Dans son éditorial web du 23 septembre, le journal dit « de référence  » appuie la thèse du lobby juif sensé décider des élections présidentielles américaines. Il le fait en citant des confrères, comme s’il s’agissait de preuves, mais cette pirouette ne masque pas la prise de position.
Pire que le lobby juif affecté d’une puissance électorale quasi magique au regard du nombre modeste de juifs aux USA, il s’agit de généreux donateurs, juifs eux-mêmes donc, qui exerceraient leur chantage pro-sioniste. La phrase subtile de l’article est celle-ci : « En précampagne pour sa réélection, Barack Obama ne veut pas s’aliéner le vote juif, encore moins ses généreux donateurs, souligne Le Temps  ». On voit comment le rédacteur instrumentalise le texte d’un confrère en évitant d’y adhérer pleinement.
Voilà enfin le coupable : le juif riche, connu d’éternité, et qui mène la danse des pantins que sont les dirigeants de la première puissance du monde. Il suffit d’ailleurs de lire les commentaires des internautes pour comprendre que le texte du Monde redonne de la voix à tous les lecteurs des Protocoles des Sages de Sion. Si même le Monde, journal « de gauche  », reprend à son compte les basses oeuvres de la police tsariste, que peut-on craindre à manifester sa détestation de ce peuple fourbe et comploteur ?
Le déni est tellement puissant... L’idée qu’Obama ne puisse penser par lui-même en fonction d’autres critères que sa peur panique des ploutocrates levantins de Wall Street ne vient pas à l’esprit des pacifistes de gauche français. Non, il faut qu’Obama garde sa fraîcheur, sa gentillesse tournée vers l’autre, et qu’il ne soit qu’une victime. D’ailleurs, un noir peut-il être chose qu’une victime si un juif ne peut être autre chose qu’un financier véreux ?
Ce journal avait déjà appelé au dialogue avec le Hamas il y a peu, voilà qu’il appelle, à demi-mot, à résister à la finance juive. Jamais la bassesse n’avait à ce point inspiré les rédacteurs de ce journal.