Hosni Moubarak s’est exprimé à la télévision égyptienne le soir du 10 février, n’annonçant pas sa démission comme cela avait été supposé.Intervention suivie par celle du vice-président. Contrairement à ce qui était supposé et espéré par certains, Hosni Moubarak n’a pas annoncé sa démission lors de son allocution télévisée au soir du 10 février.
Le Président égyptien a annoncé qu’il restait au pouvoir pour l’heure, annonçant la création de comités pour mettre en Å“uvre une transition en douceur, des comités pour ouvrir des enquêtes sur les morts de manifestants, des amendements à la constitution, l’annulation d’articles de la constitution, le respect des libertés et la fin de la loi d’urgence, des élections justes, un dialogue accru. La priorité étant désormais, selon lui, un retour à la confiance, la préservation de l’économie, du statut international de l’Égypte.
Il a ensuite fait son propre éloge, rappelant ses hauts faits militaires et annoncé qu’il a délégué une partie de ses pouvoirs à son vice-président et en appelant à la loyauté que les Égyptiens doivent à leur pays. Il rejetait toute intervention extérieure.
Il en appelait à tous les Égyptiens, coptes ou musulmans confondus. Un discours qui a provoqué la colère des manifestants qui avaient espéré sa démission. « Tout peut arriver maintenant  » estimaient des manifestants...
L’intervention d’Hosni Moubarak était suivie par celle d’Omar Suleiman, le vice-président qu’il a nommé récemment après le début des manifestations. Il a répété ce qu’avait dit Hosni Moubarak quelques instants plus tôt, affirmant que la plupart des demandes du peuple seraient respectées. Il a parlé d’avenir et de démocratie à venir, appelant les « héros  » qui manifestant à rentre chez eux et à ne pas se laisser entraîner par un discours venu par des télévisions extérieures reçues par satellite et prônant la révolte et le chaos. Et il a mentionné Dieu plusieurs fois.
Selon l’expert Farid Zacharia, commentant la teneur des deux discours pour CNN, en s’alignant sur les déclarations d’Hosni Moubarak, Omar Suleiman vient de se disqualifier comme vice-président. Un phénomène inquiétant.
La question maintenant est de savoir ce que va faire l’armée. Les heures à venir, notamment après les prières du vendredi, vont être cruciales.