Boker Tov amis auditeurs de Radio J, depuis quelques semaines les mouvements de protestation populaires se multiplient en Israë l, à l’initiative d’internautes en colère. Il y a un mois les réseaux sociaux exhortaient le consommateur israélien à boycotter le fromage blanc Cottage, aliment symbolique quasi emblématique des couches défavorisées. Puis a commencé la guerre des couches pour bébé et du lait en poudre.
Depuis quelques jours se développe en Israë l une vague de révolte contre la politique du gouvernement en matière de logement, avec l’établissement de villages de tentes dans les grandes villes du pays. Il est vrai que dans ce domaine la situation devient extrêmement difficile pour les étudiants, les jeunes couples et les familles nombreuses.
Alors que pour le fromage et les couches les fournisseurs ont immédiatement cédé à la pression populaire, en matière de logement tout le monde comprend qu’il n’existe pas de solution miracle rapide, car la loi du marché régit l’évolution des prix.
Pourtant l’Etat possède les moyens de rationaliser la situation en adoptant plusieurs mesures audacieuses qui seraient à même de ralentir la spéculation et de remédier à la rareté de l’offre d’appartements.
La première mesure serait de mettre à la disposition des entrepreneurs publics et privés des terres domaniales, contrôlées par ce que l’on appelle le Minhal Mekarkei Israë l ( L’autorité de gestion des terres) et d’accélérer les processus d’agrément de permis de construire.
La seconde mesure serait d’imposer aux municipalités israéliennes la construction de logements sociaux à loyer modéré pour les étudiants et les jeunes couples. Ces projets menés dans les trente premières années de l’existence de l’Etat d’Israë l ont disparu et il est temps de les remettre à jour, car aujourd’hui la durée moyenne d’acquisition d’un appartement, pour un couple dont les deux conjoints travaillent, a augmenté de plus de 30% depuis dix ans et dépassent en moyenne vingt ans.
Cet état de fait risque de placer de nombreuses familles face à une crise d’endettement insoluble pour elles, mais aussi pour les banques et en définitive pour l’Etat. Pour l’instant ces mouvements de protestation restent quelque peu anarchiques et n’ont pas été récupéré par les partis politiques de l’opposition.
Et c’est bien là le fond du problème, car on le sait il n’y a de politique sociale que s’il existe une forme de lutte sociale. Or aujourd’hui en Israë l, il n’y a ni gauche sociale, ni droite sociale. Et ce sont malheureusement les jeunes après trois ans de service militaire et les couches les plus démunies qui paient le prix de cette sectorialisation de la vie politique en Israë l.
Si nous voulons continuer à bien vivre dans ce pays où coulent le lait et le miel, n’oublions pas le fermier et l’apiculteur, la vache et l’abeille.