Boker tov amis auditeurs de radio J, en lisant l’autre jour en toute innocence mon journal israélien, j’ai voulu, comme beaucoup d’entre vous en savoir plus sur la fameuse affaire DSK. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je m’aperçus que le nom du procureur général était Cyrus Vance, fils de l’autre Cyrus Vance, bien connu en Israë l, à l’époque des accords de Camp David dans le gouvernement du plus anti-israélien des présidents Jeremy Carter.
Mais le plus incroyable c’est que lorsqu’on lit le nom de Cyrus Vance en hébreu, il s’écrit de la manière suivante samekh yod rech vav samekh puis vav alef nun samekh, que toute personne ne connaissant pas le procureur lirait sirous ve anass, ce qui signifie castration et violeur.
Ma passion compulsive pour la langue sacrée depuis de nombreuses années m’avait déjà enseignée que l’on trouve parfois des réponses dans les noms hébraïques et dans la numérologie des lettres, mais j’avoue que là j’étais interloqué et ne comprenais pas le message qu’Hachem m’envoyait à travers cet énoncé énigmatique.
Bon au premier degré, on pourrait croire qu’il veut nous dire que castrer un violeur possède une certaine logique ? Hachem sait ce qui s’est passé dans la suite du Sofitel de New-York, mais en ce qui me concerne je l’ignore totalement.
Au second degré, on pourrait aussi penser que la manière dont cette affaire est relatée dans la presse constitue un viol collectif et que nous devons peut-être castrer nos désirs de voyeurisme et nous débarrasser du fantasme bien français des amours ancillaires.
Et puis, comme dans toute histoire où l’imaginaire prend le pas sur la réalité, il y a la théorie du complot, la fameuse conspiration retournée contre les Juifs. Car le ci-devant candidat socialiste à l’élection présidentielle n’aurait-il pas confié à des journalistes que le judaïsme était un de ses trois points faibles. Je ne sais pas si DSK a formulé les choses de cette manière mais en tous cas c’est ainsi qu’elles ont été rapportées.
On peut se poser la question de l’opportunité d’avoir en France, à notre époque un président juif, qui n’a jamais renié ou caché ses origines, mais à mes yeux appartenir au peuple juif n’est pas un point faible. Au contraire c’est un point fort.
Alors que veut-on nous dire lorsqu’on parle en son nom de la judéité en la liant à son attirance pour les femmes et pour l’argent ? Les trois mythes classiques de l’antisémitisme, comme par hasard !
Encore une fois cela ne disculpe en rien l’accusé de son délit, si celui-ci est avéré, mais la lecture du nom du procureur en hébreu est un avertissement à ne pas lire ou interpréter les événements au premier degré.
En Israë l, l’ancien président de l’Etat d’Israë l a été condamné à 7 ans de prison pour divers crimes sexuels, mais au moins on n’a pas rappelé que le judaïsme était un autre de ses points faibles, au contraire on a souligné que cette appartenance aurait dà » lui servir de pilier moral à sa conduite d’homme.
Un dicton yiddish résume cela très bien «  Sois un mentsch, mon fils, pas un schmock !  »