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La menace du Hamas de reprendre les attentats-suicides en Israë l
lepoint.fr (avec agence)
Article mis en ligne le 22 décembre 2008

Le Hamas et les autres groupes armés palestiniens de Gaza ont accepté lundi de cesser les tirs de roquettes contre Israë l pendant 24 heures àla demande de médiateurs égyptiens, a annoncé un responsable islamiste. Quelques heures plus tôt, le Hamas avait menacé de reprendre les attentats-suicides si Israë l se lançait dans une vaste opération àGaza pour stopper les tirs de roquettes répétés depuis la fin de la trêve.

Dans le même temps, Israë l préparait le terrain diplomatique en vue d’une offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza, tout en hésitant àse lancer dans une opération d’envergure aux conséquences incertaines.

"Nous ne resterons pas les bras croisés face àl’agression israélienne. Il est de notre droit en tant que peuple occupé de nous défendre et de combattre l’occupation par tous les moyens possibles, y compris les opérations suicides. La résistance par tous les moyens est un droit légitime face àl’occupation et la poursuite des agressions. Nous disposons de tous les moyens, y compris des opérations suicides", a affirmé Aymane Taha, un responsable du Hamas.

Le dernier attentat-suicide contre Israë l revendiqué par le Hamas remonte àjanvier 2005. La représentante d’Israë l aux Nations unies a averti le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de la détermination de l’État hébreu àréagir aux tirs de roquettes, a-t-on appris lundi de source diplomatique.

L’ambassadrice Gabriela Shalev a adressé une lettre àBan Ki-moon destinée àjustifier àl’avance les opérations que pourrait lancer l’armée israélienne dans la bande de Gaza, soumise àun blocus israélien. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, doit convoquer prochainement les ambassadeurs accrédités en Israë l et s’adresser par téléphone àses homologues. Dans une instruction aux représentations diplomatiques àl’étranger, elle a demandé d’expliquer qu’Israë l "n’hésitera pas àagir militairement s’il le faut", pour assurer la protection de ses habitants soumis àdes tirs de roquettes.

Fin de la trêve

Une trêve de six mois entre Israë l et le Hamas, négociée par Le Caire, avait pris fin vendredi. Depuis, les tirs de roquettes se sont multipliés alors que le gouvernement israélien se déclarait décidé àfrapper le Hamas, mais en se réservant le choix du moment et de l’ampleur de sa riposte. "Il faut que le monde comprenne que la situation dans le sud d’Israë l est intolérable pour des centaines de milliers de citoyens àportée des roquettes", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Yigal Palmor. "Ou bien la communauté internationale intervient, ou bien nous devrons agir par nous-mêmes", a souligné ce haut fonctionnaire.

Marqués par les déboires de la guerre au Liban de l’été 2006, les responsables israéliens craignent un retournement de l’opinion internationale si une opération faisait des victimes civiles palestiniennes. À ce propos, le général de réserve Amos Gilad, principal conseiller du ministre de la Défense israélien Ehoud Barak, a encore averti dimanche : "Si des femmes et des enfants sont tués, les instances internationales stopperont l’opération, qui sera un échec."

Soutenu par le Premier ministre démissionnaire Ehoud Olmert, Ehoud Barak a freiné jusqu’àprésent une offensive àvaste échelle, face aux pressions de l’opinion publique, relayées àl’approche des législatives du 10 février par l’opposition de droite et une large partie du gouvernement, qui exigent une action beaucoup plus énergique visant àéliminer le Hamas.

Le chef des travaillistes est passé àla contre-attaque lundi devant la fraction parlementaire de son parti, dénonçant "la logorrhée populiste de politiciens qui n’ont jamais vu de leur vie une guerre" . Selon des responsables de la Défense, Israë l a décidé de frappes ponctuelles àce stade, sans écarter des opérations plus importantes si nécessaire par la suite.