Les Etats-Unis envisagent de vendre à Israë l 500 bombes "anti-bunkers" capables d’atteindre des installations nucléaires souterraines en Iran, dans le cadre d’une vente d’armes d’une valeur totale de 319 millions de dollars, a-t-on appris mardi de source proche des services de sécurité israéliens.
Au mois de juin, le Pentagone avait dit envisager la vente à Israë l de 500 bombes BLU-109 capables de transpercer des fortifications d’une épaisseur de cinq mètres.
Selon un rapport du Pentagone, cité par le journal Haaretz, ce projet d’achat visait "à maintenir l’avantage qualitatif d’Israë l et les intérêts stratégiques des Etats-Unis".
L’ambassade des Etats-Unis en Israë l s’est abstenue de toute déclaration mardi, tout comme les autorités israéliennes.
Toutefois, on disait à Reuters de source proche des services de sécurité que "cela n’est pas le genre de commande que l’on passe pour le front palestinien. Les bombes anti-bunkers pourraient servir à Israë l contre l’Iran, ou peut-être contre la Syrie".
Israë l considère le programme nucléaire iranien comme une possible menace.
D’après Haaretz, qui cite des sources au sein du gouvernement israélien, la vente aura lieu après la présidentielle américaine du 2 novembre.
"Notre réponse à toute mesure d’invasion sera massive", a déclaré à Reuters Massoud Jazaei, porte-parole de la Garde révolutionnaire iranienne.
"Cette relation ne date pas d’hier. Les Etats-Unis ont déjà donné beaucoup d’armes sophistiquées à Israë l", a-t-il ajouté.
Selon les experts, la capacité militaire israélienne serait fortement accrue par l’achat des BLU-109, qui sont guidées par satellite.
"Israë l fabrique très probablement ses propres bombes anti-bunker. Mais elles ne sont pas aussi efficaces que les BLU", a ainsi déclaré à Reuters Robert Hewson, rédacteur en chef d’un magazine spécialisé sur les armes.
Téhéran, qui ne reconnait pas le droit d’Israë l à l’existence, affirme que son programme nucléaire n’a que des objectifs civils et pacifiques.
Cette semaine, l’Iran a refusé malgré les pressions de la communauté internationale de renoncer à ses activités d’enrichissement d’uranium.
L’Iran a déclaré plusieurs installations utilisées dans le cadre de son programme nucléaire, notamment des mines d’uranium près de la ville de Yazd et une usine d’enrichissement à Natanz.
Cette usine comprend de vastes bâtiments souterrains qui pourraient abriter des centrifugeuses utilisées dans le processus d’enrichissement. L’uranium enrichi est nécessaire à la fabrication d’armes atomiques.
Les Etats-Unis et Israë l - qui est très probablement la seule puissance nucléaire du Proche-Orient - reprochent à l’Iran de chercher à se doter d’armes nucléaires.