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Le droit d’ingérence est-il une idéologie périmée ou àgéométrie variable ? B.Kouchner ou les vÅ“ux pieux d’un humanitariste acharné.
Marc Brzustowsk
Article mis en ligne le 3 mars 2008

La diplomatie est souvent l’art consommé d’occuper le vide des crises politiques par toutes sortes de formules démonétisées et purement incantatoires. Le Président Sarkozy a fait très fort en nommant ce qu’il convient d’appeler -et il ne nous en voudra pas, en regard de dérapages occasionnels de Salon de l’Agriculture- une "Grande Gueule", orfèvre en la matière, maître d’Ë›uvre et plat de résistance au Quai d’Orsay.

Bernard Kouchner, Ministre des Affres Etrangères... ne s’est, ce matin, pas privé de nous asséner une leçon aussi moraliste que magistrale, faisant fi des données de contexte. Il déclarait ainsi, peu gêné par les questions de sécurité d’autrui :

..."dénoncer ’’l’acharnement’’ israélien dans la Bande de Gaza, prévenant qu’’ il n’y aura pas de solution militaire’’. Sur les ondes de France-Info, le ministre français des Affaires étrangères a ajouté : ’’Il faut de la sagesse et des pourparlers face au redoublement de violences inspirées par souvent le nationalisme, et des idéologies périmées’’. (Guysen.International.News)
M. Kouchner a estimé qu’ ’’il n’y a qu’une solution, c’est la reprise, l’achèvement des pourparlers, la paix avec la création d’un Etat palestinien’’, jugée ’’indispensable’’.

D’abord, il conviendrait de rappeler àson éminence du Quai que le stock de solutions "politiques", concernant Gaza, est plus que sérieusement entamé, puisqu’Israë l s’est offert le "luxe" de rétrocéder ce territoire, alors que personne ne le lui demandait, àune autorité politique appelée palestinienne. Et que cette malencontreuse "autorité" àvisée nationale "déjàpérimée" n’a guère pu en conserver la nue propriété au-delàde sa date de péremption d’une petite année.

D’autre part, l’envoi de "cadeaux propices àla négociation", tels que les missiles Grad de type Katyusha sur un territoire en paix, constitue un Casus Belli, une violation flagrante de tout accord préalable ou postérieur, une raison nécessaire mais suffisante pour apporter la réponse militaire imposée par l’autre partie.

Tertio, aucun traité international, àce jour, n’autorise la réquisition d’écoles primaires, d’immeubles d’habitation àusage civil, de femmes et d’enfants, comme point de départ ou/et boucliers humains pour parer aux mesures de rétorsions imposées àl’Etat d’en face, s’il compte bien resté "souverain" et maître chez lui.

Est-ce donc bien, le "nationalisme" qui est "périmé", ou, selon vous, cette idée même de Nation et de souveraineté qui est àbalayer au plus vite et àranger au musée de la préhistoire d’une humanité pacifiée façon Kouchner ? Car vous n’êtes làpas très utile àla population palestinienne de la laisser ainsi se déconsidérer comme prise en otage de facto d’un conflit qu’elle aurait contracté de poursuivre sans fin en s’aliénant "démocratiquement" àl’engeance des "Frères musulmans" dévoyés par leurs parrains de Damas et Téhéran et dont le programme politique était pourtant clair (quoique l’illettrisme et l’inculture soient courants parmi les peuples naturellement peu épris de "paix").

Si l’on reprend le fil des évènements : dès cette concession majeure autant que douloureuse, que fut l’abandon sans compensation (autre qu’encore plus de maux et de douleur) de Gaza àdes mains terroristes, l’usufruit en fut dilapidé par des foules "outragées" de tant de bonté imméritée, les serres saccagées, les synagogues incendiées, brà»lées, anéanties... Mais, àl’époque, Bernard Kouchner ayant sans doute l’esprit ailleurs, ne vit làaucun "acharnement" caractérisé : admettez, Monsieur le Ministre qu’il en faille un peu pour faire d’un petit paradis fleuri, réputé pour ses talents en matière d’irrigation dans les 12% qu’il disputait encore, ni plus ni moins qu’un désert. Ce territoire aussitôt re-commençait àgronder de nouvelles "revendications" ("mort àIsraë l" étant la plus affectueuse), accompagnées de qassams, histoire d’appuyer les doléances pour une nouvelle étape de "rétrocessions" de terres contre... (?) des pourparlers sans la moindre conscience ou reconnaissance de ce que déjàpréalablement acquis. Mais, pour parler de quoi exactement ? Puisqu’il n’y a plus de réserve foncière àdonner, àcet endroit, tout du moins... Alors.. le grand Ya Ka du Quai d’Orsay est arrivé. Ya Ka rétrocéder aussi la "Cis-Jordanie"-Judée-Samarie, ce qui calmerait grandement les doux gazouillis des Gazaouïs qui n’y vivent pas et n’en ont cure, autrement que pour y faire adopter les mêmes règles légitimes rédigées par les successeurs d’un prophète convulsif datant de 14 siècles avant votre ère post-moderne transnationale...

Ainsi, selon vous, l’usage du terrorisme àdes fins politiques, de façon àengranger de nouveaux bénéfices, devrait être internationalement promu, reconnu et chaudement récompensé par les chancelleries du Monde entier, condamnant, par contre, sans réserve "l’acharnement" àrester maître chez soi, àtout le moins vivant et moins menacé quotidiennement ?

Seulement voilà, ce n’est pas tout. Se sentant le vent d’Allah en poupe, le Hamas a, suite àce premier gain de terre contre rien moins que de nouveaux projectiles en tous genres, emporté des"élections-piège àcons" préconisées par le Département d’Etat afin de parvenir "plus rapidement" àl’instauration d’un "Etat Palestinien" indispensable. Ce faisant et de par la volonté du peuple, il affaiblissait seul, s’aidant des urnes et de la rue palestinienne, et sans nul besoin d’un coup de pouce israélien, le pouvoir contesté des "corrompus" de l’AP, dont Abbas est le parangon, mais nullement, rassurez-vous, le "parent pauvre" (puisqu’oncle Sam ne prête qu’aux riches). Non content de l’absence de "concessions politiques" de la part de Mazen-Abbas, tel que le contrôle des services sécuritaires, autorisant une prise plus complète du pouvoir par l’octroi de la "violence légitime", le Hamas s’est "démocratiquement" offert, en contrepartie, une "guerre civile". Ce qui, vous en conviendrez ou non, est àla négociation politique, àla gouvernance et àla diplomatie ce que le viol en série (ou "tournante") est au convolage amoureux.

Il semble donc, d’un point de vue historique, que les Palestiniens n’aient pas réussi àpourparler entre eux, peu s’en faut. Ni às’accorder sur un "achèvement" autre que celui de se balancer les uns les autres, pieds et poings liés, du haut d’immeubles de 15 étages, histoire de mettre "un point final" àdes discussions, tous comptes faits -qui font les bons frères ennemis-, assez "futiles". C’est qu’il y a un temps pour la palabre et un autre pour mettre "les choses au point", dans la mentalité des frères inconciliab(u)les du "parlement palestinien"... Cela, rappelez-vous (ou passez-le aux oubliettes, profits et pertes de la paix dans le monde) s’est traduit par une suite de liquidations physiques au sein des hôpitaux financés par le contribuable américain ou européen, ou àmême les ambulances rapatriant les blessés, de pères devant leurs enfants et leur épouse, membres du clan adverse : le plus souvent le malheureux candidat politique appartenant àla faction "Fatah".

Mais il ne me souvient pas, Mr Kouchner, avoir, àce moment-là, entendu parler du moindre "French Doctor" tel que vous pour venir au secours de la "démocratie en danger", séparer les belligérants, trouver les voies de la raison par la sagesse de la négociation, àGaza, et bientôt sur l’ensemble des "concessions israélo-palestiniennes"... Vous auriez même laissé faire, au nom de la non-ingérence dans les affaires intérieures, ou... comme s’il ne "s’agissait que" de hutus et de tutsis ?... et il n’y eut pas moins de morts et de blessés qu’il n’y en a aujourd’hui, lorsque le Hamas décide, de son propre chef souterrain, de bombarder la côte et de voir venir, comme seul horizon tactique, ambition politique, diplomatique et stratégique...

Où étiez-vous donc, Monsieur l’hyper-Ministre si médiatique, pour mériter vos galons de donneur de leçon, en cette époque pas si reculée de la barbarie inter-palestinienne, soit il n’y a guerre (guère, pardon) plus d’une année, non du temps de Samson ou de l’écriture cunéiforme ?

Depuis, il est vrai, le développement économique de la zone en question ne cesse de prendre de l’amplitude : la société anonyme productrice de "roquettes artisanales", dénommée Hamas Brothers and Iran-connection, a pu s’industrialiser quelque peu, car le gazaouï est besogneux, c’est bien connu. Des échanges culturels et scientifiques fructueux ont ainsi permis ànos ingénieux ingénieurs de se former et documenter un peu sur le plan technique auprès de la Maison-Mère (de toutes les batailles). Elle-même n’est-elle, d’ailleurs, pas aujourd’hui un peu plus avancée en matière balistique, spatiale et nucléaire, grâce aux nombreuses semaines et années de "pourparlers" réclamées àcorps et àcri par l’Union Européenne, multinationale dominant le marché commun de l’impuissance politique dans le bavardage tous azimuts ? Et c’est ainsi, pendant que Bruxelles baillait aux cornettes, que de simples "pétards mouillés" aléatoires tuant seulement au hasard, généralement des enfants ne leur ayant rien fait depuis leur espace de jeux, ont pu devenir un tant soit peu plus performants et être remplacés par une gamme new-look de missiles Grad made in Iran et son tyran, le très en verve Ahmadinedjad, l’éradicateur verbal. Et on n’arrête pas le progrès, ils tombent avec une bien meilleure précision sur les zones habitées d’Ashkelon, port stratégique de 120 000 habitants. Le but pacifique de ces ogives, comme un lapsus révélateur/annonciateur de futures autres toujours bien plus précises et meurtrières, fut toujours de remplacer l’Etat d’Israë l existant par un autre, "du Jourdain jusqu’àla mer", "côte àcôte", bord àbord, en quelque sorte.

Et nous y sommes, dans le port d’Ashkelon, où il y’a des marins qui pissent comme je pleure sur les "traités" faits pour être violés et sur les Nations infidèles àleurs "garanties" de frontières sà»res et reconnues aussi vite oubliées que le désarmement des "milices" qui aujourd’hui font "autorité" en matière de "négociation" par la force des bails honnêtes. Car c’est bien làla source de séparation des eaux entre le négociable et ce qui ne l’est plus ou pas, Mr le Ministre. Ou le terrorisme est un moyen légitime ou il ne l’est pas. Mais vous ne pourrez pas longtemps tenir ce double-langage, en tant que protecteur ou penché du côté des ennemis des démocraties.

De deux choses l’une, Monsieur le Ministre :

 ou vous concédez que l’affaiblissement par les urnes, puis par le meurtre politique des sbires d’Abbas, seul héritier, - d’ailleurs assez peu fiable-, de quelconques engagements réciproques, est un fait incontestable et le fruit d’un processus "démocratique" que votre propre démocratie est en passe de reconnaître. Que donc et par conséquence, les signatures obtenues via le processus d’Oslo sont "caduques" et que seules valent aujourd’hui celles qui accompagnent les contrats d’armes offertes bien généreusement par Téhéran. Que c’est donc avec les émissaires du terrorisme qu’il faut discuter : dans ce cas, il faudra bien s’accorder sur le "langage commun" qui doit être trouvé avec eux afin de tomber "d’accord" sur les "signes réciproques" àéchanger avec eux.

 Soit, seule prévaut "l’autorité" tenue par des engagements internationaux a une quelconque légitimité et il faudra donc attendre, pour-parler, qu’Abbas reconquiert le pouvoir àGaza, par les armes ou par les urnes. Ou évite de le perdre àRamallah. Mais rien n’est moins sà»r, si l’on suit la courbe de la sacro-sainte "vox populi" palestinienne qui plébiscite les "durs" et appellent les "modérés" àtenir des discours toujours plus offensifs s’ils veulent continuer de tenir la barre... A preuve le récent entretien d’Abbas àun journal jordanien dans lequel il revendique la paternité du Djihad global et la formation en couveuse du Hezbollah, enfant adultérin de l’OLP, pour annoncer que la voie de la lutte armée n’est que remise àplus tard... Ce qui nous promet de sacrées séances de pour-parlers...

Sur ce point, il semble, jamais en reste, qu’Abbas ait bien entendu et su saisir la fenêtre d’opportunité pour de nouveaux gains diplomatiques, -puisque délégitimé sur le plan politique et intérieur-, il se rattrape en s’accrochant àla casquette de diplomate co-rompu aux missions périlleuses que vous ne manquiez pas, ce matin-même, de lui tendre. Et le voilàreparti ànégocier une "truce", un trou d’air entre deux missiles, selon l’expression consacrée par nos amis Anglos-saxons... Qu’importe qu’il n’ait aucun pouvoir àet sur Gaza, le principal est qu’il se fasse remarqué et représenté par la petite lucarne médiatique, celle par laquelle se diffuse et s’obtient le privilège de vous connaître...

Voyez, Monsieur le Ministre, àquel point vous avez raison de déclarer que le "Nationalisme" palestinien est bien moribond, dépassé, sinon mort-né avant que d’éclore, alors même qu’il n’a pas encore, n’a jamais eu d’Union nationale sur laquelle appuyer la naissance d’un Etat, et non de deux, ou autant que de factions rivales. Mais qu’àcela ne tienne, "Monsieur bons offices", constatant que ses propres bureaux avaient été lessivés de ses propres fonctionnaires mal payés en retour, l’an passé, parviendra bien àramener son alter-ego, également, premier Ministre, Haniyeh àla "table de négociations". Qu’importe que celui-ci rejette cette perspective aussi bien àson endroit de président de l’AP qu’envers tout représentant de l’entité honnie àradier pour, enfin, parvenir à"la paix"...

Qu’importe que le kidnapping, le non-respect des conventions de Genève àl’égard des otages de guerre, soient ses arguments favoris. Que sa "paix" consonne, dans son idéologie "périmée", mais si répandue àla surface du globe, avec une Ouma judenrein/dhimmie.

Al-Azhar, porte-parole du Hamas, dans son défilé de "victoire" du présent 03 mars 2008, àlaquelle vous contribuez - en lui versant d’avance les prébendes politiques pouvant résulter d’une guerre psychologique alliée àla terreur répandue dans un rayonnement de 20 kms -, assure que ce n’est d’ailleurs plus au Hamas de proposer la moindre trêve, mais bien àcelui d’en face, Israë l qui s’est autorisée sauf votre permission àrépliquer pour se défendre, et par-làmême, ses enfants, ses citoyens. Ce par quoi vous convergez déjà, si selon vous, c’est au fort d’être sage et d’accepter toutes les conditions proposées par le plus faible. Ainsi tourne la terre, car, sachez-le désormais, Guilad Shalit ne reverra les siens que si Israë l met le genou àterre et se rend àla terreur que vous sacralisez en dénonçant le droit souverain des Etats-Nations.

A quel point, encore, "l’idéologie" du Fatah-OLP est bel et bien périmée, ayant suivi dans la tombe son père fondateur Abou Amar, alias Arafat, celui que l’on croyait "seul capable" de tenir la bride aux intégristes islamikazes. Raison pour laquelle prit naissance la "furie d’Oslo", chacun s’accordant àdire que seul le "pouvoir fort" d’un "Raïs" pouvant reconnaître l’adversaire de toujours, mettrait un terme au "conflit" . Si cette "idéologie nationaliste" ci-gît périmée, est aussi caduque que vous le dîtes, que reste t-il à"l’indispensable" Etat Palestinien pour se mettre en marche forcée, et se trouver une "solution" viable, àcommencer par et pour lui-même ? Sinon de verser dans la solution "post-étatique", post-nationale et post-moderne que vous lui proposez, dans le déni de l’autre ? A savoir l’anéantissement de toute vie quotidienne sécurisée par une armée nationale àdes frontières (rendues par votre déni de droit) "obsolètes" de l’Etat voisin, par l’adhésion pleine et entière au post-nationalisme djihadiste avec lequel vous entendez "discuter", vous entendre...

La solution militaire, je vous le concède (encore ?), Monsieur le pourparleur sans frontières, est la dernière et la pire lorsque toutes les autres ont été préalablement épuisées. Force est de constater que l’autonomie de Gaza n’a conduit àl’édification d’aucune espèce d’institution légale porteuse de vie pouvant avoir une très lointaine parentèle avec une ébauche de "démocratie", mais, àl’inverse, àla liquidation des uns par les autres, avides de faire régner leur notion de l’ordre islamique. Au contraire, le peu qui y subsistait encore a été razzié du fait de ces hordes financées et armées par la "République islamique d’Iran".

Les événements actuels résultent de l’élimination de 5 "ingénieurs" frais et moulus des "universités" téhéranaises du terrorisme, revenant de formation pour perpétrer un méga-attentat, de préférence sur une zone la plus paisible et peuplée possible, type Ashkelon. La seule "solution" pour les en dissuader fut de les renvoyer àleurs chères études en dégainant avant eux et dire àleurs émules d’y réfléchir àdeux fois. Valait-il mieux, comme vous le conseillez, les laisser nuire d’abord et pour-parler ensuite ? Les laisser dépasser ces concepts éculés de "nation" pour prétendre s’ingérer dans la vie des enfants du voisin, s’ébrouant sagement dans une cour d’école, dont vous vous seriez alors empressé de vous faire le fossoyeur éploré ?