Pas de gel de la construction, pas de négociations directes, pas de paquet d’avantages, pas d’avions furtifs, pas non plus d’engagement américain à opposer le veto des Etats-Unis aux condamnations d’Israë l au sein des instances internationales. Lees Etats-Unis ont officiellement annoncé hier l’échec des contacts avec Israë l sur la prolongation du gel de la construction qui devait permettre la reprise des négociations directes.
Un officiel américain a déclaré hier que le gouvernement américain est parvenu à la conclusion que la prorogation du gel de la construction ne permettrait pas la reprise des négociations directes entre Binyamin Netanyahu et Abou Mazen. Selon lui, les attentes que les deux parties avaient du gel étaient trop grandes. Les Américains se sont gardés toutefois d’imputer à un des deux camps la responsabilité de cet échec.
Un responsable de haut rang du département d’Etat américain a indiqué au Yediot Aharonot que Washington poursuivrait ses discussions sur les questions fondamentales avec les deux parties, les pays arabes et les partenaires internationaux, dans le but de parvenir à des avancées. Mais à présent que le canal direct est dans l’impasse, la Maison Blanche et le département d’Etat estiment que le processus de paix dans son ensemble sera suspendu pour longtemps.
L’annonce américaine signifie toutefois que les Américains envisagent de reprendre les pourparlers indirects sur les questions fondamentales. Ils ont déclaré en effet avoir l’intention de poursuivre les négociations avec les parties sur les questions fondamentales pour aboutir d’ici un an à un accord-cadre en vue d’un règlement permanent.
En échange d’un gel de la construction de quatre-vingt-dix jours, les Etats-Unis étaient prêts à s’engager à déjouer toute résolution anti-israélienne au sein des instances internationales. Ce point est crucial pour Israë l car les Palestiniens ont annoncé que si les négociations devaient échouer, ils solliciteraient l’ONU pour obtenir la reconnaissance unilatérale de leur Etat. De plus, les Etats-Unis ont promis de fournir à Israë l vingt avions furtifs supplémentaires en plus des vingt appareils déjà achetés par Israë l. Or en renonçant à réclamer d’Israë l de suspendre la colonisation pendant quatre-vingt-dix jours, les Etats-Unis annulent également le paquet d’avantages promis à Israë l.
Le gouvernement américain est déçu du refus israélien de prolonger le gel. Selon des officiels américains, après que Benyamin Netanyahu et Hillary Clinton étaient parvenus, lors de leur dernière rencontre, à un accord à ce sujet, le Premier ministre Netanyahu aurait formulé de nouvelles exigences. Il aurait notamment demandé que les engagements soient mis par écrit et aurait fait d’autres requêtes concernant la construction à Jérusalem. Ces exigences, indiquent les officiels américains, ont fait que les contacts se sont prolongés puis les ont entrainés dans l’impasse.
Des responsables israéliens expliquent eux que les Américains ont compris qu’il serait impossible de répondre aux attentes palestiniennes et de parvenir à un accord sur les frontières en quatre-vingt-dix jours. « Les Américains ont eu peur de ce qui se passerait le quatre-vingt-onzième jour. Ils sont parvenus à la conclusion que la fin du gel ferait échouer les négociations  ».
Quant aux promesses américaines dans le domaine de la sécurité, des sources à Jérusalem indiquent qu’Israë l avait demandé les avions furtifs supplémentaires avant même le début du gel, et qu’il maintient cette demande. Un responsable américain a déclaré à ce sujet : « L’engagement américain en faveur de la sécurité d’Israë l reste solide. Nous continuerons à préserver la supériorité qualitative d’Israë l  ».
A sein de l’Autorité Palestinienne l’annonce américaine a été accueillie avec colère et frustration. Face à l’échec des négociations, les dirigeants palestiniens vont se concerter avec les pays arabes pour décider de leurs prochaines démarches. « Les Etats-Unis auraient dà » agir avec plus de vigueur et imposer à Israë l l’arrêt de la construction  », a affirmé hier Saë b Erekat, qui dirige l’équipe de négociation palestinienne. Pour Erekat, le gouvernement d’Israë l « a préféré les colons à la paix. C’est une évolution regrettable qui aura des conséquences sérieuses  ».