« J’ai dédié cet ouvrage à mon petit fils qui n’est pas encore né. C’était en 1927. Depuis, mes deux fils sont tombés, Maurice dans la bataille en 1940 et Daniel à Paris sans avoir pu combattre : mon petit fils ne naîtra jamais. Mais d’autres naîtront, d’autres sont nés. Qu’eux soient mes petits enfants, et m’écoutent leur narrer, grand-père enfin, par leur postérité, comment Israë l ressuscite  » (Edmond Fleg, juillet 1945).
Edmond Fleg lu par Francis Huster : Pourquoi je suis juif…
Pourquoi je suis juif
« Je suis juif, parce que, né d’Israë l, et l’ayant perdu, je l’ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même.
Je suis juif, parce que, né d’Israë l, et l’ayant retrouvé, je veux qu’il vive après moi, plus vivant qu’en moi-même.
Je suis juif, parce que la foi d’Israë l n’exige de mon esprit aucune abdication.
Je suis juif, parce que la foi d’Israë l réclame de mon cœur toutes les abnégations.
Je suis juif, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le Juif pleure.
Je suis juif, parce qu’en tous temps où crie une désespérance, le Juif espère.
Je suis juif, parce que la parole d’Israë l est la plus ancienne et la plus nouvelle.
Je suis juif, parce que la promesse d’Israë l est la promesse universelle.
Je suis juif, parce que, pour Israë l, le monde n’est pas achevé : les hommes l’achèvent.
Je suis juif, parce que, pour Israë l, l’Homme n’est pas créé : les hommes le créent.
Je suis juif, parce qu’au-dessus des nations et d’Israë l, Israë l place l’Homme et son Unité.
Je suis juif, parce qu’au-dessus de l’Homme, image de la divine Unité, Israë l place l’Unité divine et sa divinité  ».