Un régime militaire a été décrété hier en Egypte. Deux jours après le départ du président Moubarak, le conseil supérieur des forces armées a annoncé que l’armée dirigerait le pays au cours des six mois à venir. Hier, les autorités militaires ont tenté de faire en sorte que la vie reprenne un cours normale, mais certains manifestants refusent toujours de quitter la place Tahrir.
Le conseil supérieur des forces armées, qui a pris les pouvoirs du président Moubarak, a annoncé hier que l’armée dirigerait l’Etat pendant les six prochains mois ou jusqu’à ce que s’achève le processus électoral. Dans le même temps, l’armée a annulé la constitution et a dissous les deux chambres du parlement.
Il a également été décidé que le commandant des forces armées, le maréchal Mohamed Tantawi, sera à la tête de l’Etat qu’il représentera aussi à l’étranger. Les affaires courantes seront gérées par le Premier ministre Ahmed Shafiq qui continuera à diriger le gouvernement provisoire.
Certains manifestants ont cependant affirmé qu’ils n’ont pas l’intention de quitter la place Tahrir tant que l’armée n’aura pas accédé à toutes leurs revendications parmi lesquelles la nomination d’un nouveau gouvernement provisoire indépendant au lieu du gouvernement Shafiq qui a été mis en place par Moubarak.
Par ailleurs, Ayman Nour, un des dirigeants de l’opposition a déclaré hier qu’il serait nécessaire de réexaminer l’accord de paix avec Israë l. Réagissant à l’annonce de l’armée selon laquelle les accords internationaux seraient respectés, il a affirmé que l’accord de Camp David est, en réalité, inexistant et qu’il faut par conséquent le renégocier au bénéfice de l’Egypte. Nour avait déjà tenu des propos semblables à plusieurs reprises, avant la révolution.