Najib Mikati a consacré son discours d’investiture à adresser des déclarations conciliantes à ses rivaux : « Nous devons nous unir pour sauver le Liban de l’occupant israélien  », a déclaré le milliardaire libanais qui a été choisi pour devenir Premier ministre, grâce à une manÅ“uvre politique du Hezbollah et avec le soutien sous-jacent de la Syrie et de l’Iran.
« Je n’appartiens pas au Hezbollah, ma vision du monde est modérée  », a affirmé Najib Mikati qui, grâce aux votes du bloc chiite, a obtenu une majorité de 68 voix au parlement. Il a également tendu la main au Premier ministre écarté, Saad Hariri, qui, pour sa part, a fait savoir qu’il boycotterait le nouveau chef du gouvernement : « Rejoignez-moi et créons ensemble un gouvernement de sauvetage national  », a déclaré Mitaki.
Une heure plus tard, dans un message enregistré, Hassan Nasrallah a précisé qu’il continuerait à protéger le Liban d’Israë l : « Le nouveau gouvernement de focalisera sur les affaires intérieures tandis que nous, le mouvement de résistance, nous défendrons et nous focaliserons sur la protection des frontières libanaises face aux complots de l’ennemi israélien  ».
Deux épreuves attendent à présent Najib Mikati. Il devra tout d’abord composer rapidement un nouveau gouvernement et essayer d’y inclure des représentants du parti de Saad Hariri afin de rassurer Washington, la monarchie saoudienne et la France et les convaincre que ce ne sera pas un « gouvernement du Hezbollah  ». Il devra également dissiper les mises en garde de la Maison Blanche et du Congrès qui menacent de suspendre l’aide au Liban.
L’autre épreuve, plus complexe, sera le 7 février prochain, quand le tribunal international tiendra à La Haye sa première audience ouverte à la presse au cours de laquelle seront lus les actes d’accusation dans l’affaire de l’assassinat du Premier ministre Rafiq Hariri. Mikati sait qu’il doit défendre le Hezbollah face aux inculpations. S’il déclare que l’enquête n’a pas de valeur juridique, le Hezbollah le soutiendra et ne perturbera pas le travail du gouvernement.