De quoi ont réellement parlé le président égyptien Hosni Moubarak et le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak lors de leur rencontre à Sharm-el-Sheikh ? D’après le journal Al Bayan paraissant dans le golfe Persique, les deux hommes auraient notamment évoqué la question syrienne et Moubarak aurait alors proposé d’inviter dans son pays les délégués des deux pays pour des pourparlers. Moubarak aurait en outre transmis un message du président syrien Bachar al-Assad à son hôte Ehoud Barak.
L’Egypte, qui semblerait une fois de plus vouloir jouer les médiateurs, si l’on en croit Al Bayan, proposerait dans ce contexte qu’Israë l cède progressivement le plateau du Golan en échelonnant son retrait sur 10 à 15 ans. Elle suggèrerait également l’installation d’une zone tampon à la frontière entre les deux pays et le déploiement sur place d’une force multinationale composée notamment de soldats égyptiens et de patrouilles américaines et russes. Tout un programme !
Hosni Moubarak et Bachar al-Assad compteraient se rencontrer avant l’arrivée du président des Etats-Unis, attendu dans la région dans deux semaines. Moubarak aurait également l’intention de confier ses projets au président de la République française Nicolas Sarkozy, qu’il doit recevoir dans quelques jours, afin d’obtenir, par le biais de la France, le soutien du Conseil de sécurité de l’Onu.
Autre implication de l’Egypte : les déclarations, la semaine dernière, du chef de la diplomatie égyptienne Aboul Gheit. Ce dernier aurait annoncé la tenue à Moscou, au début de l’année 2008, d’une conférence internationale au cours de laquelle il devrait notamment être question du processus de paix entre Israë l et la Syrie. Aboul Gheit aurait alors prétendu, dans une interview accordée à la chaîne télévisée Al Arabiya, que "l’Egypte avait permis la participation de la Syrie à la rencontre d’Annapolis", en jouant les intermédiaires entre Washington et Damas.
Quant à Assad, il aurait déclaré, le 19 décembre dernier, lors d’un entretien avec le correspondant du journal autrichien Die Press, que "80 % des questions avaient été réglées entre Israë l et son pays à l’époque d’Itshak Rabin et que le reste pouvait facilement être complété en quelques semaines". Il aurait ajouté que son pays "respectait les résolutions de l’Onu, comprenant le retrait des territoires occupés par Israë l" et que "la restitution du plateau du Golan devait se faire en l’espace de six mois". Mais ce n’est pas tout : Assad aurait rappelé qu’il n’entrevoyait aucune paix possible "sans le Hamas, le Hezbollah et son grand allié, l’Iran".