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Transfert de technologie nucléaire : des entreprises sanctionnées par les USA
Romandie - AFP
Article mis en ligne le 26 octobre 2008

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions àdes entreprises de plusieurs pays, dont la Chine, la Russie et le Venezuela, accusées de violer son interdiction de vendre des technologies susceptibles d’aider l’Iran, la Syrie ou la Corée du Nord àmettre au point des systèmes d’armement sensibles. Le département d’Etat a annoncé vendredi que 13 entreprises étrangères étaient "engagées dans des activités entraînant l’imposition de mesures" dans le cadre de la loi américaine de non prolifération s’appliquant àl’Iran, la Corée du Nord et la Syrie.

Ces sanctions visent les entreprises dont le commerce avec ces pays peut "potentiellement contribuer matériellement àla fabrication d’armes de destruction massive ou de systèmes de missiles de croisière ou balistiques".

Le département d’Etat ne donne pas de précision sur les liens entre ces entreprises, les matériels visés et les pays destinataires.

"Je ne peux pas décrire plus en détail les activités de ces entités et individus ni les articles transférés parce que ce sont des informations sensibles", a indiqué un porte-parole du département d’Etat, Gordon Duguid.

Les entreprises sanctionnées sont la russe Rosoboronexport, les chinoises China Xinshidai Company, China Shipbuilding and Offshore International Corporation, Huazhong CNC, ainsi que le Corps des Gardiens de la Révolution iranien (IRGC), Korea Mining Development et Korea Taesong Trading (Corée du Nord) et Yolin/Yullin Tech (Corée du Sud).

Les sanctions visent également deux entreprises soudanaises, Sudan Master Technology et Sudan Technical Center Co., ainsi que le bureau syrien d’approvisionnement de l’Armée, R and M International FZCO (Emirats arabes unis) et Cavim, l’industrie militaire d’Etat du Venezuela.

Washington a déjàou est en train de contacter les autorités chinoises, russes, sud-coréennes, soudanaises, vénézuéliennes et émiraties pour les informer de ces sanctions, a indiqué M. Duguid.

L’administration américaine n’a pas l’intention de contacter les gouvernements iranien, nord-coréen, syrien et soudanais, a ajouté le porte-parole.

Ces sanctions, entrées en vigueur jeudi pour une durée de deux ans, paraissent cependant relativement limitées, selon le document qui précise qu’aucune agence gouvernementale ne pourra passer de contrat avec ces entreprises, ni leur fournir une assistance ou leur vendre des équipements militaires.

Premier exportateur mondial d’armement, les Etats-Unis entretiennent vraisemblablement des liens limités avec ces entreprises.

La Russie a néanmoins protesté vigoureusement contre ces sanctions, prévenant qu’elles auraient un impact "négatif" sur les discussions entre les Six grandes puissances sur le programme nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité —Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie— et l’Allemagne).

"Nous ne pensons pas qu’il ait une quelconque implication pour les 5+1", a déclaré àl’AFP un autre porte-parole du département d’Etat, Robert Wood. "Les parties restent attachées àleur double stratégie pour parvenir àce que l’Iran respecte ses obligations internationales".

Dans un communiqué publié vendredi soir, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que les sanctions prises contre la société d’exportation d’armes russe Rosoboronexport sont "un acte inamical qui ne peut pas ne pas avoir de conséquences négatives sur notre dialogue avec Washington, en particulier dans les discussions des Six qui cherchent àrégler par la voie diplomatique le problème du nucléaire iranien".