Les Etats-Unis continuent de considérer le Hezbollah chiite libanais comme une organisation terroriste, a affirmé lundi à Beyrouth la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice. "Notre politique n’a pas changé", a répondu Mme Rice à une journaliste qui lui demandait si Washington considérait toujours le Hezbollah comme une organisation terorriste.
Elle s’exprimait à l’issue de sa rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, un des chefs de file de l’opposition.
"Il revient au Liban de choisir la composition de leur gouvernement", a-t-elle ajouté lorsqu’elle a été priée de dire si son pays acceptait la participation de membres du Hezbollah dans le futur gouvernement d’union nationale, en cours de formation.
Mme Rice avait estimé le 22 mai que le Hezbollah était sorti affaibli des combats qui avaient eu lieu début mai.
"Le Hezbollah a perdu une chose très importante : l’argument selon lequel il serait une force de résistance qui défendrait le peuple libanais", avait-t-elle dit.
Grâce à l’accord interlibanais signé le 21 mai à Doha, le Hezbollah a obtenu une minorité de blocage au gouvernement, ce qu’il réclamait depuis environ deux ans.
L’accord a mis fin à 18 mois de crise entre la majorité antisyrienne, soutenue par l’Occident et l’Arabie saoudite, et l’opposition, menée par le Hezbollah et appuyée par l’Iran et la Syrie.
Cette crise avait dégénéré le 7 mai en affrontements qui avaient fait 65 morts en une semaine. La milice chiite était parvenue à prendre le contrôle du secteur ouest de Beyrouth, fief des sunnites, qui soutiennent le gouvernement.
La majorité avait alors accusé le Hezbollah, seule milice à avoir gardé ses armes après la fin de la guerre civile (1975-90), d’avoir retourné ses armes contre le peuple libanais.