C’est une anecdote célèbre, mais qu’il faut avoir à l’esprit quand on parle de la France : « Une nation capable de se diviser pour l’honneur d’un petit capitaine juif est une nation où il faut se rendre sans attendre  », disait son père lituanien au futur philosophe Emmanuel Levinas, avant la Seconde Guerre mondiale. Durant l’Affaire, l’Hexagone ne se déchire pas seulement sur la culpabilité ou l’innocence d’un gradé de l’armée, il se partage sur le plan des principes : d’un côté, ceux, nombreux à droite comme à gauche, qui déduisent la culpabilité de Dreyfus de son caractère juif ou bourgeois, de l’autre, ceux qui opposent l’exigence de justice et le respect des faits à toutes les passions nationalistes ou prolétariennes.
Une relation passionnelle pourrait peut-être convenir…
Tribune de Pascal Bruckner publiée dans le hors-série des Etudes du CRIF anniversaire des 70ans du CRIF
Article mis en ligne le 5 mars 2014