Une récente information diffusée par Proche-Orient.info, reprenant une dépêche de l’AFP, nous apprend que l’Office de boycottage d’Israë l se réunit à Damas afin de discuter de « l’infiltration de marchandises israéliennes en Irak  ».
A cette occasion, il sera question de mettre à jour la liste noire des sociétés internationales traitant avec Israë l, liste qui n’est, d’ailleurs plus, rendue public, à la différence de la pratique antérieure.
Cette manifestation d’activité de l’Office de boycottage d’Israë l, organisme qui dépend de la Ligue des Etats arabes, organisation intergouvernementale, est une preuve supplémentaire de la véritable dimension du conflit du Moyen-Orient.
Par delà le conflit israélo-palestinien, il s’agit, en réalité, d’un conflit israélo-arabe.
C’est d’ailleurs ce que s’insinue, selon la dépêche d’agence, le nouveau Commissaire général de cet organisme, qui souligne l’ « importance  » du rôle du boycottage d’Israë l dans le conflit israélo-arabe.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si une vingtaine de pays sont représentés à cette réunion, qui doit durer quatre jours, à l’exception de deux pays qui ont conclu un traité de paix avec Israë l (Egypte et Jordanie) et la Mauritanie, qui entretient, également, des relations diplomatiques avec Israë l.
La détérioration des relations entre Israë l et le monde arabe apparaît nettement, lorsque l’on constate qu’il y a quelques années, encore, certains Etats du Golfe, tel Oman, avaient décidé de ne plus boycotter Israë l.
Le boycottage d’Israë l se situe dans le combat à peine feutré que mènent certains Etats arabes - et le fait que l’Office oit installé à Damas n’est pas neutre - contre Israë l.
Ce n’est que par un artifice de présentation que ce même haut fonctionnaire arabe affirme que « le boycottage constitue un soutien principal à la lutte du peuple palestinien contre l’occupation israélienne et contre les actes de terrorisme d’Etat pratiqués par Israë l".
C’est un peu comme Oussama Ben Laden qui a « découvert  » la cause palestinienne, longtemps après avoir déclaré la guerre à l’Occident.
Certes, pratiquement, l’économie israélienne n’a jamais véritablement souffert des activités de l’Office de boycottage, créé en 1951, même s’agissant du boycottage indirect (qui vise des sociétés étrangères qui investissent en Israë l).
Mais, il n’en demeure pas moins que l’activisme, dont fait encore preuve la Ligue des Etats arabes montre que le combat d’Israë l pour sa reconnaissance à part entière sur l’échiquier international est loin d’être terminé.
* David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international