L’impact de l’élection du nouveau président américain sur le règlement du conflit au Proche-Orient a été au centre du débat avec le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, l’Egyptien Amr Moussa, ce mercredi à la commission des affaires étrangères du PE. Cette rencontre se déroulait dans le cadre de la semaine arabe organisée conjointement par le Parlement européen et la Ligue arabe.
"C’est le premier jour d’une nouvelle ère que nous appelons de nos vÅ“ux. Cette journée marque l’histoire avec l’élection de Barack Obama comme premier président noir des Etats-Unis", a déclaré le secrétaire général de l’organisation panarabe. Il a souligné que le message de changement, qui a été au centre de la campagne démocrate, a été "très fortement ressenti au Proche-Orient".
"C’est un changement de méthode dont nous avons besoin au Proche-Orient", a affirmé M. Moussa, critiquant l’attentisme de l’administration sortante "qui a attendu sept ans avant d’agir" pour tenter de régler le conflit israélo-palestinien. "Les Etats-Unis doivent jouer le rôle d’un médiateur honnête dans ce conflit, les médiateurs malhonnêtes ayant échoué", a-t-il déclaré, se félicitant que le Proche-Orient figure parmi les priorités du 44ème président américain.
"Nous avons besoin de l’engagement de l’Europe", a-t-il ajouté à propos du rôle à jouer par cette dernière, "et ce indépendamment de la position défendue par d’autres puissances".
Implantations dans les territoires occupés
"Nous avons besoin d’une intervention forte des Etats-Unis, le pays le plus puissant, pour mettre un terme aux implantations dans les territoires occupés", qui pourraient à terme devenir des annexions de fait de certaines parties", a encore ajouté le secrétaire général de la Ligue arabe.
"La voie de la normalisation avec Israë l est une route à double voie qui passe par une décision courageuse de mettre un terme aux implantations", a-t-il répondu à Tunne Kelam (PPE-DE, ET) qui l’interrogeait sur la reconnaissance d’Israë l par le Hamas.
"Le droit d’Israë l à exister est très clair", a ajouté M. Moussa, qui a estimé que l’initiative de paix de la Ligue arabe recherche une solution pacifique sur la base de la reconnaissance. "Nous avons dépassé le débat sur le droit d’Israë l à exister", a-t-il précisé..
Interrogé par Véronique de Keyser (PSE, BE) sur les pourparlers visant à réconcilier les différentes factions palestiniennes, prévus le 9 novembre au Caire, M. Moussa a jugé que "la situation actuelle n’est pas acceptable. Les Palestiniens défendent une cause, mais en se battant entre eux ils scient la branche sur laquelle ils sont assis".
Union pour la Méditerranée
En réponse à une question de David Hammerstein (Verts/ALE, ES) sur l’Union pour la Méditerranée, M. Moussa s’est félicité que la Ligue arabe puisse à l’avenir participer "à tous les niveaux" à cette Union, comme l’ont décidé les ministres des 43 pays au sommet qui s’est conclu hier à Marseille.
La Ligue arabe qui regroupe 22 membres du Maghreb, du Mashrek et de la région du Golfe arabo-persique est coorganisatrice de la semaine arabe qui se déroule en ce moment au Parlement européen.