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La guerre des lâches.
Pierre Lefebvre - www.primo-europe.org
Article mis en ligne le 15 mars 2004

C’est bien ainsi que l’on décrit le terrorisme en mettant l’accent circonflexible sur le fait que c’est une guerre menée par des lâches.

Au vu des résultats électoraux en Espagne, on serait tenté de rajouter que c’est une guerre de lâches, remportée par des lâches mais aussi perdues par des lâches.

Il ne s’agit pas ici d’une question d’équilibre entre droite et gauche, ni d’un jugement sur le vote hispanique.

L’unanimité du personnel politique français reste, elle aussi, troublante. Pour Dominique de Villepin, les Espagnols ont « fait le choix de la vérité  ». François Hollande se réjouit de constater que les « Espagnols se sont vengés  ».

Pourquoi ? Est ce Aznar qui a posé les bombes dans les trains ? Le fait de faire participer son pays àune coalition doit-il expliquer àlui seul cette immonde tuerie ? Ceux qui l’on perpétrée auraient ils visés un autre état si l’Espagne n’avait pas été présente en Irak ? La participation àla chute d’un tyran sanguinaire doit elle nous mettre obligatoirement en danger ?

Jack Lang demande même aux Français de se prononcer de manière aussi massive en suivant l’exemple espagnol. La perte de dignité àce point confine au tragique.

Les lâches ont gagné, mais d’autres lâches ont perdu, et tout àleur joie, ils ne s’en aperçoivent pas encore. L’Espagne vient de donner carte blanche au terrorisme pour venir modifier les opinions politiques. Au mois de Juin, les militaires espagnols en poste en Irak, de retour àla maison, seront accueillis par une Espagne délirante de joie. Elle pensera ainsi être définitivement débarrassée de toute future action terroriste et pourra se consacrer, dans l’exaltation des étés madrilènes, àcontempler le taureau mourir sur un sable qui ne sera pas celui de l’Irak. On a les courages qu’on peut !

Encore une fois, peu importe le résultat des élections, que ce soit la droite ou la gauche, le centre, le milieu ou l’extrême. Il a suffi d’un drame effroyable pour faire rentrer l’Espagne dans le rang des moutons àtondre.

Mais il y a beaucoup de naïveté àpenser que cela stoppera la folie meurtrière des terroristes. La France, par l’intermédiaire de son inénarrable ministre des Affaires Etrangères parle du triomphe de la vérité, espérant sans doute récupérer quelques voix des espagnols issus de la gauche historique. Les remous s’arrêteront làet l’on retombera bien vite dans la torpeur pré-électorale en attendant les congés payés, le retour du soleil et les prochains mouvements sociaux.

La droite espagnole a perdu. La gauche aussi. Les seuls pleutres àavoir gagné sont ceux qui ont commandité ces attentats et qui sont en train de nous en mitonner d’autres, plus effrayants, qui ne frapperont pas seulement les pays qui ont participé àla coalition anti-Saddam.

Durant ce temps, Israel pleure encore ses victimes. L’opinion publique européenne ne profite même pas de cette tragique occasion pour tenter de comprendre le quotidien des citoyens de la seule démocratie du Proche Orient en butte àla haine et àla volonté d’anéantissement de quelques crétins pour qui tout « bon infidèle est un infidèle mort  ».

Les attentats de dimanche matin àAshdod ne feront pas recette dans nos journaux. Après tout, les Espagnols étaient innocents. Mais les Juifs, eux, sont forcément coupables et méritent donc cette perpétuelle punition des attentats. Ils sont même, àen croire Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, les principaux responsables des attentats de Madrid.

Allons, Mesdames et Messieurs les Israéliens, et vous, Juifs du monde entier, soyez sympas, disparaissez, que notre monde puisse vivre en paix et roter son fromage du soir devant le spectacle irréel de quelques crétins lobotomisés hurlant leur joie àla vue du voyage pour 2 personnes qu’ils viennent de gagner àl’émission « si j’avais des c……..  ».