En Israë l on craint qu’une série de pays européens annoncent le rehaussement de leurs relations diplomatiques avec l’Autorité palestinienne. Selon des informations qui sont parvenues au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, l’Autorité palestinienne mène des contacts en ce sens avec une dizaine de pays membres de l’Union européenne. Hier, des instructions ont été données aux ambassadeurs d’Israë l pour qu’ils lancent une campagne urgente destinée à empêcher qu’Israë l soit condamné par le Conseil de sécurité des Nations-Unies à cause de la construction dans les colonies.
Le directeur général par intérim du ministère des Affaires étrangères, Rafaë l Barak, a adressé hier un télégramme confidentiel à l’ensemble des ambassades d’Israë l dans le monde dans lequel il écrit que les Palestiniens mènent ces jours-ci une activité intensive sur trois fronts : pour obtenir du Conseil de sécurité une résolution condamnant la construction dans les colonies ; pour obtenir la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ; et pour rehausser le statut des représentations diplomatiques de l’Autorité palestinienne en Europe, en Asie de l’est et en Amérique latine.
Les Palestiniens, souligne M. Barak, ont déjà obtenu plusieurs succès diplomatiques et c’est pourquoi les ambassadeurs doivent engager une activité diplomatique « urgente  » pour déjouer les démarches palestiniennes et s’adresser pour cela aux ministères des Affaires étrangères, aux chefs de gouvernement, aux parlementaires, aux dirigeants des communautés juives et chrétiennes et aux faiseurs d’opinion.
Parallèlement, le gouvernement américain s’est adressé à plusieurs pays arabes et à des représentants de l’Autorité palestinienne et leur a indiqué qu’il est opposé à une résolution du Conseil de sécurité qui condamnerait Israë l à cause de la construction dans les colonies. Selon les informations parvenues à Jérusalem, de hauts fonctionnaires américains ont fait savoir à des diplomates arabes qu’une telle démarche ne serait « ni intelligente ni utile  » et que Washington souhaite qu’elle soit abandonnée.
En Israë l on estime qu’après le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et la Bolivie, d’autres pays d’Amérique latine annonceront prochainement qu’ils reconnaissent un Etat palestinien dans les frontières de 1967. L’Equateur sera probablement le prochain à le faire. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, s’est entretenu ces derniers jours avec ses homologues mexicain et chilien et leur a demandé de ne pas se joindre à ces pays.
En ce qui concerne l’Union européenne, Israë l ne craint pas la reconnaissance d’un Etat palestinien mais veut empêcher le rehaussement des relations diplomatiques avec l’Autorité palestinienne. Une telle mesure a d’ores et déjà été prise par l’Espagne et la France et on estime que la Grande-Bretagne, la Suède, la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, le Danemark, Malte, le Luxembourg, l’Autriche ainsi que d’autres pays envisagent de le faire dans les prochaines semaines pour manifester leur soutien au président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen.
Les représentants des pays arabes et de l’Autorité palestinienne à l’ONU se sont réunis hier à New York pour finir d’élaborer le projet de résolution qui condamne la construction dans les colonies et sera soumis au Conseil de sécurité. Pour éviter un veto américain, les représentants arabes ont décidé de reporter le dépôt de leur proposition au mois de janvier, après que le Bosnie-Herzégovine aura remplacé les Etats-Unis à la présidence du Conseil de sécurité.