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Mais qui pose donc ces questions anonymes au porte-parole du Quai d’Orsay (suite) ?
publié au "Point de presse du porte-parole du Quai d’Orsay" ...
Article mis en ligne le 2 février 2009

(Pouvez-vous nous confirmer qu’une conférence aurait lieu prochainement àCopenhague au sujet de Gaza ? Pourriez-vous nous communiquer quelques éléments àce sujet ?). Nous avons reçu une invitation pour une réunion technique les 4 et 5 février àCopenhague qui rassemblera des experts pour discuter des modalités de lutte contre la contrebande d’armes vers Gaza. C’est, avec l’ouverture des points de passage, un des éléments majeurs pour parvenir àune sortie de crise dans la région.

(Qui est l’invitant àcette réunion et quelles sont les parties participantes ?)

C’est bien évidemment le ministère des Affaires étrangères danois qui est àl’initiative de cette réunion.

(Mais c’est la République tchèque qui assure la Présidence du Conseil de l’Union européenne ?)

Ce n’est pas une réunion strictement européenne. Cela se fait d’ailleurs en collaboration avec les Etats-Unis.

Concernant les participants, vous pourrez obtenir plus de précisions en vous adressant directement au ministère danois.

(C’est une réunion technique, cela veut dire que les personnes qui y participent ne sont pas habilitées àprendre des décisions politiques nécessaires àun éventuel déploiement ?)

Il s’agit d’une réunion technique dont la vocation est de faire des propositions àcaractère technique. Cela n’est pas décisionnaire et les résultats ne feront par définition pas l’objet d’annonces.

(La question des points de passage sera t-elle évoquée àcette réunion ?)

Non. L’ouverture des points de passage relève d’une décision politique àlaquelle nous appelons une nouvelle fois très fortement. Il est impératif qu’il y ait une ouverture réelle et durable des points de passage pour permettre de répondre aux besoins des populations civiles de Gaza en matière de biens humanitaires.

Il y a également la question du contrôle des armes qui est très importante. Il faut que nous avancions sur ce sujet.

(Vous avez lancé conjointement l’initiative qui a aboutit au cessez-le-feu àGaza. Pouvez-vous nous donner des détails sur les discussions concernant les points de passage ? Une avancée a t-elle été réalisée depuis douze jours ?)

Nous n’avons pas encore obtenu que soit concrétisée l’ouverture des points de passage telle que nous la souhaitons. Il faut continuer àdiscuter, àexpliquer, àconvaincre. Nous avons appelé àéviter que la situation ne glisse de nouveau vers un cycle de violences. Ce point est pour nous absolument majeur, notamment pour les populations civiles.

Il faut continuer àtravailler sur le plan technique et politique sur l’ensemble des éléments et des paramètres qui permettront de sortir de la crise de façon durable. Cela comprend évidemment la question des points de passage.

(Est-ce que le ministère a reçu des explications de l’ambassadeur d’Israë l àParis concernant l’incident au point de passage d’Erez ?)

A l’issue de l’incident inacceptable de mercredi qui a vu le consul général de France, son équipe ainsi que d’autres diplomates européens bloqués plus de 6 heures au point d’Erez de retour de Gaza, avec des tirs de sommations, nous avons convoqué l’ambassadeur d’Israë l àParis. Il a été reçu au ministère. Nous avons protesté et nous lui avons demandé des explications sur cet incident. Il nous a dit qu’il allait obtenir des éléments d’information et d’éclaircissement et nous les donnera très prochainement.

Par ailleurs nous lui avons signifié que nous étions très préoccupés par la question des points de passage, y compris pour de l’aide humanitaire apportée par la France puisque malheureusement parmi les volumes d’aide humanitaire et les moyens humanitaires que nous avons acheminé vers Gaza il y a une station de potabilisation d’eau qui n’a pas pu entrer dans Gaza. On a exprimé notre très grande surprise que du soutien humanitaire venant de la France soit ainsi bloqué.

Voilàquels étaient les deux éléments qui ont été abordés lors de l’entretien avec l’ambassadeur d’Israë l : l’incident de mercredi et les difficultés que nous avons rencontrées pour l’acheminement d’une partie du matériel humanitaire, un volume important ayant toutefois pu être acheminé. On ne s’explique toujours pas pourquoi cette station de potabilisation d’eau n’a pas pu entrer dans Gaza.

(Cela devait passer dimanche ?)

Elle n’est pas passée dimanche et nous avons décidé de la rapatrier.

(Les Israéliens vous ont donné quelle explication ?)

On n’a pas compris les raisons mais la station n’a pas pu entrer et donc il a fallu en tirer les conséquences. C’est ce que nous avons fait àgrand regret puisque cela nous paraissait utile pour les populations civiles et répondre àun besoin.

(Cette station a été bloquée du côté israélien ou du côté égyptien. S’il elle ne peut pas rentrer d’un côté elle pourra peut-être rentrer du côté égyptien ?)

Elle a été bloquée du côté israélien.

(Toute la décision que l’on peut prendre c’est de rapatrier la station. On ne fait pas de pression diplomatique, entre autre pour qu’Israë l accepte les résolutions de Nations unies, y compris celles concernant l’aide humanitaire devant rentrer àGaza ?)

Il me semble avoir été clair. C’est àregret et après avoir convoqué l’ambassadeur d’Israë l que nous avons pris cette décision. Vous savez que diplomatiquement et politiquement cela a du sens de convoquer un ambassadeur pour lui manifester notre surprise et notre mécontentement. Il y a par ailleurs eu de très nombreuses démarches de tout niveau pour essayer de faire parvenir cette station àGaza. On pensait que c’était utile et que ça correspondait àun besoin. Par ailleurs il y a d’autres acteurs et d’autres moyens qui sont mis àdisposition pour fournir de l’eau potable àGaza mais nous pensons que ce moyen-làétait utile et est utile.

(Quelle a été l’explication apporté par la partie israélienne sur le refus ?)

Il semble qu’il y ait plusieurs éléments techniques. Nous n’avons pas exactement compris quel était le sens de cette impossibilité de faire entrer cette station d’eau dans Gaza. C’est une des raisons pour laquelle nous avons signalé ce point àl’ambassadeur d’Israë l àParis.

(Qui a reçu l’ambassadeur ?)

Il a été reçu par le directeur géographique concerné.

(Selon les dernières informations quelques pays du Maghreb pourraient boycotter l’Union pour la Méditerranée suite au conflit àGaza, quelle est votre réaction ?)

Nous pensons que l’Union pour la Méditerranée doit aider la région et l’ensemble des peuples de la région. La volonté est que l’Europe continue àdévelopper cette relation fondée sur des projets concrets avec la rive sud de la Méditerranée parce que c’est bénéfique pour les populations de la région. Je ne suis pas sà»r qu’il y ait des menaces de boycott. Il est probable que, sans remettre en cause l’Union pour la Méditerranée, il y ait quelques interrogations que nous espérons simplement transitoires. Nous pensons que le seul chemin possible est le chemin du dialogue et de la paix. C’est pour ça que nous pensons qu’il faut que la sortie de crise aboutisse àune étape politique importante, une conférence, qui permette de redynamiser ce processus de paix pour aboutir àla création de deux Etats côte àcôte vivant en sécurité. Par ailleurs tout processus de coopération qui permet d’accroître les solidarités et les échanges dans la région comme l’Union pour la Méditerranée nous paraît particulièrement utile. On ne va donc pas renoncer àcette démarche.

(Est-ce qu’il y a eu des discussions officielles entre Paris et les capitales du Maghreb dernièrement ?)

Il y a des personnes chargées du suivi et de la mise en oeuvre de l’Union pour la Méditerranée dont la vocation principale est d’être bénéfique aux populations notamment par le développement économique.

(Est-ce qu’il y a une présence diplomatique française àGaza actuellement ?)

Il y en a de façon régulière puisque le consul général et son équipe était àGaza mercredi et qu’ils font régulièrement des allers-retours.
Il y a aussi le centre culturel.

(Est-ce que vous avez demandé àIsraë l des garanties absolues pour le personnel diplomatique lors de leurs déplacements àGaza. On ne peut pas voir des soldats qui tirent sur des diplomates ?)

Vous avez vu que nous avons exprimé notre mécontentement àla suite de l’incident de mardi dernier, mais ils n’ont pas tiré sur les diplomates. Nos déclarations ont été claires. Nous avons tenu àindiquer qu’on espérait que cela ne se reproduirait pas.