Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a profité de son intervention devant la conférence annuelle du lobby pro-israélien AIPAC, hier à Washington, pour écarter les critiques sur son discours de la semaine dernière, dans lequel il avait affirmé que les négociations israélo-palestiniennes devraient avoir pour base les frontières de 1967 avec des échanges de territoires. M. Obama n’a rien dit hier de fondamentalement différent, mais cette fois-ci le Premier ministre Netanyahu s’est empressé d’exprimer son appréciation pour les propos du président américain.
S’exprimant devant une dizaine de milliers de militants du lobby, sans doute l’audience la plus pro-israélienne aux Etats-Unis, Obama ne s’est pas rétracté mais a réitéré le contenu de son « discours au monde arabe  », tout en y apportant quelques légères modifications et de petits ajouts. Malgré les craintes d’un accueil froid en raison du conflit avec Netanyahu, le président a été accueilli par les ovations de l’assistance.
« Je sais bien que mes propos sur les frontières et la sécurité ont fait polémique ces derniers jours  », a-t-il déclaré. « Cela ne m’a pas surpris. Il n’y a rien de plus facile pour un président qui prépare sa réélection que d’éviter les divergences, je le sais. Mais comme je l’ai dit au Premier ministre Netanyahu, je crois que la situation actuelle au Proche-Orient ne nous autorise plus à perdre du temps  ».
Revenant sur la question des frontières de l’Etat palestinien, M. Obama a affirmé que ses propos de jeudi dernier n’étaient pas novateurs puisque des présidents américains avant lui ont déjà fait des propositions semblables. Il a implicitement critiqué le Premier ministre Netanyahu, affirmant n’être « ni idéaliste ni naïf  ».
A la différence de son discours de jeudi, le président Obama a évoqué relativement longuement la notion d’« échanges de territoires  ». Dans ce contexte, il a employé certains termes qui figurent dans la lettre adressée par le président Bush au Premier ministre Sharon en 2004.
« J’aimerais éclaircir ce que j’entends par le terme de ‘lignes de 1967 avec des échanges de territoires’, a expliqué Barack Obama. « Par définition, cela veut dire que les parties elles-mêmes mèneront des négociations sur une frontière qui sera différente de celle du 4 juin 1967 (…) Cela leur permettra de tenir compte des changements qui ont eu lieu depuis quarante-quatre ans, de la nouvelle réalité démographique et de leurs besoins respectifs  ».
Une demi-heure après ce discours, le Premier ministre Netanyahu a publié un communiqué dont la teneur est à l’opposée de sa réaction dure et négative au discours d’Obama de la semaine dernière. « J’aimerais exprimer mon appréciation pour les propos du président Obama devant la conférence de l’AIPAC. Je partage sa volonté de promouvoir le processus de paix et j’apprécie ses efforts passés et actuels en vue de parvenir à cet objectif  ».
Dans l’entourage de M. Netanyahu on n’affirme pas que celui-ci adhère aux propos du président Obama, mais on a précise que la façon dont ce dernier a décrit les échanges de territoires et les frontières « est plus proche de la position israélienne que son discours de jeudi dernier  ». Les proches du Premier ministre ont ajouté que si celui-ci est satisfait, c’est aussi grâce à d’autres points évoqués par Obama. « Le président a qualifié le Hamas d’organisation terroriste ; il a parlé de la reconnaissance mutuelle entre Israë l, en tant qu’Etat juif, et l’Etat palestinien ; et il a précisé que rien ne sera imposé à Israë l  »./.