Boker Tov amis auditeurs de Radio J, la liquidation d’Oussama Ben Laden par les américains appellent plusieurs réflexions et posent de nombreuses interrogations. Il semble que la présence du chef terroriste sur le territoire pakistanais était avérée depuis un certain temps, et que l’opération a été rendue possible par un accord entre Islamabad et Washington, et on peut même supposer que les pakistanais ont de manière directe ou indirecte livré Ben Laden à Obama. Pourquoi ainsi et pourquoi maintenant ?
Il semble que les remous dans les pays arabo-musulmans aient convaincu les pakistanais que Ben Laden devenait un poids politique, dont la valeur symbolique s’érodait de jour en jour. En effet la méthode Ben Laden, si l’on peut utiliser cette expression, fondée sur la violence extrême, le terrorisme et l’extension du djihad aux pays arabes "insuffisamment" islamistes ne semblait plus correspondre aux mouvements internes qui secouent l’univers musulman. Le régime pakistanais avait tout à craindre en servant de bouclier protecteur à Ben Laden, sur le plan intérieur plus que sur le plan extérieur.
Secoué par les incertitudes des révolutions populaires, les effets de la disparition de Ben Laden seront minimes pour le Pakistan et les risques de vengeance ne le menacent pas autant que l’Occident. D’autant que dès l’annonce de sa mort, les dirigeants pakistanais ont immédiatement évoqué leur immense surprise, alors que Ben Laden vivait au cÅ“ur d’un quartier hautement surveillé et essentiellement habité par des militaires.
La proximité et l’intégration des membres d’Al Qaida dans les sociétés ne sont pas des faits nouveaux et l’on sait, par exemple, que, dans la bande de Gaza, il existe six villas semblables à celle dans laquelle vivait Ben Laden. Dans ces villas les terroristes d’Al Qaida et leurs amis du Hamas évoluent dans une relative impunité. Pourtant à chaque fois qu’Israë l a mis sur pied une opération de liquidation des chefs terroristes, le monde entier l’a condamnée.
Alors qu’aujourd’hui l’Autorité palestinienne signe un accord avec les partisans de Ben Laden, l’attitude des puissances occidentales est bien ambigüe. En effet, tout le monde comprend qu’Abou Mazen est prêt à s’associer avec ses pires ennemis pour montrer un front uni pendant les trois mois qui vont précéder la déclaration d’indépendance de la Palestine.
Alors pourquoi le quai d’Orsay et les chancelleries européennes se taisent-ils sur cette association avec un groupe terroriste qui refuse non seulement les principes du quartet sur le règlement du conflit au Proche-Orient, mais appelle à la destruction pure et simple d’Israë l ? Hypocrisie ou double langage, peu importe, en tous cas on comprend aujourd’hui que la prudence est de mise en Israë l, même si le président Obama risque de profiter de son regain de popularité pour remettre à nouveau la pression sur le gouvernement israélien.
Quelques jours avant le soixante-troisième anniversaire de l’Etat d’Israë l, je vous souhaite à tous Hag Atsmaout Sameakh