Au terme d’une procédure judiciaire de près de cinq ans, les autorités militaires israéliennes ont fait savoir à la Cour suprême que la clôture de séparation construite autour des villages palestiniens de Jayyus et de Falameh, dans le nord de la Cisjordanie, serait démolie et reconstruite plus à l’ouest. Ainsi, écrit le Haaretz, seront restitués aux deux villages 260 des 300 hectares de terres qui étaient passés de l’autre côté de la clôture.
La section en question, longue de 2 400 mètres, a été construite en 2003. Un recours avait alors été engagé contre la construction de la clôture par l’Association pour la protection des droits du citoyen, au motif que les villages de Jayyus et de Falameh se trouvaient ainsi séparés de leurs terres agricoles. A présent, une nouvelle clôture, de 4 900 mètres, sera construite plus à l’ouest pour un coà »t supérieur à 50 millions de shekels (9 millions d’euros).
Selon le journal, cette décision des autorités militaires découle notamment de la position du chef d’état-major, Gaby Ashkenazi. Lors de son entrée en fonction, celui-ci avait déclaré que Tsahal n’avait pas à intervenir dans le tracé de la clôture et laisser ce genre de décision à l’échelon politique. Le général Ashkenazi avait en effet découvert que le tracé n’était pas motivé par de véritables raisons de sécurité mais pour permettre la construction d’un nouveau quartier de la colonie de Tzofin, située à proximité. Depuis, à l’exception des officiers impliqués dans sa construction, le commandement militaire n’intervient pratiquement plus dans le tracé de la clôture.
Ces dernières années, écrit le journal, les habitants des villages palestiniens proches de la clôture ont remporté plusieurs batailles juridiques contre le gouvernement israélien, le contraignant à déplacer la clôture vers l’ouest.
Diplomatie
Ehud Barak à Washington
Le ministre de la Défense, Ehud Barak, doit entamer aujourd’hui une visite aux Etats-Unis qui a été définie comme étant d’une «  grande importance stratégique  ». M Barak, écrit le Yediot Aharonot, essaiera notamment de convaincre les responsables américains de ne pas écarter l’option militaire face à l’Iran. Il s’entretiendra avec le vice-président Dick Cheney, le chef du Conseil pour le sécurité nationale, Elliott Abrams, et le ministre de la Défense, Robert Gates.
Selon le Haaretz, le ministre israélien de la Défense étudiera la possibilité d’acheter aux Américains des systèmes de défense Phalanx, destinés à intercepter des obus de mortier et des roquettes de courte portée, afin de protéger les localités autour de la bande de Gaza. Au ministère de la Défense certains mettent en cause l’efficacité du système américain et estiment qu’Israë l doit se consacrer au développement du système «  Dôme de fer  » qui devrait être opérationnel vers 2011.
Le Maariv ajoute que la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le ministre des Transports, Shaul Mofaz, qui est chargé du dialogue stratégique avec les Etats-Unis, se rendront eux aussi à Washington cette semaine
Point de presse du 28 juillet 2008 / séparation en Cisjordanie
LE PORTE-PAROLE ADJOINT DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES A FAIT LES DECLARATIONS ET REPONDU AUX QUESTIONS SUIVANTES : PROCHE-ORIENT
(Le ministère israélien de la Défense s’est engagé à modifier un nouveau tronçon de la barrière de séparation en Cisjordanie pour redonner à des agriculteurs palestiniens l’accès à leurs terres. Quelle est votre réaction à cette décision et quelle est aujourd’hui la position française au sujet du mur ?)
Nous avons pris note de cette décision du ministère israélien de la Défense. La position française concernant la barrière de séparation est claire : Israë l a le droit de se défendre contre le terrorisme. Ce qui est en cause, ce n’est donc pas l’existence d’une barrière de séparation mais le tracé de cette barrière. La Cour internationale de Justice a rendu un avis sur le sujet en 2004. Nous considérons que cette barrière ne doit pas empiéter sur les Territoires palestiniens et qu’elle ne doit pas préjuger du règlement final.’’
(Confirmez-vous les efforts de médiation de la France pour parvenir à une réconciliation entre Fatah et Hamas ? La France joue-t-elle un rôle particulier pour obtenir une trêve entre Israë l et le Hamas ?)
’’La France ne mène pas de médiation entre le Fatah et le Hamas, ni entre Israë l et le Hamas. Nous sommes cependant extrêmement préoccupés par les affrontements violents qui se sont déroulés ces dernières heures dans la bande de Gaza. Dans l’intérêt de la population palestinienne, l’ensemble des parties doit s’abstenir de tout geste susceptible d’alimenter les tensions. Il faut donc que cessent les violences.
Nous réitérons notre plein soutien à la démarche de paix du Président Abbas et à ses efforts en vue de la reprise d’un dialogue interpalestinien, ainsi qu’au travail mené par l’Egypte pour favoriser une solution pacifique. Nous réaffirmons à cet égard l’importance du plein respect par le Hamas des principes qui guident le processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence.’’