En Israë l on suit très attentivement les événements en Egypte et on estime que le pouvoir au Caire est suffisamment fort pour surmonter ces remous. « L’Egypte n’est ni le Liban ni la Tunisie. Pour l’heure, la situation dans le pays est stable, la situation reste sous contrôle et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. On est très loin d’un soulèvement populaire. Contrairement aux dirigeants tunisiens ou au chah d’Iran, le président égyptien, Hosni Moubarak, n’est pas détaché du peuple et prend le pouls de la société  », affirmaient hier des analystes israéliens.
En Israë l on estime aussi que les autorités égyptiennes laisseront les grandes manifestations se dérouler : « Ils permettent aux Egyptiens de relâcher la pression, mais sous contrôle  », a déclaré un responsable israélien. Un autre responsable a lui souligné que l’Egypte est un pays très différent de la Tunisie, du Liban ou des pays d’Europe de l’est où on a assisté à des révolutions : « Les institutions, y compris l’armée, sont sous l’autorité du président Moubarak. Le pouvoir égyptien possède aussi une grande expérience face à l’opinion publique et sait préserver la stabilité politique  ».
Il rappelle aussi que la population égyptienne s’élève à 80 millions de personnes dont près de 20 millions vivent au Caire. « Une manifestation de vingt ou trente mille personnes, ce n’est pas grand-chose. Les policiers sont nombreux et expérimentés  ».
« Il est évident que les yeux du monde entier, y compris en Israë l, suivent la situation avec inquiétude car l’Egypte est un grand pays qui a une énorme influence dans le monde arabe. Les événements en Egypte, qui interviennent parallèlement à ceux du Liban et de Tunisie, doivent nous inquiéter, d’autant plus que, pour la première fois, de nombreux manifestants sont des jeunes qui se sont organisés grâce aux réseaux sociaux et à internet. Il faudra attendre pour voir si les manifestants qui se trouvent sur la place principale du Caire quittent les lieux de leur plein gré ou s’ils devront être évacués par la force et si, dans les prochains jours, les manifestations s’estompent ou si elles reprennent  ».