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Le ’Hamas attend son heure et n’est pas interessé par l’Initiative d’Abbas, (contrairement a ce qu’àdit ce dernier àN.Sarkozy)
Par Danny Rubinstein- Jerusalem Report | Adapté par Aschkel pour © 2011 www.aschkel.info
Article mis en ligne le 22 avril 2011

Au cours des dernières semaines, l’Autorité palestinienne s’est livrée àune campagne médiatique sans précédent – Le slogan de la campagne étant ’la fin du schisme". Elle a organisé des manifestations, des grèves, des sit-in, des conférences dans des institutions publiques ont été organisées, et des dizaines voire des centaines d’articles dans les journaux ont été publiés ainsi que des affiches et des marches de protestations ont rassemblé beaucoup de gens.

Toute cette activité organisée par Ramallah, initiative de Mah’moud Abbas, vise àmettre un terme àla scission entre la Judée-Samarie et la bande de Gaza.

Pourquoi donc le temps est-il venu de mettre fin àcette division ?

Munib Al Masri, milliardaire de Naplouse (qui contrôle près d’un tiers de l’économie de la Judée-Samarie) l’explique – "c’est la seule façon de concentrer nos efforts vers la création d’un "Etat palestinien", article d’ailleurs écrit par Al-Masri dans le journal arabe Al Qods du 21 Mars

Les manifestants sont restés toute une semaine sur la place centrale de Ramallah en scandant "Le peuple veut l’unité", d’autres manifestations avaient également lieu dans d’autres villes de ’Cis-Jordanie".

Dans tous les cas les manifestations ont été organisées par les militants du Fatah avec l’aide d’autres factions, parfois même des membres du ’Hamas ont été invité àassister àces manifestations, une manifestation du Fatah a également eu lieu dans la bande de Gaza, sous le regard vigilant de la police du ’Hamas. Dans deux villes d’Europe, Londres et Rome des étudiants palestiniens se sont aussi rassemblés.

L’AP a tenté de créer l’impression que ces rassemblements avaient quelque chose de semblables aux manifestations actuellement menées par les jeunes des pays arabes voisins. Un des journalistes palestiniens lors d’une émission radio explique que d’après les sondages effectués près de 40 % des participants surtout les jeunes adultes ne savent pas comment répondre àla question simple de savoir quel parti ou groupe, ils soutiennent, Fatah, Hamas ou partis de gauche. D’après lui, ces jeunes n’ont aucune identité politique marquée et manifestent seulement pour l’unité.

Il n’est pas certain que ce soit làune explication bien convaincante, puisque ces manifestations ne sont pas spontanées mais organisées. Par contre il est sur que ces rassemblements sont très différents de ceux qui ont lieu dans les différents pays arabes voisins. Les rassemblements de populations des pays arabo-musulmans sont contre les régimes et les appareils de sécurité de l’état, ceux organisés pas Ramallah sont orchestrés pour appuyer l’initiative d’Abbas et prouver que l’unité est nécessaire. Ils devaient aider àorganiser une visite elle aussi très médiatisée d’Abbas àGaza, la première depuis la scission violente d’il y a cinq ans. La visite n’a pas eu lieu. Pratiquement tous les jours en Mars, vous avez pu entendre des annonces des porte-parole officiels de Ramallah, qu’Abbas se rendrait dans les prochains jours àGaza, et Ramallah annonçait même la mise en place d’un dispositif préliminaire pour organiser la visite.

Les questions qui ont été alors posées àAbbas ont été les suivantes…

Pourquoi une visite àGaza ?

"Pour établir un gouvernement d’unité nationale" a répondu Abbas

Cela est-il possible ? demandèrent les journalistes.

"Bien sur, que cela est possible et je peux mettre un gouvernement d’union nationale en quelques minutes !" a répondu Abbas (selon les rapports des journalistes palestiniens du 24 Mars).

Selon Abbas, l’objectif du gouvernement de Ramallah est clair, celui d’organiser une élection générale du parlement palestinien et celle d’une élection àla présidence de l’Autorité en Septembre

Septembre 2011, une échéance importante puisque c’est àcette période que les palestiniens comptent présenter une proposition unilatérale de reconnaissance d’un Etat palestinien sur les "lignes de 1967" devant l’Assemblée générale des Nations-Unies

C’est aussi le mois durant lequel le Premier ministre Salam Fayyad avait promis il y a deux ans d’annoncer cet Etat palestinien.

Il est clair qu’au vu de la situation actuelle, celle dans laquelle il y a deux gouvernements, l’un sur la Judée-Samarie, l’autre sur Gaza, il est difficile de discuter de toute sorte de déclaration d’indépendance, en d’autres termes, sans l’unité de la totalité des palestiniens les plans politiques ne valent pas cher.

La grande difficulté est bien entendu la réponse qu’apporte le ’Hamas àcette initiative d’unité. La réponse a été un NON absolu. Mais aucun leader palestinien ne peut s’opposer àune demande d’unité nationale, Hamas ou non alors qu’àfait le ’Hamas ? Certains commentateurs (notamment israéliens) ont expliqué que la détérioration de la situation sécuritaire entre Gaza et Israë l, notamment l’ordre d’envoyer des missiles sur Ashdod et Beer Shéva avait pour but de contrecarrer la visite d’Abbas.

Les dirigeants du ’Hamas ont alors expliqué qu’ils respectaient le cessez-le feu et que les missiles avaient été tirés par d’autres factions terroristes. Cette explication a été rejetée aussi bien par Jérusalem que par Ramallah.

Le ’Hamas a le contrôle complet de la bande de Gaza, et il n’ya aucune action terreur, tir de missile ou autre contre l’Etat d’Israë l qui n’a lieu sans le consentement du ’Hamas a commenté un porte-parole israélien.

Cette attitude négative du ’Hamas a également été perceptible dans un certain nombre d’autres événements, par exemple, lorsque Ramallah a annoncé la mise en place d’un dispositif préliminaire qui aurait été dépêché àGaza pour préparer la visite d’Abbas. Quelle a été la réponse du porte-parole du ’Hamas ?

"-Nous préparerons nous-mêmes àGaza la visite et les arrangements sécuritaires qui y sont liés, il n’y a pas besoin d’une préparation sécuritaire de votre part"

La situation parait alors très claire !

Tandis qu’Abbas veut former rapidement un gouvernement d’unité nationale qui servirait de base pour la tenue d’élection, le ’Hamas souhaite quant àlui une période beaucoup plus longue de dialogue pour tenter de mettre àplat tous les points discordants entre les deux factions, notamment quelle serait l’attitude àadopter face aux accords d’Oslo et la reconnaissance d’Israë l entre autres !

Les officiels du ’Hamas àDamas et Beyrouth allèguent :

"Nous avons déjàessayé d’établir un gouvernement d’unité national en 2006 qui n’a pas fonctionner donc il est inutile de répéter cette erreur."

Le ’Hamas est aussi conscient du fait que l’une des exigences d’Abbas est que le nouveau gouvernement d’unité nationale contrôle les appareils de sécurité dans la bande de Gaza même, ainsi que les passages frontaliers et le financement du gouvernement.

Le ’Hamas ne l’acceptera jamais, car ce dernier a ses propres organisations sécuritaires, ses policiers, sa branche armée -les brigades Ezzedine Al Qassam qui en aucun cas ne désarmeront pour venir sous les auspices du Fatah. Rappelons que ce sont les officiers du Fatah qui coordonnent les forces de sécurité palestiniennes de Judée-Samarie avec les américains (système mis en place par le Gal Kaith Dayton) et les forces de sécurité israéliennes. Il n’y a aucune chance que le ’Hamas accepte de tels arrangements.

Abbas et les chefs de l’AP sont bien conscients de ce fait, ils savent très bien que le ’Hamas n’acceptera pas un quelconque arrangement de ce genre qui mettrait fin aux dissensions.

S’ils le savent pourquoi donc tentent-ils encore ?

La raison en est évidente – c’est une astuce médiatique, pas exactement un bluff mais une campagne visant a donner la preuve aux palestiniens et peut-être aussi àtoute l’opinion pro-arabe que la seule partie responsable du "déraillement" de cette initiative pour l’unité est le ’Hamas, de prouver que si un "Etat palestinien" ne voit pas le jour cet automne, la responsabilité sera sur les seules épaules du ’Hamas.

Quant àelle, la direction du ’Hamas attend de voir se qui se passera dans les prochains mois dans les pays arabes.

Le ’Hamas est une émanation des frères musulmans, un mouvement déjàancien (1928), combattif et très bien organisé, dont le centre se trouve en Egypte et qui a des succursales dans tous les pays arabes. Pendant des années la fraternité àété àl’avant-garde de l’opposition aux régimes arabes.

Avec la vague "révolutionnaire" qui se fait jour dans les pays arabes un changement du statut de la fraternité semblerait être imminent. "Le mouvement islamique a été propulsé des coulisses vers l’avant de la scène, et l’Egypte retrouvera sa position de leader du monde arabe" a commenté Ahmed Youssef, le vice-ministre des affaires étrangère du ’Hamas sur le site de l’agence de presse Maan en précisant encore que dans les Frères musulmans ont une réelle chance de faire partie du nouveau gouvernement égyptien.

De toute évidence pour Youssef, si surviennent des développements importants au sein des gouvernements arabes, notamment en Egypte, alors une issue serait possible au bourbier palestinien. La raison selon lui de ce changement serait d’appliquer des formes de gouvernements démocratiques, plus attentifs àl’opinion publique et aux aspirations de la population "au mot de la rue" et en faveur de la cause palestinienne.

Pendant des années, certaines voix du monde arabe se sont élevées contre les accords de paix entre Israë l, la Jordanie, et l’Egypte affirmant que ces accords n’étaient signés qu’entre les dirigeants et ne relevaient pas de la volonté des peuples.

Qu’adviendra-t-il des accords avec l’Egypte maintenant que la vieille garde a disparu ?

C’est sur cette toile de fond que le ’Hamas attend le bon moment et appréhender exactement la situation et les bouleversements dans les pays voisins Egypte, Jordanie, Syrie et même dans les pays plus éloignés

Le ’Hamas attend un affaiblissement significatif de l’AP a Ramallah, que sa situation financière politique et financière s’aggrave.

Moubarak, le soutien politique d’Abbas a disparu, en outre l’aide financière qui provient des pays arabes se tarit, pour exemple l’Arabie Saoudite, principal bailleur de fond a décidé d’allouer une aide aux saoudiens de 130 milliards de dollars, une aide gargantuesque pour éviter que la population ne rejoignent les rebelles dans les pays voisins, la même tactique se reproduit dans les autres pays du Golfe qui assure aux dirigeants de garder leurs pouvoirs. L’anxiété s’accroit dans le bureau de Salam Fayyad qui comprend que l’aide des riches pays arabes se réduira pour les "palestiniens".
La faiblesse de l’AP palestinienne permettra de renforcer le ’Hamas et c’est bien pour cela que celui-ci pense que cela vaut la peine d’attendre

L’énergique campagne d’Abbas est aujourd’hui sans succès, elle n’a pas fait grande impression sur l’opinion publique palestinienne, Israë l ou les autres acteurs concernés.


http://www.jpost.com/JerusalemReport/PalestinianAffairs/Article.aspx?id=215925