Certaines personnes vous répondront que le 17 janvier, en 1944, eut lieu la première bataille de Monte Cassino que les Alliés engagèrent pour transpercer le « Ligne Gustave  » allemande afin d’occuper Rome.
D’autres vous parleront de la libération de Varsovie et de la Pologne en ce 17 janvier 1945 après 5 ans d’occupation allemande. Varsovie qui compta à cette date-là 10 fois moins d’habitants qu’au début de la guerre et dont les Juifs furent assassinés par centaines de milliers
D’autres encore, plus nombreuses, vous répondront que c’est le 17 janvier 1991 que débuta la Seconde Guerre du Golfe, entraînant 22 morts et 304 blessés israéliens par des tirs de Scud irakiens sur Israë l, pourtant resté neutre.
Par contre, peu, et même très peu de gens, se souviendront de la disparition le 17 janvier 1945 de Raoul Wallenberg, initiateur de la plus importante opération de sauvetage de Juifs pendant la Shoah. Raoul Wallenberg, premier secrétaire de la représentation de Suède à Budapest, qui évita la déportation et l’assassinat à des dizaines de milliers de Juifs hongrois restés à Budapest alors que les Allemands avaient déjà déportés et assassinés plus de 400.000 Juifs après avoir occupé la Hongrie le 19 mars 1944.
Parmi le « très peu de gens  » que je mentionne ci-dessus, se trouvent les 80 ou 100 personnes qui assistèrent dimanche 16 janvier, au Mémorial de la Shoah, dans une salle beaucoup trop exiguë , car il n’était pas attendu tant de monde, à la remise du Prix International Raoul Wallenberg 2010 aux époux Klarsfeld, Beate et Serge par Madame la Pasteure Annemarie Werner au nom de la Fondation Raoul Wallenberg, « en reconnaissance pour leur travail de recherche, d’histoire et de justice, leurs activités en faveur de l’éducation et leurs efforts pour démasquer les criminels nazis  ». Je reprends ici les termes figurant sur le carton d’invitation.
Madame Werner rappela, dans une longue allocution à laquelle j’emprunte des éléments, qui fut Raoul Wallenberg, « Juste parmi les Nations  », à l’époque âgé de 32 ans, et « quelle fut son action courageuse afin de sauver des dizaines de milliers de Juifs hongrois. Il paya de sa liberté et même de sa vie son Å“uvre de sauvetage. La Fondation Raoul Wallenberg veut garder vivante la Mémoire de cet homme si courageux  ». Il inventa en particulier « un passeport  » suédois et acquit avec des fonds américains des bâtiments à louer.
Alors que les violences antijuives s’intensifièrent, le courageux diplomate resta sur place jusqu’à l’arrivée de l’Armée Rouge. Le 17 janvier 1945, il fut convoqué au Quartier Général soviétique et depuis cette date, nous n’avons plus de ses nouvelles.
Madame Werner rappela également l’admirable combat du couple Klarsfeld en France, en Allemagne et en Amérique latine pour débusquer, faire juger et condamner les criminels qui y vivaient tranquillement. Les époux Klarsfeld qui luttèrent pour la justice et qui redonnèrent une identité aux 76.000 Juifs déportés de France dont 11.400 enfants avec, en 1978, le monumental « Mémorial de la Déportation des Juifs de France  » que chacun d’entre nous se devrait de posséder. Cet ouvrage, qui est la Mémoire de nos coreligionnaires assassinés, nécessita 2 années d’un travail gigantesque et éprouvant d’autant plus, qu’à l’époque, Beate et Serge Klarsfeld ne disposaient pas d’ordinateurs ! Personnellement, j’ai le privilège de posséder, dédicacé par Serge Klarsfeld le 14 décembre 1978, un exemplaire de la 1ère édition dans laquelle il écrit notamment en introduction « Combien de fois avons nous pleuré, Beate et moi, confrontés à la détresse insoutenable qui se dégage de ces listes de Déportés chargées de noms d’Enfants où l’on voit tant de petits êtres s’en aller sans parent, sans le moindre réconfort, vers le plus atroce des destins, où l’on voit partir pour la chambre à gaz des mères avec jusqu’à 12 enfants à leurs côtés !  »
Sans cet ouvrage, le Rabbin Daniel Farhi, présent à cette cérémonie, n’aurait pu être l’initiateur de la « Lecture des Noms  », lecture ininterrompue annuelle de 24 heures à l’occasion du Yom HaShoah telle que nous la connaissons depuis quelques années maintenant. Dans son allocution, le Rabbin Daniel Fahri posa la question « quelle serait le sens de la survie de chaque rescapé s’il ne consacrait de son temps et de son énergie à témoigner inlassablement et à alerter ?  »
Des témoignages, nous en eà »mes de la part de 2 « enfants cachés  » dont les parents furent déportés et assassinés. Tous deux rendirent un très émouvant et poignant hommage à Beate et Serge faisant savoir à l’assistance fort émue qu’ils n’auraient, sans leurs travaux, pratiquement rien su, ou presque, de leurs parents, étant donné leur jeune âge à l’époque.
La jeunesse juive de l’Habonim Dror, car ce sont nos jeunes qui, dans l’avenir, prendront la relève du Devoir et de la Transmission de la Mémoire, était présente avec une forte représentation dirigée par David Barouch.
Le Prix International Raoul Wallenberg 2010 fut ensuite remis à Beate et Serge Klarsfeld par la Pasteure Annemarie Werner et Madame Louise von Dardel, nièce de Raoul Wallenberg, avant qu’ils ne prennent eux-même la parole pour évoquer leurs (courageuses) actions et leurs travaux.
De nombreuses personnalités que je ne citerais pas pour ne pas prendre risque d’en oublier, étaient présentes à cet après-midi mais je tiens à rendre un hommage appuyé à Madame Anne Hidalgo, 1ère Adjointe au Maire de Paris, toujours présente à nos cérémonies de la Mémoire.
Et pour terminer, je me permettrais d’adresser toutes les félicitations de l’assistance aux époux Klarsfeld ainsi qu’aux organisateurs du Mémorial de la Shoah.