité palestinienne
Vente de terres, passible de mort
Une organisation des droits de l'Homme en Judée-Samarie s'est adressée au chef du gouvernement Benjamin Netanyahou, et aux ministres de la Justice, Yaakov Neeman, de la Défense, Ehud Barak, et de l'Intérieur, Itsh'ak Aharonovitz leur demandant d'intervenir d'urgence en faveur d'un Palestinien de Hébron qui risque la peine de mort.
L'homme
est accusé avoir vendu des terrains à des Israéliens et cette
organisation des droits de l'Homme, affirme qu'Israël "est le seul pays
au monde où la vente de terres à des juifs est légalement interdite
(par l'Autorité palestinienne), et tous ceux qui enfreignent cette loi
antisémite sont passibles de mort".
Monde arabo-musulman
Abdallah appelle le monde arabe à se mobiliser pour la paix
Premier dirigeant du Moyen-Orient à avoir été reçu par Barack Obama aux Etats-Unis, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que le président américain considérait la solution au conflit israélo-palestinien dans une perspective de paix régionale beaucoup plus large, comprenant la Syrie, le Liban, Israël, les Palestiniens et les autres pays arabes.
Le souverain Hachémite, qui a appelé les pays arabes à apporter assistance aux Américains dans leurs efforts de paix, et certifié qu'il n'y avait aucune autre alternative à la solution des "2 Etats pour 2 peuples" pour régler "le principal conflit du Moyen-Orient", à également rapporté que Barack Obama avait l'intention d'inviter, après la visite de Benjamin Netanyahou à Washington, Israéliens et Palestiniens à reprendre les négociations sans plus tarder.
Nouvelles brèves
Israël, le 23/04/09
POLITIQUE : Suite au renvoi du directeur général du parti travailliste, Eitan Cabel, par Ehud Barak, le trésorier, Moshé Amit, a remis sa démission, indiquant qu'il se "refusait à poursuivre ses fonctions sans que la paix ne règne au sein du parti", et préférer partir "pour ne pas voir s'effondrer l'édifice construit pendant 50 ans".
Divers
: "SAUCISSONS GAGNANTS" : Une société israélienne a remporté 5
médailles d'or et 8 médailles d'argent lors d'une compétition
internationale de charcuterie en Hollande.
POLITIQUE : Le chef du parti d'extrême gauche Meretz, Haim Oron, a
estimé que les couches sociales faibles allaient payer "le prix fort"
du plan économique Netanyahou-Steinitz.
SOCIETE : Le président Shimon Pérès a adressé ses bénédictions à la
communauté druze à l'occasion de la fête Nabi Shu'ayb, et exprimé la
reconnaissance d'Israël aux soldats druzes tombés lors des guerres de
l'Etat hébreu.
DIPLOMATIE : Le ministre des Affaires sociales, Itsh'ak Herzog, a
estimé lors d'une discussion en Allemagne avec des parlementaires de
Berlin, que d'ici sa visite à Washington, Benjamin Netanyahou
présentera les grandes lignes du plan de paix avec les Palestiniens,
proposé par son gouvernement.
ECONOMIE : Le chef du patronat israélien, Sharaga Brosh, s'est déclaré
"très satisfait" du programme économique présenté ce jeudi par le
ministre de l'Economie Youval Steinitz et Binyamin Netanyahou, le chef
du gouvernement "qui a fait en deux semaines ce que le précédent
gouvernement n'a pas fait depuis le début de la crise".
DIPLOMATIE : Le président Shimon Pérès a rencontré à Jérusalem le chef
de la diplomatie chinoise à qui il a affirmé que son pays "a un rôle
central à jouer" pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique.
De son côté, le ministre chinois des Affaires étrangères a déclaré
qu'il est "évident pour la Chine que la Shoah est un fait réel
incontestable, et qu'Israël a le droit de vivre en paix et en sécurité".
SOCIETE : Plusieurs centaines d'Israéliens se sont rendus au cours de
la nuit passée sur la tombe de Joseph à Naplouse, pour y prier,
sécurisés par Tsahal. Ils ont affirmé que le caveau a été profané par
les Palestiniens, et la pierre tombale endommagée.
Nouvelles brèves, International
Monde, le 23/04/09
SUISSE : L'Union des Etudiants Juifs de France, et l'organisation Coexist, dont les membres ont perturbé le discours du président Ahmadinejad à Genève, ainsi que l'Institut iranien Neda, qui a fait distribuer des tracts, ont tous trois été exclus de DURBAN II.
BOLIVIE
: La police a fermé un Beit Habad à Rurrenabaque, dans le nord du pays,
et arrêté plusieurs touristes israéliens qui s'y trouvaient, pour des
raisons non encore explicitées par les autorités boliviennes.
USA : Selon un récent sondage 48% des Américains pensent que leur pays
est sur la "bonne voie" vers un rétablissement, 44% étant d'un avis
contraire. Le président Obama continue par ailleurs de bénéficier d'une
bonne appréciation de ses concitoyens, avec 64% d'avis favorables.
CHINE : La Chine a exprimé son mécontentement suite à la décision du PM
Japonais, Taro Aso, d'envoyer une offrande au Sanctuaire Yasukuni,
symbole controversé du passé guerrier et colonialiste du Japon.
COREE : Le ministre russe des Affaires étrangères est arrivé Ã
Pyongyang où il tentera de convaincre les responsables politiques du
pays de ne pas redémarrer leur programme nucléaire, gelé il y a un an.
SOMALIE : Le Cheikh extrémiste Hassan Dahir, en exil depuis deux ans,
est revenu en Somalie. Il figure sur la liste américaine des personnes
soupçonnées de terrorisme, pour ses liens présumés avec el-Qaïda.
FRANCE : Le nageur français Alain Bernard a établi un nouveau record du
monde des 100 mètres en nage libre, qu'il a parcourus en 46,94 secondes.
PAKISTAN : L'armée régulière a envoyé des renforts dans le district de
Buner à proximité d'Islamabad pour assurer la protection des bâtiments
gouvernementaux, et des ponts centraux, suite à la progression des
Talibans vers la capitale.
Médias et Internet
Les deux fautes de la fondation de la mémoire de la Shoah
© Shmuel Trigano - CONTROVERSES
En lançant l’opération « Aladin » à l’UNESCO, en partenariat avec
l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), la Fondation de la
Mémoire de la Shoah (FMS) a commis deux graves fautes, une faute
politique et une faute morale.
Ce
n’est pas le projet de mettre le récit de l’histoire de la Shoah à la
portée du monde musulman, et dans ses langues parlées, au moyen d’un
site et sans doute à l’avenir de publications et d’événements, qui est
en question. Ce sont les alliances problématiques qui le rendent
possible et l’étrange troc politico-symbolique qui nourrit leur
contenu. L’incompétence politique le dispute à l’indignité.
LA FAUTE POLITIQUE
Connaissez-vous l’Organisation de la Conférence
Islamique ?
Son président était présent à l’UNESCO. C’est une Organisation
internationale qui milite pour « défendre les intérêts et assurer le
progrès et le bien être ... de tous les musulmans à travers le monde ».
Fondée en 1969 à Rabat, après la tentative d’attentat contre la Mosquée
El Aksa à Jérusalem par un fondamentaliste australien, son siège
provisoire est à Djeddah, en Arabie Saoudite, dans l’attente de « la
libération de Jérusalem ».
Sa charte (1972) lui assigne comme objectif « la défense des lieux
saints de l’islam et la libération de la Palestine ». Sa création est
une des conséquences de la conférence de Khartoum de septembre 1967
connue par sa devise des «trois non» : pas de paix avec Israël, pas de
reconnaissance d’Israël, pas de négociations avec Israël...
C’est cette conférence qui décida de l’utilisation de l’arme du
pétrole, prépara la guerre du Kippour (1973) et fit de la défense des
droits du « peuple palestinien » (une des premières occurrences de ce
terme) le but de sa politique. En mars 1989, l’OCI fut à la tête de la
croisade contre le livre de Rushdie Les versets sataniques, et c’est
elle qui agite « la rue arabe » chaque fois que l’Occident commet une «
faute » envers l’islam.
En 1990, l’OCI adopte la « Déclaration des droits de l’homme en Islam »
qui fait dépendre les droits de l’homme de leur conformité avec les
principes de la Charia, une loi qui ne reconnaît pas l’égalité des
non-musulmans et des femmes.
Connaissez-vous l’Alliance des Civilisations ?
Cette Organisation, qui dispose de budgets considérables venant des
monarchies pétrolières du Golfe, est la poutre maîtresse d’un projet
politique d’envergure mondiale : l’Alliance des civilisations (1) Née
d’un projet du président iranien Mohamed Khatami (le Dialogue des
Civilisations) pour s’opposer à ce qu’il croit être le projet de
l’Occident, le « clash des civilisations », la création de l’Alliance
fut annoncée lors de Durban I, puis elle s’institua à l’ONU sous la
forme d’une instance à part entière. Sous la présidence de Jorge
Sampaio, ancien président portugais, elle est soutenue par la Turquie,
le Maroc et l’Espagne, convertie à ce projet au lendemain des attentats
d’Al Qaida à Madrid. De nombreuses fondations, notamment européennes,
des multinationales et la Commission Européenne en premier, le projet
euro-méditerranéen, apportent leur soutien et leurs fonds à une
entreprise qui ambitionne de développer le dialogue entre les
civilisations mais dont les retombées (et les objectifs inavoués)
visent surtout à briser le cadre universel des relations
internationales qui se fondent sur le primat des droits des individus
et des règles universelles pour les refonder sur des rapports de « bloc
», de « civilisations » - de religions, en fait - qui préserveraient
ainsi leurs normes spécifiques contre des normes universelles. C’est
exactement ce qui motive une déclaration islamique des droits de
l’homme... Il est clair que l’un des buts politiques les plus
importants de l’Alliance est de sanctuariser l’islam dans le monde
entier, d’interdire toute critique à son égard et de l’installer sur
toutes les scènes de la culture occidentale comme une donnée centrale.
Lors du récent Durban II, à Genève, l’OCI s’est faite l’avocate de
l’interdiction mondiale du blasphème et elle l’a obtenu sous la
catégorie de « haine religieuse », ce qui est pire.
Dans ce projet, les partenaires concernés sont embrigadés sous le jour
lénifiant du « dialogue ». Les Juifs sont particulièrement sollicités
tout en étant réduits au rôle de figurants. Il faut, en effet,
impérativement donner le spectacle de l’entente et s’assurer de leur
participation pour accréditer cette entreprise qui se met sous l’égide
du mythe de l’« Age d’or andalou » (2). Comment croire à la pureté de
ces intentions alors que tous les pays islamiques sont actuellement
soulevés par une vague d’antisémitisme virulent dont l’OCI est l’un des
plus importants facteurs? Nous sommes entrés dans une ère où la culture
et la religion sont instrumentalisées à des fins exclusivement
politiques : prestige, puissance, gloire. La diplomatie des «
civilisations », qui n’est plus celle des États, annonce une ère de
guerres identitaires et culturelles.
Elle met, dans son fondement même, l’Occident au banc des accusés en le
contrastant avec l’islam, « religion de paix ». C’est ce qu’on lit dans
« L’Appel à la conscience » signée à l’occasion de l’inauguration :
« L’Islam reconnaît le judaïsme et le christianisme comme des religions
révélées. Les Musulmans considèrent les Juifs et les Chrétiens comme
des frères appartenant au «Peuple du Livre» qui partagent tous le
monothéisme d'Abraham ... Juifs et Musulmans, au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord, ont vécu ensemble pendant des siècles et,
s'il est vrai que les Juifs furent souvent victimes de discriminations
dans le monde musulman, ils furent rarement persécutés. A la différence
de leur sort en terre chrétienne, les Juifs n'ont
pas été
contraints d'abjurer leur foi. Les premiers stéréotypes antijuifs sont
apparus, dans le monde musulman, au XIXe siècle, lors
de la conquête (sic) du monde musulman par les puissances coloniales
européennes. Il importe de le rappeler. »
La déroute de la FMS
En s’inscrivant dans cette mouvance, la FMS, est tombée dans un piège
majeur dans l’arène des symboles et de l’idéologie. Elle n’a pas hésité
à mettre de côté le contentieux entre le monde arabo-musulman et le
monde juif pour assurer l’image de la Shoa dans l’opinion
arabo-musulmane, alors que le négationnisme qui s’y développe a pour
finalité unique de délégitimer l’État d’Israël. La FMS a fait en somme
de cette mémoire une « transcendance » complètement séparée du destin
des Juifs.
C’est bien ce qu’on lit aussi dans « L’Appel à la conscience »:
« La compréhension par les Musulmans de l'Histoire des Juifs, comme la
compréhension de l'histoire des Musulmans par les Juifs (remarquons le
balancement qui partage les responsabilités) est pervertie par des
mythes et de la malveillance, qui les rend insensibles à la souffrance
de l'autre, passée et présente. Mais, parmi les nombreux sujets qui
nous divisent, il y en a un qui doit être exclu du champ politique,
idéologique et religieux. Il s'agit de la Shoah, le génocide nazi au
cours duquel six millions de Juifs d'Europe ont été massacrés.»
On ne peut mieux entériner la « religion de la Shoah », vivante
dénégation du statut historico-politique des Juifs qui fonde leur
existence comme État ou communautés diasporiques, ce qui est
aujourd’hui au cœur du nouvel antisémitisme et de la survie de l’État
d’Israël. On ne peut mieux saper à la base l’identification et la
compréhension du nouvel antisémitisme contre lequel la FMS est censée
lutter, parmi ses attributions...
Le discours de Jacques Chirac lors de l’inauguration était très
significatif de cette déroute. L’ancien président, comme d’ailleurs
d’autres orateurs qui lui ont succédé, ont inscrit le conflit
proche-oriental et leur soutien à la Palestine, dans leur adhésion : «
J’ai dit aux Israéliens que la colonisation était une faute. On ne
construit pas la paix avec son voisin en expropriant ses terres, en
arrachant ses arbres, en bouclant ses routes… ». L’ancien président a
également reproché à certains de « vouloir faire porter aux pays
musulmans une culpabilité qui n’est en aucun cas la leur ».
L’histoire retiendra qu’il a mis en branle il y a quelques années la
machine inquiétante du « devoir de mémoire » que j’ai eu l’occasion
d’analyser dans mon livre Les frontières d’Auschwitz, les ravages du
devoir de mémoire (3), et qui consiste à dissocier dans la Shoah le
martyrologe des Juifs du peuple juif. Le premier est dûment célébré
comme « universel », « humain », quasi spirituel (exactement ce que
pensait l’écrivain François Mauriac) mais il est compris comme l’envers
de la condition historico-politique de l’existence des juifs comme
peuple vivant, sauf si les Juifs consentent à devenir les grands
prêtres de cette mémoire : une belle façon de contourner et de sublimer
la culpabilité de l’Europe. Dans cette mémoire étatisée à travers des
Mémoriaux, des Fondations, des Chaires académiques, l’existence du
peuple juif avec ses dimensions communautaires et politiques fait
problème. Elle dérange le côté lisse de l’objet vénéré. Ce qu’a bien
illustré le même Jacques Chirac, auteur de la « repentance », dans sa
politique envers Israël. La révérence faite à la « mémoire » victimaire
a couramment autorisé moralement et fondé politiquement l’accablement
d’Israël, accusé de la trahir si bien que les bénéficiaires (moraux
et... financiers) planétaires de cette mémoire sont les Palestiniens.
Nous touchons ici à l’idéologie institutionnelle de la Fondation de la
mémoire. La FMS, qui, à n’en pas douter s’est lancée dans le processus
« Aladin » en s’inscrivant dans la mouvance chiraquienne, vient
d’apporter une nouvelle confirmation officielle à ce système
idéologique, qui éclaire sa vocation idéologique implicite dans le
paysage européen et mondial.
Que recherche la FMS avec « Aladin »?
C’est une question que l’on peut se poser. Il y a une naïveté
sociologique à croire que le négationnisme arabo-musulman procède de
l’ignorance des faits historiques. Il est au contraire de l’ordre de la
croyance et de l’idéologie. Ce qui s’y trame, c’est moins l’histoire de
la Shoah que le déni de l’existence d’un peuple juif qui aurait
légitimité à la souveraineté. Si la Shoah en est devenu le vecteur,
c’est parce que le peuple dans les Juifs en fut la cible, détruits en
masse, toutes nationalités confondues. La Shoah pose la question du
destin collectif des Juifs dans la politique moderne. C’est bien ce qui
est en question avec l’État d’Israël. Dans le débat idéologique
contemporain, y compris en Occident (4), la Shoah joue ainsi le rôle
d’un substitut symbolique de la notion de peuple juif. Toutes les
accusations d’excès de mémoire, de lobby juif, d’exploitation de la
mémoire par l’État d’Israël ou les communautés juives, découlent de
cette substitution symbolique. Tout lien de la Shoah au peuple juif est
ainsi portraituré comme un dévoiement de la « Mémoire ». C’est une
façon de dénier le droit d’exister au peuple juif au nom de la Shoah.
C’est ce sanctuaire de la Shoah que la FMS veut défendre : aux dépens
des intérêts et des valeurs des Juifs vivants.
En monde musulman, c’est pour mieux dénier le peuple juif que la Shoah
est niée sous la forme du syllogisme suivant:
1) Le peuple juif n’existe pas
2) S’il existe (l’État d’Israël), c’est un mensonge (la Shoah)
3) L’État d’Israël ne peut exister que sur la base de ce mensonge et de
la culpabilité de l’Occident qui a cédé à ce chantage.
Obtenir d’une institution juive qu’elle accepte la dissociation de la
Shoah de la question cruciale pour la survie des Juifs que constitue
aujourd’hui l’existence de l’État d’Israël est un atout considérable
dans la lutte contre Israël. Elle rejoint toutes les déclarations
arabes sur l’inexistence d’un peuple juif (5). Elle les absout des
menaces proférées sur l’existence d’Israël. A ce compte, l’O.C.I. peut
bien « reconnaître » la « mémoire de la Shoah »... Le bénéfice
politico-symbolique est immense dans l’optique de ses objectifs.
D’autant plus qu’elle entraîne un bénéfice secondaire : la condamnation
de l’Europe (« colonialiste ») coupable, ce qui ne fait que rehausser
l’excellence du monde islamique. Les stigmatisations de l’Europe
coupable d’antisémitisme abondent de fait sur le site d’Aladin (cf.
infra : l’étude de textes)
Quelle reconnaissance recherche la FMS ?
Quel type de reconnaissance de la Shoah, la FMS espère-t-elle ? En
s’alliant à l’OCI et en plaçant donc son entreprise sous l’égide de «
l’Alliance des civilisations », elle a choisi de ranger implicitement
la Shoah dans le cadre du « patrimoine immatériel » de l’humanité où
l’OCI a déjà placé la religion musulmane (« Convention pour la
sauvegarde du patrimoine immatériel » adoptée par l’UNESCO en 2003 dans
la lignée des Déclarations et Conventions sur la diversité culturelle
(6). On retrouve toujours à ce propos la marque de Jacques Chirac qui a
prétendu faire passer cette convention au nom de la défense de la
francophonie contre la culture américaine mais qui n’a été adoptée que
grâce au soutien des membres de l'OCI. La Shoah devient ainsi un
élément de la Convention sur la diversité culturelle, ce qui revient Ã
dire que la FMS a enfermé l’identité et toute la culture juives dans la
mémoire de la Shoa, ce qui a de graves conséquences sur le plan de la
compréhension de l’identité juive. En somme, la FMS a échangé la
sacralisation de la Shoah contre la sanctuarisation de l’islam.
Il faut faire un peu d’histoire pour replacer cette démarche dans le
paysage global et mieux comprendre ses tenants et aboutissants. La
meilleure spécialiste en la matière, Malka Marcovich, nous renseigne Ã
ce propos (7). « Lors de Durban I, l’inclusion de la mémoire de
l’Holocauste a fait l’objet d’un troc entre l’Union Européenne et
l’OCI, soit la mention de l’Holocauste en échange de la désignation
particulière des Palestiniens comme victimes du racisme israélien... »
« La mémoire de l’holocauste » (8) fut aussi reconnue pour mieux mettre
en avant le caractère occidental d’un crime perpétré contre les Juifs.
C’est ce que confirment alors « les déclarations finales (où sont
émises des réserves au moment de l’adoption du texte), il apparait que
l’inclusion de l’Holocauste sert à la condamnation des Européens plus
qu’à la « reconnaissance » des Juifs. « La République islamique d’Iran
a souligné que la mémoire de l’« holocauste » visait ici « l’holocauste
des juifs » par les « Européens ». La Syrie est allée dans le même sens
et a déclaré que c’était une « erreur » de la part « des Européens de
vouloir faire partager leur culpabilité au monde » en donnant Ã
l’Holocauste un caractère général. Le Qatar au nom de l’OCI a également
souligné que les « pays extérieurs à l’Europe » ne pouvaient être «
tenus responsables ». De même, les Émirats arabes unis (au nom
également de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Koweït, d’Oman et du
Qatar) ont souligné le caractère européen de cette mémoire, et ont tenu
à indiquer que « ce concept ne s’applique pas exclusivement à un peuple
ou à un groupe particulier, comme l’illustrent clairement les pratiques
racistes observées quotidiennement dans les territoires arabes occupés.
»
L’inclusion de l’antisémitisme à Durban I soulevait le même type de
problèmes. Il fut lié dans le même paragraphe à « l’islamophobie »,
réduisant la définition des attaques à l’encontre des Juifs, comme
relevant uniquement de comportements contre la religion juive (puisque
dans l’islamophobie il est question d’islam, de religion). Ainsi, est
mis en œuvre le déni de la dimension politico-historique de la Shoah et
sa transformation en réalité religieuse, ce qui conforte tout à fait le
monde arabo-islamique pour dissocier la Shoah de sa signification
politique centrale. Cependant, tout comme la mention de l’Holocauste,
l’inclusion de l’antisémitisme a soulevé des réserves de la part de la
République islamique d’Iran, qui a indiqué que ce terme devait «
s’appliquer aux Arabes et aux Juifs », l’OCI soulignant pour sa part
(sans même mentionner les Juifs) que « les Arabes constituent la
majorité écrasante des Sémites ». Comme avec l’Holocauste, la «
reconnaissance » des Juifs aboutit aux Palestiniens et à l’islam (9).
En effet, les Juifs pourraient bien être traités d’« antisémites »
s’ils étaient « islamophobes »... C’est bien ce tour de passe passe qui
est sans cesse rejoué à la commission des droits de l’homme de l’ONU.
LA FAUTE MORALE
Une conscience juive a du mal à accuser le coup de l’indignité morale
dont a fait preuve la FMS. En effet, le troc symbolique concernant
Israël s’est doublé d’un autre troc concernant la mémoire des
sépharades, bradée à bas prix pour obtenir une reconnaissance de la
mémoire de la Shoa. La FMS s’est sentie en effet obligée de réécrire
leur histoire pour fonder son entreprise. La lecture du site d’Aladin
fournit un exemple rare d’historiographie où l’amateurisme le dispute Ã
la complaisance.
On peut déjà se demander ce qui autorise la FMS à parler au nom du
monde sépharade, à la mémoire duquel elle ne s’est jamais intéressée et
pour la représentation duquel elle n’a aucun mandat légal, ni aucune
légitimité. Ce que l’on pressent de mépris ethnique derrière cette
façade de « bonne volonté » est accablant. « L’Appel à la conscience »
déclare : « C’est une grave offense que de réécrire l’histoire pour des
motifs politiques » ». On ne peut pas mieux dire ! Mais charité bien
ordonnée commence par soi-même.
Cette institution est sortie du champ de ses attributions en
instrumentalisant l’histoire des communautés juives originaires du
monde arabo-musulman. Le récit historique des rapports judéo-arabes
qu’elle propose, sur le site d’Aladin, fait bon marché de leur mémoire
en évacuant l’essentiel du contentieux politique, historique et moral
qui obère le rapport des Juifs et des musulmans aujourd’hui et qui est
avant tout leur contentieux, à eux qui sont originaires de ces pays-là .
Le livre collectif, La fin du judaïsme en terres d’islam (Denoël), que
je viens de publier sous ma direction tombe à point nommé. Il fait le
clair sur cette histoire contemporaine », à laquelle j’avais déjÃ
consacré 2 numéros de la revue Pardès (10). Il existe très peu
d’ouvrages sur ce sujet car l’historiographie de ce drame concernant un
million de personnes est un tabou, y compris en Israël. Un jour
l’histoire de cette occultation sera aussi écrite. La FMS ne peut
invoquer l’innocence et l’ignorance, en la matière. C’est un choix
politique et moral qu’elle a fait en toute connaissance de cause de
minoriser (par mépris ?) les témoignages et les faits de cette histoire
pour « arrondir les angles ».
Bien avant la question du sionisme et de l’État d’Israël, c’est le
statut des Juifs en islam qui est en effet en question dans le monde
arabo-musulman. A-t-on remarqué qu’il n’y avait quasiment plus de
communautés juives dans ces pays depuis les années 1970 ? Les faits
historiques d’avant l’ère coloniale témoignent de ce que le statut des
non musulmans, les dhimmis, n’engendrait pas seulement la condition de
nation dominée, ségréguée, mais aussi et surtout un régime de vexations
et d’avilissement, de tracasseries permanentes. L’OCI n’y a pas renoncé
car dans la « Déclaration des droits de l’homme en islam », qu’elle a
édictée (1990), il est statué que ces droits ne sont valides que s’ils
sont en conformité avec la Sharia. Qui ne reconnait pas l’égalité, des
Juifs, des chrétiens et des femmes.
Le scandale que représente la création d’Israël pour ce monde-là , c’est
avant tout l’auto-détermination d’une nation (dhimmie) dominée.
L’histoire tragique des Arméniens en quête d’indépendance en fut le
premier acte. La disparition progressive des Arabes chrétiens dans ces
pays aujourd’hui en est l’acte final. Au sortir de la période
coloniale, qui fut pour ces nations dominées, on le comprend, une
libération, les Juifs étaient en passe de redevenir des dhimmis. Le
nationalisme y avait engendré un antisémitisme qui n’avait rien Ã
envier à ses homologues européens et qui puisait dans un fonds
islamique dont des livres entiers peuvent témoigner. De puissantes
vagues antisémites ont conduit soit à leur expulsion, encadrée par un
véritable « statut des Juifs » (Égypte, Lybie, Irak, Syrie), soit Ã
leur exclusion de tous les domaines de la société, en fonction de
processus sournois, et la plupart du temps d’une violence pogromique
servant d’avertissement. Il n’y avait pas de place pour les Juifs dans
les nouveaux États nations qui, très vite, adoptèrent le Coran comme
loi constitutionnelle.
Tel est le B.A-BA du contentieux judéo-musulman, du Maroc à l’Iran. Il
ne commence pas avec le sionisme et à cause de l’État d’Israël mais
bien avant la période coloniale. Tous les documents historiques sont lÃ
pour en témoigner. La FMS a prétendu le clore pour solde de tous
comptes.
LE NÉGATIONNISME DE L’HISTOIRE DU MONDE SÉPHARADE PAR LES
TEXTES
Le modèle rhétorique de la FMS est facile à reconstituer à partir du
discours qui nourrit le site Aladin. Il est intéressant d’y glaner des
citations pour comprendre la stratégie idéologique qui est à l’œuvre.
C’est le banc d’essai d’une réécriture négationniste de l’histoire.
La complaisance est son principe général. Il s’agit de flatter la
partie islamique, ce qui se fait toujours, très systématiquement, aux
dépens du christianisme et de l’Europe, présentés sous la forme d’une
comparaison négative, de façon à faire croire à une plus grande
complicité, une plus grande proximité des Juifs et des Arabo-musulmans.
Cette complaisance ne fait que conforter un univers ethnocentrique qui
méconnait avec suffisance le destin de ceux qui y étaient différents et
elle favorise l’anti-occidentalisme.
Quand une mention est défavorable aux Arabes et à l’islam elle se voit
toujours immédiatement équilibrée par une affirmation positive, de
façon à annuler l’effet négatif, comme pour excuser et amoindrir la
responsabilité. La comparaison avec la culpabilité de l’Europe joue Ã
ce moment-là comme l’argument massue.
Aladin reproduit le modèle de l’idéologie dominante contemporaine qui
récuse l’idée que deux « camps » s’opposeraient sur la scène
internationale. Le concept de « camp » est inhérent à l’idéologie du «
dialogue ». Il a pour origine le concept d’origine soviétique de « camp
de la paix ». Il y a en effet toujours des « camps » mais la frontière
passe dans chaque camp. En fait, elle passe surtout à travers le camp
occidental (et bien sûr, juif) car le camp de l’OCI reste très compact,
lui. La volonté de paix et de dialogue se traduit ainsi immédiatement
par une guerre de l’Occident contre son propre « camp »: « Tout en ne
cherchant pas à examiner les causes et les effets du conflit politique
au Moyen-Orient ni ce qui est juste ou ne l'est pas, on voit que la
nature de plus en plus religieuse d'une lutte territoriale a été le
fait de différentes mouvances. Elles présentent ce conflit comme un
clash de civilisations entre le monde musulman et la société
occidentale. Des extrémistes présentent l'adversaire comme étant dénué
de tout caractère moral et sans légitimité religieuse, les juifs et
Israël étant présentés comme une « tête de pont » hostile établie dans
le monde arabe en particulier et le monde musulman en général. La
vérité, cependant, est que ce à quoi nous assistons n'est pas un clash
de civilisations mais plutôt un clash à l'intérieur de civilisations.
C'est un conflit entre divers éléments au sein d'une même culture
religieuse. Entre ceux qui ont le sentiment d'avoir
subi
insultes et humiliations sur le plan historique, ce qui a provoqué leur
aliénation, et d'autres éléments au sein de leur propre société ainsi
qu'avec ceux qui sont extérieurs à leur culture religieuse. Le
conflit interne est avec ceux qui cherchent à avoir des contacts
constructifs avec d'autres sociétés dans le cadre d'une culture
mondiale et d'une interaction positive avec la modernité.
Ce
clash « à l'intérieur même de civilisations, » signifie que des voix
éclairées des deux côtés ont pour responsabilité de travailler ensemble
non seulement pour devenir plus grandes que la somme de leurs
différentes parties mais aussi pour apporter ce témoignage alternatif
essentiel, à savoir celui de la coopération inter-religieuse et
interculturelle ainsi que celui du respect mutuel. Plus
particulièrement, les dirigeants musulmans et juifs doivent à leurs
communautés et aux traditions de leur foi de réfuter toute exploitation
destructrice de leur civilisation religieuse respective en tirant leur
inspiration des exemples de la coopération et de la
collaboration glorieuses du passé des enfants d'Abraham,
musulmans, chrétiens et juifs, au profit de tous.»
La description de la dhimma, condition d’avilissement et de déchéance
des Juifs est donc naturellement l’objet d’un déni. Le discours qui en
rend compte témoigne d’une insensibilité de plomb à ce que fut la
condition des Juifs en islam. Ainsi, Juifs et chrétiens « ont toujours
joui d'une plus grande protection (équilibre comparatif) que celle dont
bénéficiaient les païens. Pendant des siècles, le statut de la dhimma a
été appliqué à (sic) juifs et chrétiens dans le monde musulman. Ce qui
signifie qu'en contrepartie d'un paiement d'impôts supplémentaires des
droits limités leur étaient accordés. » On fait équilibre à la dhimma
en la comparant au statut des « païens ». Appliqué ? Imposé par la
coercition !
Quand des exactions ont été commises, le « mais » arrive toujours très
vite « Mais, en dépit de leur statut de dhimmi, les juifs étaient
libres de pratiquer leur religion et ils vivaient mieux sous
administration musulmane que sous administration des chrétiens
byzantins. » Ce qui est une contre-vérité car le statut du dhimmi est
un statut politique qui enferme les populations non musulmanes dans la
religion, c’est à dire l’islam.
« En règle générale, les communautés juives qui étaient restées dans le
monde musulman étaient protégées selon les termes du Pacte d'Umar. Et,
si elles acceptaient leur statut de citoyens de seconde classe, elles
vivaient paisiblement et en bonne intelligence avec leurs voisins
musulmans. » On croit rêver et on se demande qu’elle est la conscience
juive et le sentiment de dignité des gens qui font la FMS...
Le « miracle d’Al Andalous » est présenté comme si il avait été un
phénomène suis generis et non le résultat d’une invasion et d’une
conquête cruelle de djihad. Andalous était une terre où Juifs et
chrétiens étaient des dhimmis, où il y eut des vagues d’antisémitisme
théologique, de grands pogroms, etc.
La fin d’Andalous est présentée comme une menace venant d’un islam
extérieur, de surcroît, justifiée par une menace chrétienne ! « Il y
eut un revers de cette société relativement ouverte d'al-Andalus, puis
sa fin, lorsque des armées sont venues d'Afrique du Nord pour aider Ã
la défendre contre les chrétiens espagnols qui repoussaient les
musulmans dans le nord, les chassant de leurs bastions. Les juifs
subirent des restrictions sévères sous les régimes berbères islamistes
et finirent par se déplacer vers le nord pour aller dans des régions
conquises (sic) par les chrétiens et où, pour l'heure, ils étaient
mieux traités. » C’est ahurissant, ces armées venues d’Afrique du Nord
étaient les mêmes que celles qui avaient envahi l’Espagne. Par contre
la Reconquista est présentée comme une conquête qui menace
l’Andalousie...
Un peu plus tard, « la société islamique commença à faire place à une
mentalité plus féodale, à la fois rigide et autoritaire. De nombreuses
communautés juives durent (sic) s'installer dans des ghettos (qu’en de
beaux mots ces choses-là sont dites !) et ici ou là (sic) des
communautés juives et chrétiennes furent détruites. « Ici ou là » ?
Toutes les communautés d’Afrique du Nord furent exterminées ! Faut-il
parler de négationnisme ?
Les perles sur la dhimma s’enfilent, je les cite non exhaustivement :
-« le grand (sic, sic, sic) conquérant Omar Ibn Al-Khattab, calife qui
spécifia les conditions d'octroi de ce statut aux protégés dans ce
qu'on appelle le « pacte d'Omar ». Grâce au pacte, les « Gens du Livre
» étaient autorisés à s'installer et à posséder des biens, à exercer
librement leur culte, à entreprendre et à circuler. La soumission des «
dhimmi » se traduisait surtout par le paiement d'une taxe de capitation
(djizya) et des conditions de vie inférieures ». Merci pour
l’autorisation ! Ils étaient là avant l’invasion arabe qui les
déposséda de leurs biens et de leurs propriétés.
-« La situation sociale des Juifs découlait de leur statut juridique,
de leur activité économique et de la tradition religieuse de leurs
voisins. La masse des musulmans manifestait mépris à l'égard des dhimmi
et des étrangers quels qu'ils soient, mais cette situation n'empêchait
pas l'existence de bonnes relations de travail et parfois même de liens
d'amitié. » « Découlait » ? Où est la responsabilité politique ?
-« Les Juifs n'ayant pas d'existence politique indépendante et ne
constituant pas une nation contrôlant un territoire défini,
bénéficiaient d'une présomption de loyauté envers les autorités, qui
les traitaient bien, collectivement et individuellement. » Haïs par les
masses, ils étaient les serviteurs obligés des potentats qui, parfois
les livraient à la foule. Le chef de la nation juive était très souvent
exécuté.
-« L'adoption de l'arabe par les Juifs introduisit non seulement un
nouveau vocabulaire ; mais aussi un mode de pensée entièrement neuf,
permettant aux Juifs des pays musulmans de participer à la culture
dominante et de l'intégrer comme ils n'avaient jamais pu le faire dans
l'Europe chrétienne ».
Ce qui est un mensonge si on oppose à cela l’exemple de la Pologne où
les Juifs connurent une grande époque et une sorte d’État sur un grand
territoire, le « Conseil des Quatre Pays ».
- « Au milieu du VIIe siècle, l'État perse devint une province de
l'empire arabo-musulman. La conquête arabe substitua une religion
d'État à une autre, mais pour les Juifs, c'était un progrès. Ils
bénéficiaient, comme ailleurs sous la loi de l'islam, d'un statut
inférieur mais protégé. Protégé contre qui ?
-« Cependant, la constitution de 1979 reconnut les Juifs comme une
minorité religieuse et leur accorda un siège réservé au Parlement ».
Or, c’est exactement l’application de la condition de dhimmi.
-« Les autorités ottomanes n'avaient pas posé de restrictions sur les
activités professionnelles des minorités religieuses, la seule limite
était l'enrôlement dans l'armée ou l'entrée dans les rouages du pouvoir
et de l'administration. Les dhimmi jouissaient donc d'une totale
liberté dans ce cadre ». Liberté ?
- « L'Islam maintint le statut juridique et communautaire des Juifs
ainsi que leurs conditions de sécurité et, malgré les affrontements
entre des tribus juives et l'armée du prophète Mahomet, le Coran
reconnut le judaïsme. » La réécriture tire de la farce ici. Il y a eu
une vie juive florissante en Arabie avant l’islam. Les tribus juives
furent, à ce que rapporte le Coran, exterminées, converties ou
chassées. On décréta qu’il ne pouvait y avoir 2 religions dans la
péninsule arabique. Remarquons au passage l’équilibre établi avec la
violence des tribus juives ! Ah, ces sépharades !
-« Les Juifs soutinrent la conquête de l'Irak par les musulmans. Sous
la domination des califes de Bagdad, ils payaient une taxe
individuelle, qui leur assurait la liberté religieuse et communautaire.
» Encore une version scandaleuse de la dhimma !
-« Sous le gouvernement des Jeunes-Turcs (1908), qui menèrent une
politique d'unification, ils servirent dans l'armée, obligatoire pour
tous. Ils combattaient dans les unités turques pendant la Première
Guerre Mondiale ou y furent médecins ou traducteurs. »Occultation
totale de la persécution dont les Juifs furent victimes dans cette
armée (cf l’article sur la Turquie dans le livre La fin du judaïsme en
Terres d’islam) !
-« Quand Saddam Hussein accéda au pouvoir en 1979, il restait moins de
400 Juifs en Irak. La communauté juive vécut donc sous surveillance
constante. Toutefois, il semble que l'attitude de Saddam Hussein envers
les Juifs irakiens ait été moins excessive qu'on pourrait le croire ».
En somme vive la tyrannie de Saddam !
-« Pendant la période ottomane, les Juifs d'Algérie étaient strictement
soumis au statut de «dhimmi». Il faut toutefois noter une grande
diversité d'application de ces règles dans l'espace et dans le temps.
Des relations de bon voisinage voire d'amitié purent se nouer,
notamment à l'occasion de la célébration des fêtes juives. » On est
confondu par tant de mièvrerie. L’auteur semble méconnaître que les
Juifs qui échappaient à la condition de dhimmi devaient acheter la
protection de consulats européens qui leur conférait leur citoyenneté
sur le plan juridique, en vertu d’un accord des puissances européennes
avec la Sublime Porte.
-« Comme les autres Juifs des pays islamiques, ceux d'Ifriqiya (nom
pris par l'actuelle Tunisie) acquièrent le statut de dhimmi. En réponse
à cette nouvelle situation, les Juifs choisirent de s'insérer
économiquement, culturellement et linguistiquement dans la société tout
en conservant des particularités, notamment culturelles et religieuses.
» Acquérir ? c’est un statut imposé, non pas d’insertion mais de
ségrégation !
-« Certains Juifs marocains se réjouirent de cette mainmise coloniale,
espérant que la fin du statut de dhimmi signifierait pour eux
l'obtention de celui de citoyens français, comme pour les Juifs
algériens en 1870. Mais ils furent déçus... Entre la création de l'État
d'Israël en 1948 et l'indépendance du Maroc en 1956, 90% des Marocains
juifs émigrèrent. Les plus pauvres partirent en Israël, où ils
constituèrent une part importante du prolétariat et de la population
des "villes de développement", tandis que l'élite et la classe moyenne
émigrèrent au Canada et en France. Les Marocains juifs étaient des
citoyens à part entière, électeurs et éligibles. L'État marocain leur
avait établi un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme.
Sur le plan du statut personnel, ils furent régis par la loi mosaïque,
ce qui signifiait qu'ils étaient justiciables des chambres rabbiniques
près des tribunaux réguliers pour tout ce qui touchait au mariage, Ã
l'héritage et au droit des mineurs. » Ici ce sont les stéréotypes les
plus éculés qui sont repris. Quant à la citoyenneté à part entière,
c’est une vision négligente car les Juifs sont toujours des dhimmis au
Maroc, hors du droit commun dans un pays qui ne sait pas ce qu’est la
citoyenneté démocratique parce que l’islam y est religion d’État.
- « En 1882, un groupe de 150 Juifs partirent du Yémen et entreprirent
un voyage harassant de 9 mois, qui les mènera à Jérusalem. En 1922, Le
gouvernement yéménite réintroduisit une ancienne loi islamique laquelle
contraignit les orphelins juifs de moins de 12 ans à être convertis Ã
l'Islam. » Et ainsi l’on passe très vite sur l’extraordinaire
souffrance des Juifs yéménites...
-« En 1947, le vote de l'ONU sur le partage de la Palestine eut des
conséquences dans tout le monde arabe. Au Yémen, des émeutiers
musulmans s'en prirent aux Juifs, en tuant 82 à Aden, détruisant des
centaines de maisons juives. En 1949, quelques semaines après la fin de
la guerre et à l'issue de la création de l'Etat d'Israël, la totalité
de la communauté du Yémen, soit 49000 Juifs, arriva en Israël. » Les
conséquences de quoi ? Du vote ou du refus du monde arabe ?
-« L'orthodoxie rigide de Saladin (1169-1193) ne sembla pas avoir
affecté les Juifs de son royaume. En 1166, Maïmonide se rendit en
Égypte et s'installa à Fostat ». Se rendit ? Il dût fuir les
persécutions qui gagnaient la merveilleuse Andalous !
-« Sous la dynastie mamelouke des Baharites (1250-1390), les Juifs
menèrent une existence relativement paisible, bien qu'ils soient
obligés de payer de lourdes taxes pour l'entretien des équipements
militaires, et qu'ils soient harcelés par les cadis et les oulémas de
ces musulmans rigoureux ». A nouveau le même négationnisme sur la
condition de la dhimma.
-« La venue au pouvoir d'Hitler en 1933, bouleversa cet équilibre entre
Juifs et Égyptiens, Hitler et la propagande antijuive nazie gagnèrent
du terrain parmi la communauté allemande en Égypte, ce qui suscita la
formation d'associations juives luttant contre l'antisémitisme ». C’est
une farce ? L’auteur fait abstraction de tout le processus de
dénationalisation des Juifs égyptiens par le biais d’un véritable
Statut des Juifs.
-« Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la communauté
manifestait peu ou pas d'intérêt pour le sionisme. Significative à cet
égard fut sa réponse aux violentes manifestations antijuives du 2
novembre 1945 (anniversaire de la déclaration Balfour en faveur de la
création d'un foyer national juif en Palestine). Aux émeutes
accompagnées de l'incendie de synagogues et du pillage de magasins
juifs au Caire, le grand rabbin de l'époque réagit, dans une lettre au
Premier ministre d'Égypte, en se dissociant de la revendication d'un
État juif en Palestine. ». En somme les réactions sous la menace pour
sauver sa peau sont tenues pour des positions de principe !
-« Al-Husseini et les troupes musulmanes qui combattirent aux côtés de
la Wehrmacht n'étaient pas représentatives de ce que ressentait
l'ensemble des musulmans lors de la deuxième guerre mondiale. En effet,
des centaines de soldats musulmans venus d'Afrique, des Indes et
d'Union Soviétique contribuèrent à vaincre le fascisme en se battant Ã
El Alamein, Monte Cassino, sur les plages de Provence ou à Stalingrad.
Il y eut également des cas de musulmans qui firent preuve d'un grand
courage et se sacrifièrent en risquant leur propre vie pour sauver des
juifs des mains des nazis. » C’est des mouvements nationalistes qu’il
est question qui, tous fleuretèrent avec le nazisme. Al Husseini compte
parmi les plus grands leaders du nationalisme arabe, le fondateur du
nationalisme palestinien, celui qui conféra un statut religieux Ã
l’antisionisme. L’opinion arabo-musulmane dans sa grande majorité
soutenait les puissances de l’axe, ennemies des pouvoirs coloniaux.
-« Les conditions de vie des juifs dans plusieurs pays musulmans
commencèrent à se détériorer au XIXème siècle avec le déclin du pouvoir
ottoman et la montée de la ferveur nationaliste et du radicalisme
religieux en réaction à l'influence grandissante des pouvoirs coloniaux
européens. C'est à cette époque qu'apparurent les premiers stéréotypes
antisémites dans le monde musulman. » La haine des Juifs vient toujours
de l’Occident de surcroît colonial qui vient sans doute briser l’idylle
judéo-arabe...
****
On se demande en vertu de quelle autorité, la FMS réécrit l’histoire.
La reconnaissance de la Shoah qu’elle escompte manquera inéluctablement
son objet mais autorisera le ressentiment politique envers Israël, dont
l’histoire des Juifs en monde musulman est la clef et non la mémoire de
la Shoah. Elle approfondira son mépris paternaliste pour le monde
sépharade. La FMS dépolitise le contentieux judéo-musulman au profit
d’une sanctuarisation de la Shoah dont la moindre des conséquences
n’est pas d’assigner l’existence juive à un passé muséographique. Par
contre, cette dépolitisation a des conséquences éminemment politiques.
Le problème avec le monde arabo-musulman, n’est pas la Shoah mais le
peuple juif vivant, sujet de l’histoire.
Notes
1 - Cf. le dossier capital publié par la revue Controverses,
téléchargeable à l’adresse :
http://www.controverses.fr/Sommaires/sommaire9.htm
2 - Cf. idem, l’article de Ruth Attias Toledano et mon texte sur le
mythe de l’Age d’or à ce sujet.
3 - Biblio-Essais, Le Livre de Poche-Hachette, 2005
4 - C’est une autre paire de manches car l’opinion arabo-musulmane joue
en Europe sur un terrain déjà favorable où la Shoah est restée de
l’ordre de l’impensé et de l’impensable du fait de structures mentales
et morphologiques liées à la modernité politique, qui rendent aveugle Ã
sa réalité et favorisent au contraire sa sacralisation. Cf mon livre
L’idéal démocratique à l’épreuve de la Shoah, (Odile Jacob, 1999).
5 - Cf. Shmuel Trigano, « Le refus palestinien d’un Etat juif »,
Controverses n° 7, 2008 : http://www.controverses.fr/pdf/n7/trigano7.pdf
6 - Ce que confirme la déclaration aberrante et hors de propos
(s’agissant de la Shoah) du directeur général de l’UNESCO, Koïchiro
Matsuura, intervenant en premier, qui a émis le vœu que
l’interculturalité et la diversité permettront une mémoire vivante de
l’Holocauste dans un rapport apaisé entre civilisations en promouvant
un message universel de tolérance pour les générations futures.
7 - Cf. son blog de février 2009 :
http://storage.canalblog.com/89/82/412709/37001881.doc
et son livre Les nations désunies : comment l’ONU enterre les droits de
l’homme, Éditions Jacob-Duvernet.
8 - Qui depuis 2005 fait l’objet d’une commémoration annuelle Ã
l’Assemblée Générale de l’ONU.
9 - Le président du Sénégal et président de l’Organisation de la
Conférence Islamique, Abdoulaye Wade, lors de l’inauguration, a
considéré que la Shoah est un affront à l’humanité et attaqué avec
virulence le révisionnisme établissant au passage un parallèle avec
celui qui concerne l’esclavage et la colonisation. De la Palestine ?
10 - En co-direction avec Hélène Trigano, « La mémoire sépharade »,
Pardès, In Press, 2000 et sous ma direction,
« L’exclusion des Juifs des pays arabes », Pardès, In Press, 2003.
© Shmuel Trigano - CONTROVERSES