Il fut un temps où tout paraissait clair : les défenseurs de la laïcité, de la République et de la société ouverte étaient les héritiers des Lumières. La xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, bref la peur de l’autre, c’était l’extrême droite. Mais, par-delà les discours dénonçant le racisme et l’antisémitisme, c’est une victimisation sélective qui s’est imposée. La tolérance a été érigée en absolu, alors que les actes antisémites se multiplient et qu’un nombre croissant d’enseignants renoncent à enseigner la Shoah en raison des pressions qu’ils subissent. L’assimilation républicaine a été largement abandonnée. Les appartenances ethniques ou religieuses, que l’antiracisme avait initialement pour projet de rendre invisibles, sont désormais valorisées.
S’ouvrir à l’autre : oui. A son idéologie : non
André Grjebine, Directeur de recherche à Sciences Po-Centre d’études et de recherches internationales | Le Monde
Article mis en ligne le 28 février 2011
dernière modification le 1er mars 2011