Un discours unique s’entend depuis de nombreuses années à l’approche des élections présidentielles dans les démocraties occidentales : le discours appelant au « changement  ». Il s’agit d’un mot magique, dont la seule invocation suffit à remplir les âmes. Moins peut-être les âmes simples, dont l’existence est aujourd’hui résiduelle, que les âmes formatées, qui sont légion. Les acteurs politiques supposent donc, en se présentant comme « les candidats du changement  », que la majorité des citoyens de leur nation aspire au « changement  ». Le désir de « changement  » irait donc de soi. L’invocation du mot « changement  » serait dotée d’une efficacité symbolique telle qu’elle rassemblerait les citoyens autour de son énonciateur.
Le culte du Changement, ou le degré zéro de la « religion du Progrès  »
Pierre-André Taguieff © Primo
Article mis en ligne le 11 janvier 2013