Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a appelé samedi les Palestiniens à déclencher une nouvelle intifada contre Israë l et a évoqué une reprise des attentats suicide, dans un entretien à la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira. "Nous appelons à une intifada contre l’ennemi (Israë l, ndlr). La résistance va se poursuivre par des opérations suicide", a déclaré M. Mechaal qui vit en exil à Damas.
La communauté internationale exprime sa vive préoccupation devant l’escalade de violence qui meurtrit le bande de Gaza. Bon nombre de pays demandent l’arrêt immédiat des tirs dans un sens comme dans l’autre, découvrez leurs déclarations au bas de l’article.
Les raids ciblaient des points stratégiques pour un Hamas qui ne se doutait de rien
Le général Tawfik Jaber, chef de la police du Hamas, a été tué dans ces opérations qui ont tout particulièrement visé le quartier général de la police du Hamas dans la ville de Gaza, selon les sources palestiniennes. Selon la radio militaire israélienne, des infrastructures militaires du Hamas ont été particulièrement visées dans ces attaques.
Le porte-parole militaire Avi Benyahou a précisé que "l’aviation israélienne a visé samedi des camps d’entraînement militaire, des bureaux gouvernementaux, des arsenaux, et des centres de commandement relevant tous du Hamas terroriste". Selon lui, "le secret sur cette opération a été soigneusement maintenu et la surprise a été totale (...) La plupart des victimes sont des personnes en uniformes du Hamas".
Selon le porte-parole de la police de Gaza, Islam Shawan, plus d’une centaine de policiers figurent parmi les morts. Il a indiqué que, dans le nord de la bande de Gaza, un camp d’entrainement militaire du Hamas avait bien été entièrement détruit.
L’opération "ne fait que commencer"
L’opération lancée samedi contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza par l’armée de l’air israélienne "ne fait que commencer", a affirmé le porte-parole militaire Avi Benyahou à la radio militaire. "Ce n’est que le début d’une opération lancée après une décision du cabinet. Cela peut prendre du temps. Nous n’avons pas fixé de délai et nous agissons en fonction de la situation sur le terrain", a affirmé le porte-parole. Interrogé sur l’éventualité d’une opération terrestre, le porte-parole a répondu : "Tsahal dispose d’un large éventail de moyens auxquels elle aura recours si nécessaire".
Israë l estime que c’est la seule solution dont dispose le pays
La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a défendu ces raids aériens meurtriers sur Gaza : elle estime que la seule option dont dispose Israë l contre le Hamas est militaire. "Nous avons fait preuve de retenue jusqu’à présent. Aujourd’hui, il n’y a pas d’autres options qu’une opération militaire" contre le Hamas, a affirmé Mme Livni à des journalistes.
"Cette semaine seulement, une centaine de roquettes et d’obus de mortier ont été tirés contre des localités israéliennes, dont 80 au cours d’une seule journée", a ajouté la ministre et chef du parti de centre-droit Kadima au pouvoir. "Nous devons protéger nos civils d’attaques en ripostant militairement contre l’infrastructure terroriste à Gaza", a-t-elle dit alors que de nombreux pays ont appelé à un cessez-le-feu immédiat.
"Si des civils sont touchés, la responsabilité en revient au Hamas", a-t-elle martelé.
Le Hamas appelle à la vengeance
Dans un communiqué, le Hamas a appelé son bras armé, les brigades Ezzedine al-Kassam, à "mettre tous les moyens en oeuvre pour empêcher les sionistes de dormir". "Nous appelons toutes nos troupes à venger par la force les opérations de l’ennemi" israélien, a également lancé un porte-parole du Hamas dans un message diffusé par sa radio.
L’armée de l’air israélienne a procédé à cette attaque massive contre des installations du Hamas à Gaza à la suite d’une recrudescence des tirs de roquettes contre le sud d’Israë l après des mois de relative accalmie.
"Pour stopper les attaques terroristes du Hamas"
L’armée israélienne a confirmé avoir lancé samedi des attaques aériennes massives contre la bande de Gaza. "Notre aviation est intervenue massivement samedi contre les infrastructures du Hamas dans la bande de Gaza pour stopper les attaques terroristes de ces dernières semaines contre les agglomérations civiles israéliennes", a affirmé un porte-parole militaire. "Nous avons prévenu la population civile de la bande de Gaza de nos attaques, et le Hamas qui s’abrite au sein de cette population est le seul responsable de la situation", a-t-il ajouté.
Les réactions internationales vont plus ou moins dans le même sens
L’Union européenne a dit condamner les bombardements israéliens tout comme les tirs de roquettes en provenance de Gaza . Un avis partagé par Moscou qui a répété que la Russie déplorait ces opérations d’envergure qui, selon elle, devraient cesser incessamment.
Le président français, Nicolas Sarkozy demande l’arrêt immédiat des tirs. Il a dit condamner fermement les provocations irresponsables qui ont conduit à cette situation ainsi que l’usage disproportionné de la force.
En ce qui concerne l’Iran, la réaction diffère quelque peu. Le pays qui soutient le Hamas demande, lui, une action immédiate de la communauté internationale pour faire stopper les attaques israéliennes contre Gaza. Il demande une implication directe des pays dans le conflit : prendre position contre les sionistes et soutenir les habitants de Gaza.
L’Iran veut que les Palestiniens soient soutenus
L’Iran a condamné les attaques israéliennes contre Gaza et le mouvement islamiste palestinien Hamas en appelant la communauté internationale à une action immédiate pour les arrêter, a rapporté l’agence Isna.
Le porte-parole des Affaires étrangères, Hassan Ghashgavi a demandé une "action urgente (...) du Conseil de sécurité et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et de tous les pays pour empêcher le régime sioniste de poursuivre ses crimes".
"Ces crimes (...) sont la preuve de l’attitude agressive du régime sioniste et résultent du silence de la communauté internationale face à l’encerclement injuste des habitants de Gaza", a ajouté M. Ghashgavi, en "condamnant" ces attaques.
L’Iran soutient le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et lui fournit une aide financière importante.
Téhéran ne reconnaît pas l’existence d’Israë l et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à plusieurs reprises ces dernières années qu’Israë l allait disparaître.