Les Archives nationales ont autorisé hier la publication de huit nouveaux protocoles des réunions présidées par le Premier ministre Golda Meir au cours de quatre premiers jours de la Guerre de Kippour. Ces protocoles donnent un aperçu exceptionnel des préparatifs militaires et diplomatiques qui furent effectués durant les heures qui ont précédé l’offensive des armées égyptienne et syrienne. Ils décrivent dans le détail l’existence d’une source au sein des services de renseignement qui a fourni des informations fiables concernant l’attaque attendue le jour même, ce qui a permis aux responsables politiques israéliens d’envisager une action préventive contre la Syrie et l’Egypte.
Ces protocoles rendent aussi compte de la relation étroite qu’entretenaient à la veille de cette guerre le roi Hussein de Jordanie et les dirigeants israéliens.
Moshé Dayan, le ministre de la Défense de l’époque, a proposé au cours de ces réunions de mobiliser même des hommes qui, du fait de leur âge, n’appartenaient plus à l’armée de réserve ainsi que des Juifs vivant à l’étranger. Il a également proposé d’attaquer d’une manière sans précédent des cibles à Damas et dans ses environs, même si cela devait coà »ter la vie à des civils et entraîner une riposte contre Tel Aviv. Le cabinet de guerre a aussi envisagé de convoquer des jeunes de moins de dix-huit ans et de leur faire suivre des entraînements, pour qu’ils soient prêts à combattre si la guerre se prolongeait. Les participants à ces réunions plaçaient aussi de nombreuses espérances en l’arrivée de l’hiver qui aiderait Israë l, du moins sur le front syrien. En tout état de cause, la décision était sans appel : « Nous n’avons pas le droit de capituler, c’est une question de principe  ».< /p>
Ces protocoles font à nouveau ressortir l’inconscience israélienne face aux capacités militaires des armées arabes. Le matin même de Yom Kippour, le chef des renseignements militaires, Eli Zeïra, estimait encore que le président égyptien, Anouar el-Sadate, n’oserait pas déclencher une guerre contre Israë l. Face à cette opinion, et contre l’avis de Moshé Dayan, le Premier ministre Golda Meir a décidé malgré tout de mobiliser 200 000 réservistes pour pouvoir faire face à la situation si une guerre éclate.
Par la suite, Golda Meir et les hauts responsables militaires ont fait des efforts exceptionnels pour obtenir une aide militaire conséquente des Etats-Unis, quarante avions de combat et quatre cents chars. Le Premier ministre envisageait même d’effectuer, sans en informer le gouvernement, une visite de vingt-quatre heures aux Etats-Unis pour y rencontrer le président Richard Nixon afin de le convaincre d’aider Israë l.