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Point de presse du porte-parole du Quai d’Orsay | SYRIE
Article mis en ligne le 2 mai 2011

Q - Où en êtes-vous sur la Syrie ?
R - Sur la Syrie, la position de la France se décline autour de plusieurs
principes. D’abord celui du refus et de la condamnation, et cela a été le
cas àplusieurs reprises au cours des derniers jours, àcommencer par des
prises de position de M. Alain Juppé. Refus et condamnation de l’usage de la
violence, et surtout, l’usage de la violence tel que nous avons pu
l’observer en Syrie au cours des derniers jours.

Deuxième point, dans de telles circonstances, il est important d’agir avec
en priorité et àl’esprit cette obligation de faire cesser immédiatement
ces violences. La France s’est mobilisée au cours des derniers jours. Nous
avons beaucoup travaillé au Conseil de sécurité il y a deux jours pour
qu’une déclaration du Conseil de sécurité soit adoptée sur les
événements en Syrie, la répression en Syrie, l’escalade de la violence en
Syrie. Il n’y a pas eu accord au sein du Conseil de sécurité. Nous le
regrettons, mais cela ne va pas nous empêcher de poursuivre nos efforts.
Voilàpour ce qui concerne New York.

Aujourd’hui c’est Genève et Bruxelles.

A Bruxelles, le comité politique et de sécurité de l’Union européenne se
réunit actuellement. Je vous renvoie àla déclaration d’Alain Juppé
mercredi soir àl’occasion de laquelle il a parlé de l’effort de la
France pour qu’au haut niveau européen des sanctions soient adoptées. Le
mécanisme européen démarre aujourd’hui précisément au COPS, le Comité
politique et de Sécurité de l’Union européenne. Les choses se mettent en
marche avec pour objectif l’adoption de sanctions. On verra dans la journée
les premiers résultats de ces travaux, étant entendu qu’on est au début
d’un processus de prise de décision européenne.

Et puis il y a Genève où se trouve le Conseil des droits de l’Homme des
Nations unies. Il se réunit aujourd’hui, je le souligne, en session
spéciale. Nous avons trois objectifs. Le premier, une condamnation des
violences. Le deuxième, une commission d’enquête sur ce qui s’est passé
en Syrie au cours des dernières semaines, et surtout des derniers jours, où
la répression s’est intensifiée.

Troisièmement, car c’est une situation àbien des égards incongrue, faire
valoir que lors du renouvellement d’un certain nombre de pays membres du
Conseil des droits de l’Homme, la Syrie, dans les circonstances présentes
n’a pas sa place dans ce Conseil.

Voilàoù nous en sommes sur la Syrie et bien entendu nous avons l’intention
de poursuivre nos efforts pour envoyer des messages au régime syrien, pour lui réitérer nos demandes de faire cesser les violences. Ces messages, la France
les a clairement adressés lorsque nous avons convoqué ici l’ambassadrice de
Syrie en France. Nous avons envoyé un certain nombre de messages sur la
condamnation des violences, sur notre demande de l’arrêt des violences, sur
notre demande de la libération des prisonniers d’opinion et sur la demande
que le régime syrien utilise d’autres moyens et fasse prendre un autre cours
àla situation politique intérieure de ce pays. Nous allons continuer àagir
dans cette direction dans les prochains jours et semaines.

Q - Vous condamnez la Syrie, mais vous n’avez pas condamné son président
jusqu’àprésent. Y a-t-il une raison àcela ?

R - Nous avons condamné la violence pratiquée par les autorités syriennes.
J’ai dit, àde nombreuses reprises qu’il ne fallait pas faire des
comparaisons automatiques. Ce qui se passe en Syrie n’est pas comparable avec ce qui s’est passé en Libye voire même en Egypte. De plus, dans ce cadre,
on est malheureusement dans un processus évolutif. Je dis malheureusement car ce processus évolutif se modifie précisément en fonction des drames qui se
déroulent sur le terrain.

Ne préjugeons donc de rien. Concernant la Syrie, il y a eu un moment de
responsabilité collective àNew York au Conseil de sécurité.

Nous avons pris les nôtres, nous avons dit ce que nous avions àdire, nous
avons travaillé pour qu’il y ait une déclaration du Conseil de sécurité
sur la Syrie et nous n’avons pas été suivis par un certain nombre de pays
membres. Ils ont eux aussi pris leurs responsabilités.

Q - Craignez-vous des répercussions sur la stabilité du Liban dans le cas où
le régime syrien tomberait ?

R - C’est une question hypothétique. Notre préoccupation aujourd’hui est
l’arrêt des violences, il y a beaucoup trop de morts en Syrie, il faut que
cela s’arrête.