Évidemment un des héros blogueur de la Place Tahir, sorti des geôles égyptiennes qui se rend en Israë l, cela a de quoi étonner, séduire, enthousiasmer, même et réconforter par les temps qui courent, alors qu’Israë l est mis au banc de maint nation. Il lui aura fallu un énorme courage pour se rendre dans l’État hébreu. Il est, bien sà »r, vilipendé de toutes parts par des « frères  » arabes ...Pourtant l’enthousiasme suscité parmi les tenants de la paix retombe quelque peu à la lecture du compte tweeter du jeune Égyptien qui rend compte en direct de son voyage...
Un jeune homme atypique très courageux
Beau projet, soutenu par UN Watch, que celui de ce jeune Égyptien, blogueur devenu célèbre alors qu’il militait courageusement pour la liberté d’expression, d’abord sous Moubarak puis, Place Tahir au Caire, après le départ du Rais. Au lendemain de la démission d’Hosni Moubarak, Maikel Nabil Sanad avait le triste privilège de devenir le premier « prisonnier de conscience  » du « printemps égyptien  » car il fut arrêté par la police de Morsi et emprisonné en mars 2011 pour n’être libéré qu’en janvier 2012 dans le cadre d’une amnistie générale.
Lorsqu’il sortit de prison Maikel Nabil Sanad témoigna de ce qu’il avait subi à partir de 2010 pour son non-conformisme – son pacifisme et son refus de faire son service militaire, au départ - puis, pendant trois cent deux jours en prison, où il ne fut « pas traité en être humain  » et où il fit une grève de la faim de cent trente jours, relata-t-il sobrement devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, un témoignage publié par UN Watch
L’ancien ministre de la Justice canadien, aujourd’hui député libéral, Irwin Cotler, militant des droits de l’homme, ayant défendu Nathan Chtaransky ou Nelson Mandela, avait été parmi ceux qui avaient pris sa défense ardemment, mobilisant des députés canadiens de tous bords pour demander au gouvernement du Canada d’intervenir en sa faveur. Ce qu’il évoquait dans un entretien publié récemment dans ces colonnes
Maikel Nabil Sanad, un pro-israélien convaincu
Au chapitre du « non-conformisme  » de Maikel Nabil Sanad il y a certainement le fait qu’il rejette toute idée de faire disparaître Israë l de la région. Opinion osée dans le monde arabo-musulman...opinion qu’il est très courageux d’exprimer comme il l’a fait dans nombre d’interviews, comme celle accordée à Ynetnews.com en octobre dernier Une personnalité et des prises de position qui ont suscité l’admiration de beaucoup....
Qui ont suscité aussi, bien sà »r, l’animosité, voire la haine de beaucoup d’autres. Ce que l’on voit d’ailleurs sur son compte Tweeter où des Arabes le qualifient de malade mental ou l’accusent de se rendre en Israë l pour qu’on parle de lui. Un autre Arabe prévenant que des étudiants arabes vont manifester contre sa prise de parole prévue à l’Université Hébraïque de Jérusalem.
« Je visite Israë l....pour parler contre l’Israë l que je hais, l’Israë l de Netanyahou  »
Ceci étant, et même si on ne peut qu’admirer son courage, on ne peut que déplorer ce qu’il écrit sur son compte Tweeter #maikelinIsrael. A savoir « je visite l’Israë l que j’aime, « l’Israë l de Rabin  » et pour parler contre l’Israë l que je hais, « l’Israë l de Netanyahou  »  ».Ou encore « Je ne suis pas en Israë l pour soutenir le gouvernement de Netanyahou, je suis ici pour demander aux Israéliens de se débarrasser de Netanyahou  »...
Bien évidemment, Maikel Nabil Sanad est tout à fait libre d’aimer et de haïr qui il veut. Mais l’Israë l qu’il dit haïr c’est plus de la moitié du pays, ceux qui ont porté Benyamin Netanyahou au pouvoir et vont probablement le réélire. Peut-on accepter de telles paroles, même venant de lui ?
Des paroles on ne peut plus claires venant de ce véritable militant de la paix, auréolé de son indéniable courage lorsqu’il subissait violences et privation de liberté pour avoir milité pour la liberté d’expression. Un militant qui est un symbole et un exemple. Mais des paroles qui navrent...Car, haïr...et haïr la moitié d’un pays, d’une population, quand même...
Des paroles qui viennent en écho aux menaces d’Abbas à propos des élections israéliennes à venir
Des paroles qui viennent en écho aux avertissements de Mahmoud Abbas, qui, lui, incite à la haine et à la violence anti-israéliennes et antisémites en interne, copine avec le Hamas qui prône la destruction d’Israë l pure et simple, et menace aujourd’hui : si Benyamin Netanyahou est réélu lors des prochaines élections israéliennes, alors, fort du nouveau statut que vient d’accorder l’ONU à « la Palestine  », il prendra des mesures contre Israë l au niveau international et fera tout son possible pour qu’Israë l soit de plus en plus isolé Des responsables palestiniens se font d’ailleurs un plaisir d’énumérer la longue liste des mesures punitives envisagées... .
On a là une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un pays, une démocratie en l’occurrence et la seule de la région. Un état de fait qui, hélas, n’est pas près de changer au train où vont les choses...
Maikel Nabil Sanad, évidemment, n’a pas le pouvoir de menacer de représailles sur le plan international Israë l, si « l’Israë l qu’il haït  » l’emporte, mais il utilise tout son poids moral pour tenter de peser sur des élections ne le concernant pas. On ne peut que le déplorer amèrement et espérer qu’il ne sera pas récupéré lors de sa visite à Ramallah, prévue dans la foulée.. Reste à savoir ce qu’il dira lors de son discours à l’Université Hébraïque de dimanche.
