L’adjonction du parti Kadima au gouvernement offre une occasion unique d’établir un nouvel ordre en Israë l par le vote de lois indispensables impossibles à légiférer tant que les partis sectoriels ont une position dans la coalition leur permettant de barrer la route à toute atteinte à leurs prérogatives.
Nous examinerons deux lois urgentes, mais tout d’abord la position du peuple face aux partis.
1 – LE PEUPLE ET LES PARTIS : Est-ce une occasion de purifier la vie politique israélienne ? Comment cela ? Par la stabilité obtenue par la persuasion du peuple.
Cette stabilité du peuple israélien dépend d’opinions politiques déterminées :
– Comment un "Yaïr Lapid" peut-il recevoir douze mandats, suivant les enquêtes d’opinion récentes ? Un inconnu politique, sans aucune expérience, demain rentrera au parlement et… devra appendre son métier de A à Z ! Qui peut lui accorder sa voix sinon des votants déraisonnables qui essayent… ? Pourquoi ne s’intègre-t-il pas dans un parti existant ? Il combattrait au sein de ce parti pour ses idées.
Les exemples ne manquent pas : comment ose-t-il agir comme son Pére ? N’a-t-il pas vu son parti Shinouï s’effondrer et disparaître ?
Tsipi Livni viendra-t-elle le renforcer ? Elle confirmerait ainsi sa nullité politique ?
– Pourquoi tant de leaders fondent de petits partis sectoriels ou non et tant de gens votent pour ces partis qui passeront difficilement le seuil minimum de voix pour entrer à la Knesset, alors qu’au mieux ils obtiendront des résultats par chantage s’ils font partie du gouvernement ? Autrement ils restent sans aucune influence.
– Quand tout ces leaders comprendront-ils qu’ils doivent entrer dans de grands partis (et deux suffisent) et combattre pour leurs idées au sein des partis et non sur la base de l’espoir de faire du chantage ?
– Quand le peuple comprendra-t-il qu’il doit punir les petits partis en votant pour les partis dignes de recevoir ses voix et ainsi les faire disparaître ? Il obligera les leaders à se grouper dans les grands partis et ne pas se mettre en danger de rester en dehors de la Knesset.
– Comment le parti Kadima peut-il être soutenu, suivant les évaluations actuelles, par des centaines de milliers de votants pour avoir encore dix sept mandats ? Les gens oublient-ils la trahison de ses leaders passés du Likoud ou de l’Avoda au milieu de leur mandat ? Oublient-ils les malheurs apportés par ce parti : le désengagement, deux guerres (une ratée et l’autre inutile), des leaders corrompus,… Son nouveau président, Shaoul Mofaz, n’est-il pas au même niveau que Tsipi Livni ? A-t-il prouvé sa valeur dans ses interventions à la Knesset, et en tant que ministre de Charron et d’Olmert n’est-il pas solidaire de tous les malheurs précédents ?
– Qui peut nier que Biniamine Néthaniahou est un des meilleurs Premiers Ministres d’Israë l ? Des critiques sont toujours possibles, mais non celle qui consiste à lui attribuer la responsabilité du fait que les négociations de paix avec les Palestiniens sont au point mort. Qui ne comprend pas que ce gel des conversations est un argument imposé à Abou Mazen par la Ligue Arabe, et que lui comme Arafat lui est pleinement solidaire : l’exigence du gel de la construction dans les ’territoires’, née en 2009, n’est qu’un prétexte facile, en effet n’a-t-il pas eu lieu pendant dix mois sans aucun effet ? La politique de la Ligue arabe n’a pas changé depuis 1948 : détruire Israë l !
– Qui peut nier que parmi tous les candidats possibles aux responsabilités de Premier Ministre de loin Biniamine Néthaniahou est préférable ? Les sondages le confirment et pour cause ! Qui peut prétendre à ce poste ? Shaoul Mofaz, qui zigzague en politique sans s’émouvoir ? Yaïr Lapid, sans aucune expérience de député, ou Shéli Yéhimovitich qui n’a jamais occupé une fonction de Ministre ?
2 – LA LOI TAL : La loi Tal, concernant les dispenses du service militaire accordées aux Orthodoxes, s’effondre face aux attaques qui réclament une répartition des charges égales pour tous les Israéliens. En fait le problème n’est pas particulier aux Orthodoxes, il concerne tous les enfants d’Israë l. Ainsi au lieu de cette loi concernant un secteur particulier de la population, une loi générale devrait régler le problème du service des jeunes pour leur bien et en vue d’établir une certaine justice. Ainsi :
– On ne peut concevoir que tous les garçons des familles nombreuses orthodoxes veuillent se consacrer à l’étude de la Tora. Il suffit d’examiner les chemins suivis par des frères et sÅ“urs d’une même famille religieuse ou non. Les qualités de chacun créent sa personnalité et il n’y a aucune standardisation. Donc en imposant une seule direction à tous les garçons des familles orthodoxes, les parents en font pour la plupart des ratés. Il faut le leur faire comprendre et sauver ces garçons des griffes qui les asservissent.
– Symétriquement, des enfants, nés dans des familles éloignées de la religion, n’ont-ils pas quelquefois une âme qui l’exige ? Et peut-être ils la découvriront par hasard à l’occasion d’une rencontre, très tard, l’étudieront difficilement et la pratiqueront avec un sentiment d’avoir raté une partie de leur vie ou toute leur vie.
Comment limiter des situations inacceptables découlant du hasard, c’est-à -dire l’influence du milieu dans lequel les enfants sont nés ?
Les devoirs de l’Etat Juif d’Israë l envers ses enfants consistent à :
– ouvrir les portes de l’instruction à tous de façon qu’ils puissent choisir leur avenir,
– permettre à chaque jeune arrivé à l’âge de 14/16 ans de décider avec l’aide d’un spécialiste sur la base des résultats obtenus et ses propres goà »ts de la voie souhaitable. Le droit des parents de choisir les écoles de leur préférence pour leurs enfants jusqu’à un tel âge est pleinement maintenu.
Pour ce faire l’Etat doit :
– imposer dans chaque école et yechiva au moins deux heures d’étude journalière de matières religieuses et matières générales afin que tous soient éveillés sur l’histoire du Peuple Juif et sa religion et sur l’éventail des sciences (scientifiques, littéraires, langues,…). Dans les écoles non orthodoxes, les études religieuses seront confiées à des maîtres orthodoxes qui s’appliqueront à donner un enseignement destiné à éveiller des vocations et dans les yéchivotes les cours des matières non religieuses seront confiés à des diplômés religieux ou non. Pour tous, ces cours ne participeront-ils pas à réduire la violence des jeunes ?
– définir, chaque année suivant les besoins calculés plus 10%, le nombre de jeunes orthodoxes qui après l’âge de 14/16 ans se consacreront seulement aux études religieuses dans des yechivotes. Ils poursuivront leurs études dans la voie leur permettant d’occuper les fonctions nécessitées par la religion : rabbins, juges et avocats des tribunaux rabbiniques, mohels, hazans, maîtres et professeurs… Ils seront dispensés de tout service national.
– permettre à ceux qui ne seront pas parmi les ’élus’ de choisir leur spécialité : ils auront une demi journée d’études laïques et une demi journée d’études religieuses. Ils feront leur service militaire ou un service civil comme les autres citoyens.
– encourager les jeunes, nés dans les familles non orthodoxes, religieuses ou non, et se révélant doués et amoureux de ce qu’ils ignoraient, la religion. Ils pourront développer leurs connaissances religieuses dans des yechivotes et suivre les deux stades précédents comme tout autre jeune orthodoxe.
Le même processus sera suivi pour les Musulmans : un nombre bien défini de jeunes, se consacrant à la religion, sera dispensé de tout service.
Ceux définis ci-dessous seront privés de leur droit de vote ainsi que leur famille :
– ceux refusant de servir pour des raisons politiques,
– ceux qui ont acquis une spécialisation en dehors des yechivotes et refusent de service comme les autres jeunes,
– les jeunes Musulmans qui sont dispensés normalement du service militaire pour des raisons humanitaires et refusent le service civil.
De plus les catégories précédentes de jeunes ne pourront s’inscrire dans les facultés avant l’âge de 21 ans comme s’ils avaient servi.
Tout jeune revenant sur sa décision et demandant de servir retrouvera son droit de vote.
Pour les jeunes filles les règles suivantes définiront leur service :
– pour les jeunes filles juives, les règles en vigueur sont acceptables,
– pour les jeunes filles musulmanes, les règles précédentes seront applicables avec plus de souplesse.
Les objecteurs de conscience de tout bord pourront être dispensés du service militaire mais non du service civil. Ils auront à prouver leur qualité de pacifistes.
3 – LES ELECTIONS : la réforme du système électoral devrait permettre d’arriver par stade à deux partis s’affrontant aux élections. Ceci peut être obtenu par l’augmentation du minimum de voix pour qu’un parti soit représenté à la Knesset, par des élections régionales partielles au début… Par exemple, dans un premier stade, 40% des sièges seraient pourvus par ces dernières et le complément à la proportionnelle. Tous les candidats des partis sectoriels se disperseront peu à peu dans les grands partis suivant leurs idées politiques et ils se rejoindront dans les votes de lois sectorielles. Ils ne voteront plus suivant ce que fixe le parti ou le chef du parti même si sa décision contredit leurs convictions politiques.
David Bentata
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18-5-2012
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