Ça commence par un long-plan séquence : une main tourne le bouton d’un autoradio tandis que l’habitacle de la voiture se sature des notes de La Symphonie n° 7 de Beethoven.
On rapporte qu’à la fin de l’œuvre au célèbre Andante qu’il venait de diriger, Gustave Mahler s’exclama : « Quand j’en ai terminé avec le final, j’ai l’impression d’être un écolier qui a été puni bien qu’il n’ait rien fait de mal ».Dans sa voiture, le conducteur pensait-il, à cet instant précis, à ceux dont la seule faute avait été d’être juifs ?
La caméra qui remonte fait apparaître le visage de Claude Lanzmann, le regard fixé sur un horizon brumeux.
Guillaume Ribot dans les yeux de Claude Lanzmann
GHIS KORMAN
Article mis en ligne le 18 novembre 2025