La LICRA condamne avec la plus grande fermeté la nouvelle résolution, parrainée par la Biélorussie, le Venezuela et l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique), adoptée hier par la commission des Droits de l’Homme de l’Assemblée générale de l’ONU appelant les Etats à empêcher, y compris par la loi, le « dénigrement des religions  ».
La LICRA ne cesse de rappeler que le droit au blasphème ou la caricature religieuse, visé par ce type de résolution, ne peut être amalgamé à une forme quelconque de racisme sauf à entrer en profonde contradiction avec le principe fondamental selon lequel les lois internationales protègent les individus et non les religions.
Après les résolutions de mars 2007 et de mars 2008 votées par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, au regard de la contribution apportée par l’OCI pour préparer la Conférence d’examen Durban, la LICRA se voit confirmée dans ses craintes d’un nouveau projet politico-religieux attentatoire aux principes de liberté de conscience et d’expression.
En ce sens, la LICRA adressera un courrier au Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, à la Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade, et à l’Ambassadeur pour les Droits de l’Homme François Zimeray, demandant à ces derniers une position plus ferme et offensive de la France face à cette tentative de criminalisation de la diffamation des religions, élargie au « dénigrement des religions  ». Cette nouvelle appellation, surprenante au plan sémantique, induit de fait une interprétation étendue de ce principe dans le cadre de poursuites éventuelles.
La LICRA s’interroge aujourd’hui sur l’opportunité de la présence des démocraties européennes à la Conférence d’examen de Durban, qui prend de manière évidente l’allure d’un prochain et nouveau procès de l’ensemble des valeurs de liberté, de tolérance et de respect de l’Autre que nous portons.