Plus de vingt cinq ans ont passé depuis la dernière fois qu’un président français, en l’occurence François Mitterrand, s’est exprimé devant le parlement israélien, où Nicolas Sarkozy a appelé, lundi, au compromis et à la réconciliation entre l’Etat juif et les Palestiniens. Le président français, Nicolas Sarkozy, a prononcé lundi un discours à la Knesset, visant tout d’abord à « renouveler » l’alliance franco-israélienne.
Il a notamment qualifié l’Etat hébreu de démocratie exemplaire, et exprimé son « admiration » pour les « figures d’exception » qui sont à l’origine de sa renaissance.
Selon lui néanmoins, la création de cet Etat ne constitue pas seulement « l’expression d’une nostalgie », mais permet de garantir aux juifs qui choisissent d’y vivre qu’ils ne seront plus jamais obligés de « porter une étoile jaune ».
Abordant les questions sécuritaires et, plus précisément, le péril nucléaire iranien, Sarkozy a affirmé que « le peuple français se tiendra aux côtés d’Israë l si sa sécurité est menacée » : « Nul ne peut accepter d’entendre dire que l’Etat juif doit être rayé de la carte », a-t-il encore déclaré, par allusion aux récents propos de son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, selon lequel « la destruction d’Israë l n’est plus qu’une question de temps », avant d’ajouter que « ceux qui appellent à éliminer Israë l verront toujours la France leur barrer la route ».
Enfin, concernant le difficile processus diplomatique en cours entre l’Etat hébreu et l’Autorité palestinienne, le chef de l’Etat français a tout d’abord insisté sur « l’amitié » qui unit son pays au peuple palestinien, lequel ne peut toutefois jouir, selon lui, de ses droits historiques en refusant simultanément le droit à l’existence d’Israë l : « Il faut que la paix arrive, parce qu’il y a eu trop de souffrance, trop de douleur, trop de morts. Il ne peut y avoir d’issue que dans le respect de l’autre et la compréhension  », a-t-il estimé, tout en précisant que les Palestiniens doivent « combattre le terrorisme », qu’Israë l doit geler « la construction en Cisjordanie », et que Jérusalem doit devenir la capitale des deux Etats.
S’adressant aux Israéliens, Nicolas Sarkozy a tenu à conclure sur cet engagement : « La France ne vous abandonnera pas », avant de prononcer le traditionnel « Vive la France », suivi d’un vibrant « Vive Israë l », et de ses vÅ“ux de paix pour tous les peuples de la région.
Diplomatie
"La construction dans les territoires n’est pas bénéfique à Israel"
C’est ce qu’a affirmé dimanche soir Nicolas Sarkozy, qui a également assuré que la meilleure garantie de paix dans la région consistait en la création d’un Etat palestien aux cotés d’Israë l.
Le président français a par ailleurs ajouté que son pays était prêt à aider l’Etat hébreu diplomatiquement, économiquement et même militairement.
Israë l-Hezbollah : l’accord remis en question

Selon des sources « proches du gouvernement » citées lundi matin par la presse israélienne, le Premier ministre, Ehud Olmert, « songe » à annuler l’accord visant à permettre un échange de prisonniers entre l’Etat hébreu et le Hezbollah.
Plusieurs raisons motivent ce changement d’orientation diplomatique : d’abord, l’absence de toute information concernant le pilote Ron Arad, capturé au Liban en 1986, et dont Israë l exige de connaître le sort ; ensuite, l’opposition déclarée, d’une partie de l’appareil sécuritaire, à relâcher des « terroristes vivants », parmi lesquels Samir Qountar, auteur du massacre de Naharya, en 1979, en contrepartie de « soldats morts », étant donné que la milice pro-iranienne de Hassan Nassrallah refuse de transmettre le moindre « signe de vie » des deux militaires de Tsahal enlevés en 2006 ; enfin, le refus catégorique du gouvernement israélien d’inclure des « centaines de prisonniers palestiniens » dans le cadre d’un éventuel arrangement avec l’organisation chiite.
Olmert au Caire
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, doit effectuer mardi une visite au Caire afin de tenter de faire progresser la conclusion d’un accord avec le Hamas, par le biais de médiateurs égyptiens, visant à permettre le retour du militaire enlevé Guilad Shalit en échange de la libération de prisonniers palestiniens.
Selon un haut responsable de l’organisation islamiste, dont A Sharq Al Awsat, le journal arabe publié à Londres, citait lundi les déclarations, « les deux parties sont tombées d’accord pour négocier intensément, durant les deux prochaines semaines, afin de trouver un dénouement au dossier Shalit, lequel sera libéré en contrepartie de mille détenus palestiniens ».
Sécurité
Hamas : "Nous respecterons le cessez-le-feu"
Le ministre palestinien de l’Intérieur du gouvernement Hamas établi dans la bande de Gaza, Saïd Siam, a déclaré « officiellement », lundi après-midi, que son organisation s’engage à mettre un terme aux tirs de roquettes Qassam et d’obus de mortier vers le sud du territoire israélien. Il a par ailleurs précisé que le mouvement islamiste « prendra ses distances » vis-à -vis des groupes palestiniens qui n’observeront pas la trêve conclue avec l’Etat hébreu.
Politique
Les parlementaires arabes contre Nethanyahu
Plusieurs députés arabes israéliens, parmi lesquels Mohammed Barake (Hadash, d’inspiration communiste) et Ahmed Tibi (Raam/Taal), ont interrompu par des cris le discours prononcé à la Knesset, lundi, par le leader de l’opposition, Benjamin Néthanyahu, qui a notamment comparé « le fondamentalisme islamique d’aujourd’hui au nazisme ». Les parlementaires ont qualifié ces propos de « racistes et honteux », et assimilé les déclarations du chef du Likoud à « une forme de Shoah ».
Judaïsme
Gilles Bernheim, nouveau grand rabbin de France
A l’issue des élections ce dimanche, où votaient 300 responsables communautaires, Gilles Bernheim a été élu, par 184 voix contre 93, pour succéder au Grand Rabbin Joseph Haim Sitruk qui a dirigé la communauté juive française durant 21 ans. L’actuel rabbin de la grande synagogue de la rue de la Victoire entamera son septennat le 1er Janvier prochain.
Culture
Culture, polémique et intolérance
De nombreux hommes de lettres et penseurs égyptiens ont vivement dénoncé les propos du ministre de la Culture, Farouk Husseini, qui a récemment envisagé, au cours d’un entretien accordé au quotidien Yedioth Aharonoth, effectuer une visite en Israë l.
Dans un texte de protestation signé par certaines des figures majeures de la vie intellectuelle cairote, les déclarations de Husseini ont été qualifiées de « normalisation humiliante des relations avec l’ennemi israélien ». 
Plusieurs écrivains ont par ailleurs estimé qu’en se rendant en Israë l, le ministre remettra en question « vingt et un ans d’une politique de refus et de résistance des institutions égyptiennes face à l’invasion culturelle sioniste ». 
Enfin, les signataires ont considéré que « le fait même de s’être laissé interviewer par un journal israélien constitue déjà un rapprochement honteux avec l’ennemi ».
Monde arabo-musulman
Pas de trêve au nord du Liban
Selon une information diffusée par la chaîne arabe Al Jazeera, l’accord de cessez-le-feu conclu dimanche soir entre partisans et opposants du gouvernement libanais n’aura duré quelques heures. Les combats entre fractions rivales ont en effet repris, lundi matin, dans le nord du pays. Rappelons que la veille, quatre personnes ont été tuées, et des dizaines d’autres blessées, au cours des violents affrontements qui ont eu lieu à Tripoli.
Iran : "Nous ne craignons pas Israë l"
Evoquant les informations récemment diffusées aux Etats-Unis, selon lesquelles l’armée de l’air israélienne a lancé un vaste exercice de simulation d’une attaque contre le régime de Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi après-midi, au cours d’une conférence de presse, que l’Etat hébreu « ne représente pas une menace » pour son pays : « Ils n’ont pas les moyens de mettre en danger la superpuissance musulmane qu’est devenue la République islamique d’Iran », a-t-il notamment estimé.
Djihad contre la République "impie" d’Iran
Malgré la sévère censure exercée par le régime des mollahs, de nombreux sites Internet diffusent actuellement des informations faisant état d’une radicalisation des affrontements entre le pouvoir chiite de Téhéran, et la minorité sunnite, dont la branche militaire, Jund Allah, a revendiqué, la semaine dernière, l’enlèvement de seize policiers, et l’exécution, depuis lors, de plusieurs d’entre eux.
Mouvement sunnite radical prônant la lutte armée contre les « autorités impies » et « l’hérétique Ahmadinejad » qui est à leur tête, Jund Allah opère à partir des provinces de l’est. 
Il est notamment responsable de plusieurs assassinats de personnalités religieuses de premier plan, et a proclamé la Guerre sainte contre la majorité chiite. 
De leur côté, les Gardiens de la révolution traquent impitoyablement ceux qu’ils considèrent comme des « agents de l’Occident », qu’ils accusent notamment d’être « financés par Washington  », et plusieurs membres de Jund Allah ont été récemment condamnés à la pendaison. 
Le site Internet Iran-Resist a par ailleurs diffusé mardi les photos des cadavres de membres de l’organisation, sur lesquelles il apparaît clairement qu’ils ont été sauvagement torturés, avant d’être mis à mort.